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LES FONDS DE L ECOLE

portantes que les réformés de 1 étranger souscrivaient, sans relâche, passèrent tout entières au budget d’une défense dont les exigences étaient toujours renouvelées, mai s le modeste coffre des immatriculations et des legs particuliers, qu’on trouve de nouveau à la Chambre des comptes, dut être ouvert au trésorier de la Seigneurie1. En 16 18, on plaça au denier qui nze, chez le pèrede Bénédict Turrcttini, 5000 florins des fonds du Collège et, en 1620, ce capital fut sacrifié « aux nécessités publiques. » L année suivante, le legs de 500 florins d’un Balbani eut le même sort. La Compagnie dut s’incliner devant la raison d’Etat. Elle insista sur les fâcheuses conséquences de « la confusion de toutes bourses, » sur « ce qu’il estoil expédient de se souvenir et du dit argent et de tout le passé donné à mesme fin, » mais 1 idée ne lui vint pas, qu elle eût eue sans doute à une époque plus rapprochée de la nôtre, de demander une hypothèque sur les terrains des fortifications 2.

La première conséquence de cette « confusion de toutes bourses » fut que le recteur, probablement sur le vœu de donateurs subséquents, essaya de mettre le produit de leurs libéralités à l’abri des exigences du seigneur Trésorier. Le Conseil y vit du mal et un arrêté formel, rappelant l’existence d’un coffre unique, à la Chambre des comptes, mit fin à toute tentative de ce genre.

« Légats au College. Monsieur Savyon a remonstré que maintenant les Recteurs du College, au lieu de rapporter tous les légats qu’on fait audit College dans un coffre qui est en la Chambre des Comptes dont ils avoyent une clef, ils les gardent et en disposent comme bon leur semble. Arresté que Monsieur le syndicque Anj orra nt face entendre ans1' Chabrey, moderne Recteur, que l’intention de la Seigneurie est que l’ancien ordre soit observé 3. »

Il est vraisemblable que c’est à cet état de choses qu’il faut faire remonter le caractère mystérieux et contentieux du fameux legs Pournazdela Piémente4.

Le recteur avait tout ensemble, dans ses attributions, la haute surveillance de la Bibl iothèque de l’Ecole, dont le bibliothécaire était le principal cl u

1 Reg. Conseil, 10 octobre 1615: « Monsr le Trésorier a rapporté qu’il n’a pas de l’argent pour « payer les mandements de ce Cartier, par ce qu’en ce temps les fermiers de la Seigneurie disent ne « pouvoir rien exiger de leurs fermes. Et cependant il est pressé par Mons1' Grenet de payer les ministres « et regents. Arresté que ledit s1' Trésorier retire l’argent cpii est au coffre du College, à la charge de « le remplacer dans deux ou trois moys. »

2 Reg. Conseil, 28 février 1618. Reg. Coinp., 24 novembre 1620 et 2 novembre 1621.

3 Reg. Conseil, 12 janvier 1627.

4 Voir, plus haut, p. 436 s.

INSTITUTIONS ET USAGES

Collège, et celle des imprimeurs. Sa double compétence à cetégard datait de 1570 et 1588.

Depuis la constitution de la « librairie du College, » les imprimeurs étaient tenus d’y déposer un exemplaire relié de chacun des ouvrages qu’ils publiaient. Robert Estienne lui-même en avait donné l’exemple. En 1570, le recteur Jean LeGaigneux est chargé avec Jean Budéetson ami Charles de Jonvilliers, ancien secrétaire de Calvin, de faire un inventaire du fonds déjà constitué, dont les livres «sont à 1 abandon tellement qu ils se peuvent égarer. » La pièce devait être en deux doubles, dont un pour la Chambre des comptes et un pour lui-même. « Pays, — ajoute l’arrêté, — les ayant fait attacher « à cheines, il s’agit des livres, que le Recteur et le Principal ayent chascun « une clef1.» Il faut penser que le dépôt légal n’avait pas été aussi fructueux qu’on eût pu croire. La même année, les imprimeurs étaient rappelés à l'ordre et il leur était enjoint de mettre des reliures solides aux volumes déposés. Il est évident que c’étai t là une condition obligée du système de conservation adopté par Messieurs2. Les éditeurs, desquels on exigeait en outre de faire hommage d’un exemplaire broché a chacun des conseillers, trouvèrent évidemment l’obligation trop lourde et réussirent à éluder le règlement, avec tant de succès que les regist res sont pleins des réclamations réitérées des recteurs et de multiples arrêtés, tous plus inefficaces les uns que les autres 3.

Au système de la Bibliothèque ou verte et des livres enchaînés au rayon ou à la table de travail succéda, semble-t-il. dès le commence ment du XVI Ie siècle, celui de l’interdiction de la salle, devenue trop petite, aux écoliers. On leur prêta les livres à domicile, moyennant « cedule4. » C’est à ce moment que fut exécuté, pour la Bibliothèque de l’Académie, u n ex libris où l’on voit le soleil de 1 Eglise et de l Ecole, au travers d’un portique, surmonté des armes et de la devise significative de la République. Il ne paraît pas toutefois qu’on en ait fait grand usage.

A cet te époque, 1 im pression des publications scolaires com mence d être confiée à un imprimeur privilégié, qui reçoit le titre de Reipublicæ et Acacle-

1 Reg. Conseil, 30 janvier 1570.

2 ll/id., 27 juin 1570.

* Cf., plus haut, p. 214 s.

4 Reg. Comp., 20 novembre 1618.

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