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LE RETOUR DE PACIUS

sr Pactius soil retenu pour ladite profession et que, en faisant par chacune sepmaine quatre leçons en droict et deux en logicque, que luy soit eslabli de gaiges la somme de quinze cens florins, oultre le bled1 *. »

Le cours de logique, temporairement détaché de la chaire de philosophie, en 1594, avait fait retour, lors du départ de Trembley pour Lausanne, à Esaïe Colladon i. Ce dernier s’était très probablement soumis, sur ce point, à 1 ordre établi par la Compagnie et lisait l’orthodoxe compendium de Pachymerès, dont on abordait l’étude dans la première classe du collège. Pacius au contraire inclinait, non pas, il est vrai, au ramisme, mais au lullisme. Il préconisait cet art de Raymond Lulle que Giordano Bruno avait tenté de rénover et par lequel il entendait, comme lui, remplacer la logique d’Aristote 3 4. Ceci n’avait peut-être pas été étranger à la décision qui lui avait valu, jadis, un successeur, dès I arrivée de Pierre Galez. En tout cas, l'annonce de ses leçons de philosophie éveilla les soupçons de la classe des ministres et Bèze fut demander à Boset que le jurisconsulte s’en tint à son code. Le Conseil, n’y voyant que l occasion de diminuer de trois cents florins le gros crédit qu’il lui avait fallu inscrire dans son modeste budget, souscrivit volontiers au maintien de l’état de choses antérieur. Mais Pacius tenait à son cumul; c’était sa revanche de 1583. Il n’en voulut pas démordre et, pour le garder, le Conseil revint à sa première décision L Au reste le juriste philosophe put dé-

1 Reg. Conseil, ad diein. La conférence dans laquelle Pacius avait posé les conditions ci-dessus avait eu lieu, le 29 avril, en présence des syndics Michel Roset et Paul Chevalier, délégués par

le Conseil. {Il>id., 28 avril 1596.)

3 Cf., plus haut, p. 207.

3 Dans la préface de son commentaire de VArs Lulliana. qui parut en 1618 à Valence, Pacius nous apprend que, déjà vingt ans plus tôt, il avait écrit , pour l’usage spécial de ses élèves, un traité du même genre : «Scripsi ante viginti annos successivis horis’brevem et perspieuum eommentarium in arlem « parvam Raymondi Ltilli : quem qui exceperunt, familiares quidam moi, perfectam hujus artis cog- « ni lion cm visi sunt assequi, ne ni h il sibi incognitum superfuisse i ndiearun I . Modem t cm pore, quo ma gis « cis prodessem, eandem arlem, libertate utens philosophie», emendavi, ejusque exornatæ, et a mullis « vitiis liberatæ, prascepta in 1 i bel I uni conluli . » IJ a ns la dédicace du même ouvrage, qui est da lée de 1617, il déclare qu’il en a conçu le plan au temps de sa jeunesse et qu’il l’a rédigé, environ vingt-cinq ans auparavant : « Quod ante annos quinque et quadraginta suinmo otio fruens, audaxque juvenla, ut ait « poeta, mente concepi ; annis vero ab bine paulo plus quam viginti domesticorum precibus indulgens, a literis mandavi.» [Jul. Pacii Artis Lullianæ emendatæ f.ihri I V: in-8,Y alence . 1618. (Br.M., 1081. b. 5.)

4 « Sp\ectable\ Jules Pactius. Mr de Bè/.e ayant liyer remonstré à t\Ir le premier syudicquc [que] « pour éviter une concurrence entre les lecteurs en philosophie, la Compagnie des ministres trou- « veroit bon que ledict s" Pactius se contentast de lire en droit, et non en philosophie, a esté arresté « que soyt fait selon ledit advis, et, suyvant ce, que ledit Pactius se contente de douze cens florins de « gages annuels, outre le bled. » (Reg. Conseil, 1 mai 1596.)

« Sp[ectable\ Jules Pactius. D’autant que, Mr le syndicque Roset ayant notifié audit sr Pactius far-

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