‹ Histoire de l'Université de GenèveChapitre 107 sur 213 · DEBUTS DE PACIUS DANS LE PROFESSORAT · texte numérisé non relu

DEBUTS DE PACIUS DANS LE PROFESSORAT

On remarque que l’arrêté ei-dessus n’est |>as précédé d'un « advis » de l’autorité ecclésiastique. Depuis que les ministres s’étaient fait tirer l’oreille pour l’établissement des cou rs de droit, tenté par Bèze a près la mort de Calvi n , etensui te, au moment de leur réorganisât ion, la Seigneurie avait pris l’habitude de statuer en dehors d’eux sur le choix des professeurs, non convoqués aux séances de la Compagnie, auxquels ces cours étaient confiés. Leurs chaires, n’étant pas prévues par la loi, étaient considérées comme extraordinaires.

Ces professeurs donnaient beaucoup de leçons particulières et, lorsque leur nom le leur permettait, se les faisaient payer fort cher. Les jeunes seigneurs qui se destinaient aux carrières administratives, dans l’une ou l’autre des innombrables cours de l’époque, avaient une préférence marquée pourde telles leçons, plus familières et sans doute plus à la portée d’un chacun que ce I les de I Auditoire. On sait qu’en Allemagne, à cause d’elles, l’enseignement officiel fut sou ven t négligé par ceux qui en avaient charge. Le fait se produ i s i I , quoique plus rarement, à Genève, où la discipline scolaire était stricte pour les maîtres comme pour les disciples. Le registre de l’année I (i 1 0 nous a conservé la mémoire d’une remontrance sévère adressée par le Conseil au corps des professeurs, assemblés devant lui pour s’entendre rappeler leur devoir L Lin manquement de cette nature semble avoirété I occasion du départ de Pacius. Le jurisconsulte s’était multiplié, en 1582 et 1583, et, sans préjudice de son cours, avait remplacé le lecteur ès arts. Il se crut autorisé, après cette suppléance méritoire, qui ne lui avait point valu le cumul attendu de deux chaires, à s’occuper surtout de ses |>ro|)res affaires. 1 1 donnait, chez lui, non seulement des leçons de droit, mais encore des leçons de philosophie. ht nous savons, |>ar le témoignage de C a sa u bon, qui avait suivi les secondes, et de Louis Iselin, qui avait reculé devant le |>rix exorbitant des jjremières, que cet enseignement particulier lui raj)portaitgros 1 2. Lu I 582, il essaya d’obtenir, sans doute poury faire ces leçons rémunératrices, un local voisin de son habitation

1 « Sp\ectol>les] ministres et professeurs. Oui esté appelles céans louis en corps, et en présence « desdits spectables ministres ont esté failles remonstrances aux dicts professeurs du peu de leçons « que l’on entend qu’ils font et leur a esté injoincl de se souvenir du serment qu’ils p restent qui est « de faire les leçons qui leur sont preseriltes. » (Reg. Conseil, dO mars 1610.)

2 « Très annos impendi iis sludiis juri eivili et philosopher] publiée et privalim usas Doetore « Pacio ; eu jus Organon, et a lia se ri pl a philosophica, opinor, vidisti . Sri lo il lu in ingenlem Comment a- « rium in Organon mihi et duobus amieis sci'iplurn esse, cum 1 1 le nos domi sutc docerel mercede u ingenti: sed pareils meus nulli pecuniæ parcebat ut mois sludiis consuleretur. » Lettre do Casaubon,

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