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un nrrôlé de nomination à l'Académie Impériale de Genève.
174 l'académie impériale. — ISM-lSl'i
Pictet, malgré les hautes fonctions qui I obligent à tie fréquents voyages, de 1802à I80(i pour assister auxsessionsduTribunat, plus tard pour ses tournées d'inspection, s'efforce de donner chaque année la majeure partie de ses leçons. On l'a vu suppléé alternativement, pendant les quelques mois où son absence était forcée, par Boissier, Maurice, Peschier-F'ontanes et Pictet- Baraban. Ce dernier, quoique adjoint de 1809, ne paraît avoir professé que rarement Peschier, par contre, malgré sa nomination à la Faculté de théologie et aux fonctions d'inspecteur d'Académie, continua sa suppléance dans la chaire de Physique expérimentale jusqu'au moment où le professeur n'eut plus besoin de sa collaboration. ,
Cari Ritter, le géographe, qui passa l'année scolaire 181 1-1 812 à Genève, comme précepteur de deux jeunes patriciens de Francfort : Guillaume Sômmering, le fils de l'anatomiste, et Auguste Bethmann-Hollweg, un futur ministre d'Etat du roi de Prusse, a suivi avec ses élèves l'enseignement de Pictet. 11 en a rendu ce témoignage, dont l'Ecole de Genève peut être fière :
<( Pour rien au monde nous n'aurions inan(|ué une de ses leçons. Son exposition est magistrale... A l'enconlre de la méthode ordinaire des manuels, qui prennent pour point de départ des théories générales et des hypothèses, il appme chaipie démonstration sur une expérience appropriée, correctement faile sous nos yeux, ou bien, si cette voie lui est fermée, il a recours à des expériencesanciennes,sur lesquellesil base son premier raisonnement, pour procéder ensuite par la méthode analytique à l'étude de son sujet. Quant au désordre que ce genre d'exposition menaçait d'introduire dans le cours, il y a été obvié par des récapitulations générales, des tabelles et des classifications, présentant un résumé fidèle des chapitres traités et développant à nouveau les principaux objets d'étude. Comme il n'est pas un savant moderne que Pictet n'ait lui-même visité dans ses nombreux voyages, comme il a assisté à toutes les expéri^jnces mémorables des physiciens français, anglais et italiens, il était à même de répandre tant de vie dans ses leçons qu'on croyait assister soi-même à tout et se sentait entraîné par sa verve irrésistible. J'ai rédigé en français le cours tout entier, et ce cahier m'est le plus cher de ceux que j'emporte de Genève '. »
Les étudiants sont préparés par un enseignement assez complet de mathématiques qui est donné, conformément au règlement de l'Université sur les Lycées, dans les trois années supérieures du Collège et en outre se
' G. Kramer, Cari liiller. Ein Lebensbild nach seinem handschriftlichen Nachlass, I (Halle, 186'i),p. 283 s., traduction française de Frédéric Ko^eldi3.ns\es Éirennes genevoises , III (Genève 1879) p. 155s.