‹ Histoire de l'Université de GenèveChapitre 109 sur 213 · II. — DENIS GODEFROY · texte numérisé non relu

II. — DENIS GODEFROY

Godefroy l’ancien, Dioni/sius Gothof reclus, ainsi qu il signait ses ouvrages, était néà Paris, en I .Vd), d'une famille de robe, alliée aux dcTIiou. 1 1 étudia sous Baudouin, puis successivement, dit-on, à Louvain, à Cologne et enfin

datée de Londres, le 7 avril 1613, à Jolin Prideaux, alors chapelain de Jacques Ier. (L. c.. Ep. 879.)

En 158 1 , Louis Isel in écrira il à son oncle que Pacius prenait une couronne, c ’esl- à-dire un écu d’or, par mois, pour ses leçons particulières sur le Digeste. (Thommen, Geschichte der Universitrit Uct sel. p . 1 86. j

1 Reg. Conseil. 22 mai 1582.

2 Ibid., 2 nov 158L Le blâme en question avait été précédé d’une remontrance, pour la même cause, cinq mois auparavant. (Reg. Conseil, 5 juin. Voir Lamperliro. /. c.

3 Reg. Conseil, 23 avril 1585.

DEMS GODEFROY

à Heidelberg, oùonletrouveimmatriculéle3 octobre 1572. On ignore s’il pratiqua jamais au barreau parisien ; mais i I eut, et porta, en France, le titre d avocat en la cour du Parlement. Il avait été élevé dans les principes de la réforme et il semble qu il vint à Genève pour se rapprocher des grands imprimeurs. Arrivé le 10 août 1579, il sollicita de suite la permission de donner un cours libre à l’Ecole. Cette autorisation fut accordée parle Conseil en ces termes:

« Sv Godefroy. A esté proposé que le s1' Godefroy desire lire en Droict, dont les ministres sont d’avis, pour ce qu’il est fort sçavant. A esté arresté qu’on lui permette d’essaier h »

Vers la fin du mois suivant, il allait prendre, à l’Université d’Orléans, le bonnet de docteur. On a vu comment il fut nommé professeur titulaire de droit, eu même temps que Pacius, le II mars 1580. Reçu bourgeois bientôt après, le 14 juillet, il demanda, au milieu de l’année suivante, un congé de six semaines pour aller à Paris mettre ordre à ses affaires et réaliser son bien2.

Ce voyage en France fut suivi d’autres; car, dès son retour, Denis Godefroy s’occupa de diverses publications qui furent mises en librairie à Lyon et notamment de l’édition du premier et du plus connu de ses grands ouvrages. L i m primeur EustacheVignon, qui venait de rééditer, avec les notes de Pacius, le texte florentin du Digeste, avait demandé au jeune maître français, pour le faire figurer en tête de son in-folio, un sommaire raisonné des Pandectes, du Code et des Institutes. Mais déjà celui-ci s’occupait de publier beaucoup jdus et beaucoup mieux. Il traitait avec Jacob Stœrpour l’édition d’un «Cours de droict civil, » qui fut, au sens désormais consacré de ce terme, le premier Corpus juris. L impression de ce livre, appelé à faire autorité au barreau et dans les écoles, qu’on a réimprimé tel quel jiendant près de deux siècles et dont on a pu compter (dus de cinquante éditions, dura trois ans. Elle fut autorisée le 10 mai 1580. Le 20 septembre, Fauteur, complètement absorbé jiar la mise au jour de son grand œuvre et désireux d’ailleurs d’être jdus libre |>our obtenir à Paris, en sa seule qualité d’avocat au Parlement, le privilège du roi, demandait à Messieurs de le décharger de tout enseignement jusqu’à I achèvement de sa implication3. L’ouvrage jumit en 1583. Nous reprodui-

1 Reg. Conseil, 2 nov. 1579. (Godefroy-Méuilglaise, /. c.. 25.)

2 Reg. Conseil, 2 juin 1581.

s Ibid , 10 mai 1580 « Sp[ectable] Denis Godefroy présente requesle tendante à luy oelroier privi-

« lege et permission de faire imprimer le simple texte «lu Cours civil en lettre non-pareille ou

IVRIS CIVILIS

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