II. LA NOBLESSE ALLEMANDE. LA SECONDE ÉMIGBATION FRANÇAISE
Parm i les privilèges des membres de la Compagnie et du corps enseignant, que nous avons déjà eu l’occasion de mentionner au XVIe siècle, celui d’avoir des pensionnaires continua de leur être reconnu. Son importance fut accrue par le rang et la cru al i té des écoliers qui de l’étranger venaient faire des études à Genève. Dans plus d’une maison souveraine de l’Allemagne réformée, i 1 était de tradition d’envoyer les jeunes altesses et leurs gouverneurs faire un stage de quelque durée dans la cité de Calvin . Pendant tout le XVI Ie siècle, les princes du Palatinat, ducs de Bavière, les margraves de Brandebourg, ducs de
1 Reg. Comp., 27 novembre 1655.
2 Ibid , 28 décembre 1655.
8 Ibid.. 80 mars, 20, 27 et 31 juillet, 17 août 1660. Reg. Conseil, 21 et 30 juillet 1660.
INSTITUTIONS ET USAGES
Prusse, les dues de Saxe, les ducs de Wurtemberg, les landgraves de 1 1 esse, les margraves de Bade, les princesd’Anhalt, les comtes de Nassau furent lesliôtes, en quelque sorte héréditaires, de la République. K t la République veillait à ce que ces hôtes fussent traités avec tous les honneurs dus à leur rang, sans préjudice de ceux qu elle estimait appartenir à ses magistrats. En 1675, comme le jeune prince de Courlande devait assistera une soutenance de thèse, le Conseil prit l’arrêté suivant :
« Prince de Courtaud. Monsieurle premier Syndic a représenté que [le] s' Jean Sara/in, proposant en Théologie, desireroit savoir si dans le discours qu’il doit faire avant que soustenir ses Theses il l adressera au prince de Courland avant le Magistrat. A esté dit qu’il s’adressera au Conseil premièrement1.»
En 1670, le prince Charles, (ils aîné de l’électeur palatin, « estant allé « voir la Bibliothèque et le College, et luy ayant esté présenté des vers parles « eseolicrs, » ne trouva rien de mieux, pour témoigner sasatisfaction, qued’ord on ner quinze jours de congé. Le Conseil arrête gravement « de n’y rien changer, mais (rue les régens donneront des tâches en conséquence2. » On nesaurait affirmer que tous ces princes, comme parexemple Frédéric Maurice d Anlmll, son frère Jean Casimir et leur cousin Christian, venus à Genève en 1608, et dont Jacques Lect dirigeait les études, ont pris une part active aux travaux do l’Ecole3. Laplupart, en tout cas, ont tenu à inscrire leurs noms, au-dessous de leurs armes, dans l’album de I Académie. Nous reproduisons ci-après, choisis parmi les plus il lustres, quelques-uns de ces blasons, entourés d autographes que les dates permettront d identifier.
Ce qu’on venait demander à Genève, c’était la pratique de la langue française et la discipline austère qui avait fait le renom de l’école calvinienne. « Oui I vous plaise, — ce ri t Gui Baume-Louis de Nassau en adressant le fils d un « de ses gent ilshom mes à la Compagnie des ministres, — d’avoir ledit 1 lasse I « de Vernon en bonne et favorable recommendation et, s’il en est besoing,
1 Reg. Conseil. 27 septembre 1675.
2 Ibid., 27 août 1670.
3 De officia Principis. orationes très, publier habitse, ab illustriss. ac generosiss. Principibus Auhaltiuis in inelyta Academia Genevensi : in-4, Genève, — Jean de Tournes, — 1609. (Bibl. de Genève, II d 75,7.)
Lacrynur Lccliunæ seit de illustriss. ac geuerossis. Principis D. I> Friderici. Mauriti Anhaltini vita et ohitu .luc. Lectii, Viri consularis, oratio publier habita A. et XVII. Kal Novemh. MDCA In inelyta Academia Genevensi; In-4, Zerbst, 1611. (Bibl. de Berne, Y. 27.)
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