MCOLAS-THEODORE DE SAUSSURE
Cette froideur constatée de lautorité suprême n'encourage pas les professeurs bénévoles à faire leurs cours, surtout quand ils voient les leçons de l'Académie, gratuites pour les étudiants jusqu'en 1809, devenir dès lors une source de profit pour la caisse de l'Université Impériale. Le recteur est mal venu à les leur rappeler, lorsqu'ils jugent bon de ne point professer. On peut dire qu'il est désarmé par le pouvoir lui-même.
Il résulte de la situation ainsi faite aux savants genevois, sous l'Empire, que c'est surtout dans leurs laboratoires personnels qu'il faut les aller chercher, si l'on veut se faire une idée vraie de leur activité. Celui de Théodore de Saussure, membre correspondant de l'Institut, était célèbre par des travaux qui ont marqué dans l'histoire de la chimie. Celui de Tingry et de son associé, le pharmacien et chimiste Augustin Le Royer, berceau de plus d'une découverte importante, où l'on se réunissait fréquemment pour discuter, pour vérifier celle du jour, a heureusement fourni à Saint-Ours le sujet d'un tableau, qui nous permet, sinon d'en mettre sous les yeux du lecteur une image fidèle, du moins d'en évoquer le souvenir. Madame Tingry, qu'on admire au premier plan, au milieu des cornues et des alambics, y est beaucoup plus à sa place qu'on ne l'imagine à première vue. Elle servait de préparateur à son mari.
Nous avons dit, plus haut, ([u'en 1794 le gouvernement de Genève avait décidé l'achat du cabinet d'hisloire naturelle de Tingry, qui consistait surtout en une collection d'instruments ]X)ur les démonstrations de chimie, et que ce dernier, n'ayant reçu qu'un à compte, en était demeuré propriétaire. La restitution à la Société Economique de la somme touchée de la sorte fit rt)bjet de pourparlers, en 1810, et finalement d'une convention par laquelle
ronipl.Tbilité Hcs Communes, ccrivil ;i Fonf.nnes, le 7 juillet 1812 : n Monsieur le ConiLo. les articles 7 u et 8 ilu Décrel qui (ixe les dépenses de la ville de Genève, ponr 1812, sont ainsi conçus : .tri. 7. Il n y u a lieu II rien /icciirdrr. ni par rappel, ni ponr celle année, ponr Irailement d'an annwnier de l'Unii( versilé.' — .(;■/. <S'. // ne sera rien alloué pour loyer dan emplacement pour les cours (ails par « les profesf,eurs de V Académie que lorsqu'il nous aura été rendu un compte spécial de cette dépense » et que nous aurons prononcé à cet égard. — J'ai cru devoir vous donner communication, Monsieur n le Comte, de ces dispositions de Sa Majesté, u (Arch. Nal., /. <-,| En communiquant cette lettre à Boissier, Kontanes lui mandait, le 10 août : « Il devient alors nécessaire. Monsieur le Recteur, que « vous m'adressiez, avec vos observations, les articles dn hndtjet de la ville qui concernent les « dépenses de l'instruction publique. Ces pièces seront mises sons les yeux du Conseil de 1 Université <i qui, par une délibération motivée, constatera la nécessité des dépenses proposées. » (Iliid.)
' .^uinônicv r;aliolu[iio. pri'-vii pinii- le (loUùge.
VMVFKsrn'; i>f cilNÈve. — il. 23
178 l'académie impériale. — 1804-1814
le professeur de Chimie s'engageait à désintéresser la Société par une donation à cause de mort, exécutoire après le décès de son épouse, et cjui est l'origine du Fonds Tingri/, dotation future de la chaii-e de (Miimie générale '. Les cours de vulgarisation, dont l'usage commence à se répandre à cette époque, à Genève, comme dans les autres chefs-lieux d Académies, |)ei'niettent aux professeurs d'exercer, sur une société lettrée et avide de connaissances exactes, l'intluencc que la parcimonie du gouvernement détourne parfois des auditoires d'étudiants. Les mémoires et les lettres de Frederica Brun, de Bonstettcn, de Benjamin Constant nous ont conservé le souvenir de ces leçons, dans des pages bien connues, où les noms des physiciens et des naturalistes de l'Académie du Consulat et de l'I-lmpirc reviennent souvent avec un tribut d'éloges. C'est assez dire cpi ils ont mérité mieux, comme professeurs, rpie le sort qui leur a été fait h ce titre par les circonstances. On peut acliever de s'en convaincre, en jiarcourant leurs ])ubIications dans les fascicides contemporains de la Bibliotliequr hritriniiii/iic, dont M. -A. Pictet et ses collaboraleurs ont lait, pour cette époque, quelqiu^ chose comme l'organe ofïiciel ilc I Académie de Genève-.
La Faculté des lettres, subordonnée par 1 âge et la préparation de ses étudiants à celle des sciences, ne peut prétendre, comme telle, qu'au rôle modeste d'école moyenne. En la créant, jjai' simple i^romotion de l'Auditoire de belles-lettres à un titre français, l'autorité n'y a fait qu'un changement, l'institution de la chaire de Philosophie, dont Prévost s'est défendu tie devenir titulaire et qui devait par suite être attribuée à Sismondi. Mademoiselle Montgollier et, après elle, Saint-René Taillandier ont accrédité la légende du déilain de Sismondi pour la place de professeur, que ses compatriotes, « inslruits enfin à l'apprécier », lui auraient offerte à cette époque et qu'il aurait refusée-'. On a vu plus haut ce que les documents oiHciels permettent d'avancer à ce sujet. Un jiassage de la rorresponviance
' Cf., plus liaul, p. 74 cl Reg. Sor. Éc, 3 avril et 3 mai 1810.
' Consulter, ;\ ce sujet, Ph.-A. Guye, professeur de chimie ù l'Université de Genève, l.n Hihliotkèf/iic universelle et son vole diins le domaine scientifique. (Archives des sciences physiques et naturelles, octobre 189f>,)
' Vie et travau.f de Ch. de Sismondi en tête des Fingments de snn journal et correspondance. Genève. 18.'>7, p. 26; Saint-René Taillandier, Lettres inédites de Sismondi. Paris, 1863, p. 130, note.
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Tiiigiv daiKs son laboratoire, |)ar Saint-(hirs.
de Boissier et une lettre de Sismondi lui-même les complètent suffisamment pour qu'on puisse aujourd'hui se rendre compte de ce qui s'est passé dans la coulisse : « J'ignore, — écrit le recteur à Pictet au reçu de l'arrêté « de Fontanes, — pourquoi Simonde qui, dans votre premier plan, portait « le titre de professeur d'Histoire ancienne, est nommé ici professeur de " Philosophie. C'est sans doute parce que la philosophie morale n'entre - (c pas dans la Faculté des sciences et que c'eût été une lacune à remplir. « Enfin le nom n'y fait rien'. «
Sismondi avait donc été proposé par Pictet à Fontanes, comme titulaire de la chaire d'Histoire ancienne prévue par le statut du Conseil de l'Université. Cette proposition, que l'Académie, nous l'avons dit, avait ignorée, était évidemment partie d'un des salons de la châtelaine de Coppet, avec l'assentiment du principal intéressé. La chaire dont Cuvier, on ne l'a pas oublié, s'était fait le parrain, n'était point si mal assortie au candidat, à une date surtout où on croyait qu'elle serait dotée, comme les autres chaires de Lettres de l'Université Impériale, d'un traitement fixe de mille écus. Au moment de signer les nominations, le grand-maitre, désirant faire droit k la requête que Prévost lui avait adressée personnellement et ne sachant par qui le remplacer, désirant aussi, sans doute, écarter de son arrêté la chaire d'Histoire ancienne, qui pouvait déplaire à un plus puissant que lui, avait pris Simonde à l'Histoire. 11 supprimait, de ce trait de plume, la cinquième chaire de la Faculté des lettres, qui se trouva réduite par son arrêté à quatre professeurs : Sismondi, pour la Philosophie, Weber, pour la Littérature grecque et latine, Duvillard, pour la Littérature française, et Picot fds, pour
l'Histoire '-.
Sismondi dut être désappointé, mais il ne refusa nullement sa nomination, dont il remercia Pictet par la lettre suivante, datée du 24 juillet 180'J :
« Il m'était impossible. Monsieur, de recevoir une nouvelle plus flatteuse que celle que vous avez la bonté de me communiquer. C'est un honneur signalé que d'appartenir à l'.Vcadémie de Genève, quand on y a pour collègues des hommes comme vous, et cet honneur acquiert plus de prix encore, (piand c'est
■ 20 juillet 1809. (Papiers de Pictet, /. c. O ï.)
- Cf., plus haut, p. 113. Au lieu de l'Histoire, eu général, le statut du Conseil de l'Université portail : L Histoire ancienne et Y Histoire moderne et la statistique (chaire créée, pour Jean Picot, en 1802).
180 l'académie IMPÉRIALIi. l«0'i-1814
à l'amitié de ces mêmes hommes que l'on doit son élection. Je croyais la chaire d'iiisloire dont on m'avait parlé d'ajjord, supprimée ou destinée à quelque autre, en sorte (|ue je n'y songeais plus, et la surprise (|ue m'a causé votre lettre en a été d'autant plus agréable. Jamais je n'aurais pensé à demander de |)rol'esser la philosophie morale, dont je ne sais pas les premiers principes, et j'aurais bien pu m'écrier : « Belle occasion pour l'apprendre ! » Mais M. Hoissier assure que je pourrai donner aux écoliers de l'histoire, de l'économie politique, (|ue sais-je moi, tout ce (|ue je sais ou t'rois savoir, sous le nom de philosophie, (|u'il en sera tout aussi content, et qu'eu.v aussi ne me chicaneront jamais sur le titre de la science. Je m'en tirerai comme je pourrai, mais du moins je n'oublierai pas cpie je ne dois négliger aucun ellort pour me rendre digne, autant (|u'il dépend de moi, de riionncui' (|ue vous m'avez procuré.
Recevez de nouveau mes remerciements les plus sincères et daignez agréer, Monsieur et cher collègue, l'assurance de ma haute considération comme de
ma reconnaissaïu'e. »
« /. (7i. L. S. Sismondi. ' »
Ainsi s'explique comment on trouve la signature de «/. Ch. L. Simondc Sisitioiuli, />rofesseur de Philosoplde » entre celles de « Jean Picot, pro/'esseiir (/'Histoire » et de « Pierre Prévost, doi/en de Iti Faculté des sciences » sur le procès-verbal de la séance d'inauguration du l" février 1810"-.
L'auteur de V Histoire des Hé/Miùlif/iies italiennes espérait, comme lioissier l'assurait, que le nom n'y ferait rien et ({u'il pourrait donner à la Faculté des lettres un enseignement plus en rapport avec ses goûts c[ue celui des éléments de la philosophie et de la logique, que comportait le programme tlu baccalauréat et dont Prévost voulait bien se charger, pour un temps, moyennant une légère augmentation de ses honoraires^. 11 en fut bientôt détourné, d'une part, on a vite fait de le conjecturer, par le défaut de maturité des élèves et de l'autre par la situation peu enviable, au point de vue matériel, dans laquelle le gouvernement laissait les professeurs qu'il avait nommés et qui ne pouvaient rien attendre de la Société Economique. Le 29 septembre 1810, il écrivait, de Pescia, sa retraite toscane, à Pierre Picot :
' liibliutliLiiue de Genève, Cullecliun des aiitogniphes — don Itilliet. Uaus son Hiatuirc litléraire de la Suisse romande, M. Virijile Rossel a reprotluit (p. 527) les dernières ligues de celle lettre, en lacsimilé, pour faire connaître l'écriture de Sismondi, mais il n'en doune aucun commentaire et semble s'en tenir, quant au professorat de Sismondi, à la version accréditée par ses biographes.
- Cf., plus haut, p. 117.
» Reg. Soc. Éc, 5 juin 1810. 25 juin et 8 octobre 1811.
« Je vois avec admiration qu il vous reste encore de la chaleur pour l'Aca- 0 demie, du zèle, un sentiment d'orgueil c[ue vous placez en elle. Hélas! « je n'ai rien de tout cela ; je ferai ce qu il faudra taire, mais je n'y trouve « point de plaisir '. »
On sait qu'à cette époque Sismondi, secrétaire non rétribué de la Chambre de commerce, était obligé de se créer des ressources et (|u"il s'était mis à rédiger, pour la Biographie universelle de Michaud, ce que sa mère appelait « ses grands hommes à six francs par tête- ». 11 prépara également un cours qu'il donna, à titre de professeur de l'Académie, pendant l'année scolaire 1<S1 1-1812, mais par souscription et au grand public. Ces conférences eurent lieu, comme toutes les autres du même genre, à cette époque, dans la grande salle de l'édifice c[ue la Société des Arts possédait, à l'entrée de la promenade de la Treille, au Calabri, et qui était occupé par l'Ecole de Dessin ^. Le succès engagea le conférencier à publier ses leçons à Paris, l'année suivante. C'est le |iremier cours de littérature comparée qu'on ait t'ait à Genève et l'origine de son célèbre ouvrage : De Iti littérature (In Midi (le l'Europe'' . La sagesse avec laquelle le sujet avait été choisi, à une distance respectable de l'histoire et de l'économie politique, nous est démontrée par une pièce des Archives nationales qu'a signalée ÎM. Paul Gautier, dans sa thèse de doctorat. A la date du 10 janvier 1812, le duc de liovigo écrivit au baron de Melun, commissaire spécial de police, (pi'il eût à lui envoyer un rapport sur le cours de « littérature ancienne » professé par le commensal du château de Coppet. Le commissaire est obligé de reconnaître que, « bien que M'"" de Staël soit sa société intime», Sismondi ne donne lieu à aucune observation défavorable^.
Conq)rend-on maintenant pourquoi Fontanes avait cru devoir réduire la Faculté des lettres à une seule chaire d'histoire, destinée, conformément
' Bibliothiique de Genève, Mss. suppl. (Autographes genevois — don Coindet) 'MS.
* Fragments et correspondance, p. 26.
'■' Il Le cours de M. Sisnioudi coulinue à ;ivoir le plus grand succès. C est une curiosité que le grand Il nombre d équipages et de chaises à porteur qui attendent près du Manège, à une heure et demie, II les cinquante belles dames et autant de messieurs qui sortent de la leçon, lorsqu il ])leul.l'^t. iors- (I qu'il lait beau temps, la Treille, où l'on se promène après la leçon, est extrêmement brillante à « celte heure-là. » | Lettre de Louis Odier à sa fille Amélie, datée du 9 lévrier 1812. — Sou\'enirs. 15" cahier, p. 30.)
< Paris, 1813, 2-= éd., 1819, 3", 1829.
'=• M"": de Staël et Napoléon, p. 294.
182 l'acauémik impérialk. — l,s(i'i-l.si'i
aux dispositions du statut du l(J février liSIU, à l'enseignement des généralités, de la chronologie et de la coticordance tle la géographie aneienne avec la moderne et occupée pai- un conseiller de préfecture, Jean l'icot, que ses fonctions ofTicielles mettaient plus qu un autre à l'abri des enquêtes?
A côté des rapports de police, acheminés par la v(jie du service, il y avait les dénonciations oilicieuses, |)lus redoutahics encore |)arce qu'elles aiiivaient directement à l'empereur, par tiess us la tête des ministrcsetpai l'entremise de son entourage immédiat. Celles-là n'ont pas laissé, cela va sans dire, beaucoup de ti'aces documentaires, mais il en est resté cependant, ici cl là, et sullisamment |)our mettre en pleine lumière la véritable cause des préventions de Napoléon. A partir du moment où l'abbé Vuarin, devenu curé de Genève, commença à faire sentir son influence, et surtout depuis le transfert de l'Auditoire de théologie à Saint-Pierre, l'Académie semble avoir été particulièrement visée. Nous avons reproduit, plus haut, quelquesunes des indications que contient à cet égard la correspondance de Hoissier. Celle de Pictet-Diodati, (pii représenta le Léman au Corps législatif de 1800 à 1804 et de 1810 à 1814, est plus précieuse encore sur ce point. (^)u on eu juge par le lait suixant, dont la place est marquée ici, puiscju il concerne le doyen de la Faculté des lettres et ses étudiants.
Ce doyen, Abraham Weber, professeur de belles-lettres depuis i7'.)0, parait avoir été très aimé de ses élèves. On en avait eu, en 1794, le témoignage le plus flatteur pour lui. Ils avaient spontanément signé une adresse aux clubs révolutionnaires et obtenu l'annulation d'une sentence de destitution prononcée contre lui et contre laquelle il réclamait, sans autre appui que le leur. « Ne croyez pas, citoyens révolutionnaires, — avaient-ils dit « dans un recours caractéristique du temps et des circonstances, — que « ce soit à linstigation du citoyen Weber que les étudiants de belles-lettres a joignent ici leurs réclamations à la sienne ; non, citoyens, c'est la recon- « naissance, c'est l'amitié, c est le besoin du travail qui les ont dictées; « c'est un motif plus sacré encore, celui de conserver à la patrie un insti- « tuteur distingué par ses talents et ses lumières, par les soins qu il prend c( à former l'esprit et le cœur de ses élèves, par son amour pour la patrie '. »
' .lilicsse des éludiants de lieilcs-letlrci aux cliths iihulutiuiiitaiies, précédée de la réclamation du citoyen Weber à ses concitoyens, iii-8, Genève, I79'i. (Bibl. de Genève, Gf. 567, vol. 81, n" 27.)
Le pasteur et professeur Weber, reçu à la bourgeoisie en 17<S3, en même temps que le célèbre Cornuaud, chef du parti des natifs rallié au gouvernement aristocratique, était fils d'un ofTicier suisse, Jean-Bénédict \A'eber, et de Jeanne-Marie de Candolle. Ses opinions politiques paraissent avoir été modérées, en tout temps, mais fermes et toujours très genevoises. Il n'a laissé aucune publication qui permette de le juger et le témoignage de Fontanes, qui reconnaissait en lui un homme d'esprit, est le seul que nous ayons à citer. Tout porte a croire qu'en politique il était du même l)()rd que son collègue le professeur de langues anciennes. Antoine Duvillard, et que le régent de première, Couronne, obligés l'un et l'autre de s'expatrier en 1791'. L'influence de ces maîtres, qui était celle à laquelle étaient soumis les plus jeunes étudiants, devait faire de l'Auditoire de belles-lettres un milieu très sensible aux sursauts de l'opinion locale.
En 1811, le recteur reçut l'ordre d'organiser, pour célébrer la naissance du roi de Rome, un Te Deum académique, auquel devaient prendre part tous les professeurs et tous les étudiants, tous les maîtres et tous les élèves du Collège et des divers établissements de la ville"-. La cérémonie eut lieu, le 9 juin, au temple de l'Auditoire et, en l'absence de Boissier, délégué à Paris, fut présidée par l'inspecteur de l'Académie, Peschicr-Fontanes, (|ui prononça un discours « approprié à la circonstance », comme on disait alors. Le Te Deum fut chanté par les écoliers, selon la coutume jirotestante, sous la forme d'un cantique solennel d'actions de grâces et de psaumes de David, et il en fut rendu compte au grand-maître de l'Univer-
• Voir, plus liaiil, p. 21. C/". I, G04 s.
-' Extrait des Rcj^istres de la mairie de Genève, du  juin IRll : « Lo Maire do la Ville de Genève .1 arrèle de laire connaître à ses ooiiciloyeus. par voie de l'impression, le programme des lèles ([ni « auront lieu à Genève, le 9 juin et jours suivants, à l'occasion du baptême de Sa Majesté le Itoi Il de liiime— Dimanche, 9 de ce mois, dès onze lieures dn matin, des détacliemenls des compagnies .c délilc de la Garde nationale se réuniront sur la place de la Porte Neuve, en grande tenue, avec la « mnsii|ue. — A midi toutes les cloches de la Ville sonneront ; le Maire, les Adjoints et les Membres « des diverses autorités, escortés par la Garde nationale, se mettront alors en marche pour se rendre .< de 1 Holel-de-Ville A celui de la Préfecture, et accompagner de là M. le Préfet à l'église de Saintce Germain; le reste du cortège continuera ensuite sa marche jusqu'au temple de Saint-Pierre, où « il assistera au Te Deum chanté en actions de grâce pour la naissance de Sa Majesté le Uni deTtiime. n Le Te Deum sera chanté en musique à grands chœurs, jeu d'orgues, etc. et avec toute la solennité « et le recueillement commandés par la circonstance. — A quatre heures après midi, un second Il Te Deum sera chanté par les étudiants de l'Académie et les écoliers du Collège. L'ordre de la (I marche et de la cérémonie sera réglé par M. le Recteur de l'Académie . . . {Signé] Rilliel-Piclel, a Adjoint. » (Bibliothèque de la Société de Lecture, Rroch. Genev., Ii9.)
184 l'académie impériale. — 1804-1814
site. Malheureusement une fausse note avait troublé la réléhration, à laquelle assistaient les inspecteurs généraux en tournée. Le doyen de la Faculté des lettres, eijtrainant à sa suite les étudiants de son Auditoire, avait manifesté ses sentiments personnels en s'abstenant d y |)articipcr. Pcsrliier n'en souffla mot dans le compte rendu qu'il envoya au recteur et dont celuici fit une belle lettre à Fontanes. Mais aussitôt un avis de Marc-Auguste Pictet, annonçant le rap|iort de son collègue, l'inspecteur général d'Andrezel, éclairait Boissicr plus complètement et il courait à Courbevoye chez le grand-maître, accompagné de Pictet-Diodati, faire, au nom de l'Académie, après le récit <lu Te Deum, le Confiteor obligatoire. Le procès-verbal de la visite fut envoyé le même jour à son correspondant. Il confirme (\c tout point ce que nous avons allirmé, plus d une fois, (\c la bonne volonté à toute épreuve de Fontanes à l'égard de Genève :
«J'ai raconté le lait, j'ai même lu votre lettre; j'ai annoncé celle de M. (i'Andrezel et j'ai remis la mienne. « Je me tiendrai à celle-ci, — m'a dit « incontinent M. de Fontanes, — il l'aul (|ue j'ignore les autres; je ne pourrais « les connaître sans tonner et dans ce moment tout cela serait contraire à votre « Académie ; on n'examinerait que le mal et cet examen ferait disparaître le « bien que je dois en dire avec justice et raison. Votre doyen n'est pas le seul « foi de l'Université, j'en ai bien tl'autres qui m'ont donné cinf| ou six fois leur « démission, à (pii je n'ai pas répondu, (pii sont restés, et ont fini par se ran- « ger à l'oidre actuel ; il en sera de même du vôtre dès le moment que c'est un « homme d'esprit. Cependant... etc.» C'est le grand-maître qui est un homme d'esprit et mieux encore un excellent homme. Bref nous sommes convenus que Pictet-Diodati, ami de Weber, se chargerait de hii iavei- la tète et de le faire rentrer en lui-même. Je n'écrirai pas moi, parce qu'il serait capable de ne pas me répondre convenablement, et alors il n'y aurait plus de mesures à garder. Je regrette bien de ne pas m'être trouvé à Genève, les étudiants au moins n'auraient pas l'ait île faute, c'est ce ilont je vous réponds. Peschier n'a pas osé se montrer parce qu'ils ne sont pas habitués à son autorité comme à la mienne; avant que de quitter Paris, je saurai jusqu'où cette autorité s'étend sur les professeurs, et si j'ai le droit d'en suspendre un provisoirement de ses fonctions, dans un cas grave, jusfpi'à ce (pie j en aie référé au grand-maître. Ce serait bien utile '. »
' Hoissier à I>iclol, l.Sjiiiii IXll. (L.r..03.l
L'incident semblait clos. Mais quelqu'un veillait dans l'ombre, qui entendait bien en tirer parti contre l'Ecole de Calvin et qui était en position de faire parvenir la nouvelle du scandale académique jusqu'aux oreilles de l'empereur. Voici la pièce qui nous renseigne à ce sujet. C'est une lettre confidentielle du professeur Pictet à .son cousin, le député du Léman, qui fait le pendant, à trois mois de distance, de celle qu'on vient de lire du recteur :
« C'est une chose fort sérieuse, très cher cousin, qui me fait prendre la plume aujourd'hui. Si elle n'était pas aussi urgente, j'aurais attendu une occasion procliaine pour vous éerire ; mais je dois aller au plus pressé et confier à la poste ce que j'aurais voidii vous dire eu tète a tête, comme je l'ai reçu.
Je dînai avant-hier, presque au débotté, à Courbevoye. On me prit à part au sortir de table pour me demander demi-heure de conversation le plus tôt possible sur une affaire très importante, dans laquelle j'étais moi-même intéressé rpioirpie indirectement. On m'assigna au lendemain, à une heure et demie, avant le Conseil de l'Université. Je m'y rendis, comme vous pouvez le croire. Voici l'abrégé de la conversation à peu près textuel : « Avant que «je ne vous dise rien, promettez-moi le secret le plus profond. — Je le proie mets sur mon honneur. — H(* bien, Genève a été dénoncée, de la manière « la plus grave. J'ai reçu, il y a (piinze jours, de l'autorité supérieure à la « mienne, une lettre ordonnée et foudroyante, dans laquelle, en convenant « que l'instruction y est bonne, on ajoute que les principes y sont détestables ; " on me reproche d'avoir contribué à maintenir dans un état d'exception une « .Académie qui a, pour s'isoler, des motifs plus que suspects ; on me cite des « faits, tels que l'absence d'un professeur et de son auditoire à la cérémonie « du Te Deum universitaire ; on exige que je change totalement l'esprit de « cette .Académie, en la composant de professeurs catholiques et protestants « en nombre égal, que je la mette sur le pied de toutes les autres, que je fasse « entrer dans la caisse de l'Université les capitaux de la fondation qui la sou- « tient, etc., etc. J'ai répondu qu'en maintenant l'Académie de Genève dans « un état d'exception, je n'avais fait cpi'exécuter le décret impérial qui l'ordon- « nait ; que je ne pouvais rien changer à l'état de choses actuel sans une dis- « cussion préalable au Conseil de l'Université, puis au Conseil d'État, sinvie « d'un nouveau décret impérial. J'ajoutai que mon opinion particulière est que « la réorganisation de cette Académie, dans le système proposé, écpdvaudrait « à une destruction réelle et immédiate; que ce système est incompatible avec « les mœurs, l'esprit, les habitudes de celte ville ; qu'on manquerait son but en « voulant hâter des résultats que le temps seul peut amener. J'ai ajouté enfin
UMVi:HSITK DF GtNKVR. Il 24
186 l'académie impériai.k. — 1804-1814
« c|iie j'avais eu connaissance, tians le temps, du lait cité ; (|uc j'avais hésité « à cette époque d'écartei- de l'enseignement un professeur (|ui, sans doute « inconsidérément, avait donné un aussi mauvais exemple ; mais que, comme « c'était le premier fait de ce genre qui fût venu à ma connaissance dans une « Académie dont je n'avais d'ailleurs entendu dire que du bien, même parles « inspecteurs généraux très catholiques que j'y avais envoyés, je m'étais borné « à faire avertir ce professeur de prendre garde a une récidive; mais ({ue, puis- « qu'il fallait un exemple, je promettais qu'il ne paraîtrait plus sur le tableau. « Voilà l'état de choses; je vous le confie, poiu- que vous fassiez ce que vous Il croirez convenable. »
Je demeurai pétrifié, après l'avoir interrompu plus d'une fois par des exclamations. Je criai à l'injustice. — « Justes ou non, me dit-on, les préventions « existent. J'ai paré le coup celle fois, mais je ne répondrais pas d'une seconde. « — Mais que puis-je faire, moi, (|ue gémir ? Vous m'avez mis sous le secret. — Il Je vous ai mis sous le secret, sauf la seule personne directement intéressée Il dans la mesure que j'ai dû prendre. Je voudrais lui en adoucir l'efTet. je vou- II drais avoir plutôt à lui accorder une démission qu'à prescrire une retraite; Il en conséquence je ne puis pas écrire, moi, autrement que dans le dernier sens Il et c'est ce que je voudrais éviter. — Me permettriez-vous. Monseigneur, d'em- « ployer un tiers, qui vous est bien connu, sur qui vous pouvez compter comme Il sur moi-même et qui de plus est l'ami de la victime que vous croyez devoir Il tlévouer à la circonstance? (Je vous nommai.) — Bien : je vous y autorise: Il cela vaut mieux que d'en écrire au recteur, à qui j'avais d'abord pensé que « vous devriez vous adresser. — Hé bien. Monseigneur, je lui écrirai par le « prochain courrier; je lui dirai tout ce qui [leut se dire de notre conversation ; « et, si quelqu'un peut réussir dans cette négociation pénible, c'est certaine- II ment lui. Le recteur ignorera toujours d'où est partie l'initiative. Le profes- (I seur pouri-a aisément motiver sur sa santé la demande en démission ([u'il lui <i adressera et c|ue celui-ci portera au grand-maître; et tout restera à jamais « entre nous trois. »
jNLaintenant, très cher cousin, je confie à votre prudence et recommande à voire discrétion tout le reste. L'essentiel est de réussir; et il y aurait beaucoup à gagner à ce que cela pût se faire sans bruit.
Je m'épuisai en conjectures sur la source de ces calomnieuses imputations par lesquelles on se plaît à nous noircir. Le grand-maitre ne put, ou ne voulut, me mettre sur la voie de rien, sinon de justifier le préfet d'y avoir la moindre part. J'essayai de le mettre moi-même en soupçon sur une femme que j'ai lieu de croire depuis longtemps chercher à nous faire tout le mal qu'elle peut, et en toute conscience, parce (|u'elle est catholique e\agévée(Mad. de L.). (I Elle est une B'", — me dit-il, — et il se pourrait que de ce côté elle eût les
LA FACULTÉ DES LETTRES f87
bras longs. » Ce l'ut sa réponse, mais sans que j'en pusse inférer qu'il appuyât ma conjecture.
Je suis très impatient, bien cher cousin, d'apprendre quelle tournure vous aurez pu donner à celte malheureuse alFaire. Prêchez sur les loils la prudence, la circonspection outrée, dans ces moments de prévention. Cette prévention s'étend dans ce moment juscjues à tous les protestants; on répète que nous sommes républicains [)ar essence, et ennemis de toute autorité. Je demande la preuve; on n'articule rien que le malheureux fait en question, qui, très malheureusement, est réel'. »
On peut voir, en consultant aux Archives nationales, à Paris, la lettre dans laquelle le préfet Capelle rend compte au ministre de l'Intérieur, M. de Montalivet, des cérémonies c{ui ont eu lieu dans son département à l'occasion de la naissance et du baptême du roi de Rome, que l'abstention du doyen Weber et de ses étudiants lui avait échappé ou qu'il avait, ce qui est assez probable, imité de Peschier le silence prudent-. La correspondance du commissaire spécial et les bulletins de police n'y font aucune allusion, en sorte que l'on est obligé, pour explicjuer la colère de I empereur, d'admettre la conjecture de Pictet touchant le caractère [)urement privé de l'information. Quanta la personne qu'il soupçonnait et dont l'initiale qu'il donne à son correspondant est heureusement complétée par trois lettres du nom prononcé par Fontanes, c'était, sans aucun doute. Madame de Loménie de Brienne, réfugiée à Genève, à l'époque de lémigration, et qui y était rçstée, attachée à une tâche qu'elle considérait comme une mission, celle d'empêcher la conciliation que la dureté des temps était en train de faire entre les diverses confessions chrétiennes''.
' M. -A. Pictet à Piclet-Diodati, 11 sept. ISll (Correspondance de Piclet-Biodati). Cette lettre a été utilisée, mais non publiée, par Gaberel qui, dans sou Hisiuirc de l Eglise de Genève, a signalé le premier lintrigue en question (111, o54 s.). Pictct-Diodati ayant quelque peu tardé à répondre au rapport de son cousin, il tut suivi d'un second, daté du 25 septembre, où l'on retrouve uu extrait du précédent, tiré du registre de correspondance de lexpéditeur.
- Lettre du 10 juin 1811. (Arch. Nat., Fi<: III Léman 2, n" k.\
' D'Eymar, Barante, Capelle ont eu tour à tour à s'occuper des intrigues de Madame de Loménie et l'on en trouve plus d'une trace dans leur correspondance. En l'an X, comme elle a loué un local où, malgré la loi. les prêtres insermentés célèbrent leur culte, comme elle empêche « que les inser- « mentes se réunissent aux autres catholiques », comme elle a contrarie les vues conciliatrices du goûte verneraent à l'égard de Genève», le préfet lui rappelle quelle ne devrait entretenir que de bous sentiments envtM's la ville qui lui a offert un asile et, pour sa famille, « les avantages de l'éducation ». Il ajoute : « La véritable piété ne consiste pas à se mêler d a lia ires pour lesquelles ou n'a point reçu « de mission ». Mais c'est par acquit de conscience. La grande dame est trop haut placée, par ses
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La louche qu'on avait voulu attirer sur Genève ne tomba ni sur l'Acadéniie, ni même sur l'Auditoire de belles-lettres. Jupiter eut d'autres soucis. Fontanes se laissa attendrir par les « excuses dilatoires » que lui présenta le doyen dénoncé. Mais les initiés, — et l'on ne put empêcher le recteur d'en être, — tremblèrent à juste titre pour la maison '.
it'lalions, pour qu'on puisse se flatter de la eonvaiiicre et, dans la même lettre, écrite des baius de Plombières, il conclut ; n Je suis bien sensible. Madame, à 1 intérêt que vous voulez bien me témoi- « gner, ma santé devient meilleure et j'espère que dans un mois je pourrai retourner à Genève pour « avoir 1 honneur de vous faire ma cour » (Communication de M. Ed. Chapuisat, tirée des .■Vrchives d'Etat de Genève, P. H. CCCVI, A.) ICn 1KI2, le duc de Rovigo, ministre i\v la Police générale, écrivit au pi'éfet du l.éman pour avoir des renseignements circonstanciés sur le séjour de .Madame de Loniénie à Genève et notamment sur ses relations avec le comie île Saiiit-Priest, ancien ministre d'Etat de Louis X\'l ; il reçut du baron Capelle la lettre suivante, datée du 26 mars 1812 et conservée aux Archives nationales, dans le dossier de Saint-Priesl : « Monseigneur, avant de répondre à Votre « Excellence sur Madame de I^oménie, j'ai voulu puiser dans toutes les sources propres à m'éclairer; II aucune ne m'a donné des notions bien fâcheuses, et toutes m'ont confirmé dans lopinion que j'avais « déjà de cette dame. Elle est venue à Genève peu de temps après la réunion, vers lan VII. Les Geue- « vois prétendent qu'elle y fut attirée par lesprit de prosélytisme. Il est plus probable de penser que II le pi'incipal motif qui la l'onduisît dans cette ville fut l'éducation de son (ils qui y a, ilès cette époque, « suivi le collège pendant ])rès de cin(| ans. Dans le premier temps des préfecUires, l'un de mes pré- « décesseurs. M. Deyniard (sir), un peu excité par les Genevois, eut occassion de faire quelques u semonces à Madame de Loménie, d'abord parce qu'elle s intéressait trop à des prêtres qu on appe- « lait encore réfractaires (c'était avant le Concordai) et ensuite parce qu'elle s'occupait trop aclive- « ment d'un projet qui s'est réalisé depuis, celui d'avoir, dans Genève, une église consacrée au culte <i catholique. Jusqucs là ce culte n'avait commencé à s'y pratiquer que dans une chapelle, établie « dans une maison particulière. Depuis, Madame de Loménie a fait plusieurs absences de Genève. « Elle y est revenue il y a environ dix mois. Elle va bientôt en partir. Ses rapports avec M. de Saint- II Pricst tiennent à d'anciennes relations de famille, lorsque celui-ci était ministre. Je crois bien que II l'esprit ti'ès religieux de l'un et de l'autre n'a pas peu contribué à rendre ces relations plus intimes. II Lorsque M. de Saint-Priost a eu ordre de quitter le territoire de lEmpire, elle lui a montré un Il dévouement peu réservé. Les Genevois continuent à l'accuser do cherchera faire des prosélytes à II son culte; ils l'accusent aussi de vouloir leur enlever le temple de Saint-Pierre; mais les Genevois II sont fort intolérants et ils ne citent aucun fait. Si elle avait quelque tort politique, ils se hâteraient II sûrement de le faire qbnnaitre. car ils la détestent. Son (ils vient de faire un voyage en Italie avec II M. de Calvières, l'un des gendres de M. de Saint-Priest. Ce fils abonde fort dans les idées de sa <i mère sans que rieu en lui soit tait pour attirer de laltention. Il montre de la sagesse et de la pru- II deuce. Eu géuéral. je ne crois point ni la mère, ni le (ils dévoués au gouvernement, mais ils ne II font et ne disent rien contre. Elle va quitter Genève et je désire qu'elle n y revienne pas par les « motifs qui précèdent; je n'en ai cependant aucun de l'y croire dangereuse. » On peut voir dans VHistoire de M. Vuarin et du létahlisseinent du cathoticisme à Genève (II, 243 s.) que Madame de Loménie était la paroissienne la plus influente du curé de Genève, dont elle patronait toutes les œuvres, et qui tenait tant de compte de ses avis qu'en 1820, l'évéque de Troycs. Mgr de Boulogne, voulant le décider à quitter ii son vilain pays hérétique et démocratique » ])Our devenir vicairegénéral, ne ti'ouva rien de mieux que de la charger de la négociation. L'ne note du même ouvrage (11,289) lions apprend que, lorsque Saint-Priest mourut, en 1821, labbé Vuarin avait fait le voyage de Lyon pour être auprès de lui à ses derniers moments. ' :!oissier à Pictet, 27 sejU. 1811. ( f.. c. 03.I