EXTENSION 1HC LA COMPETENCE DES SCOLAHQUES
clique son droit à être nantie la première de ces sortes de cas, surtou L s il s’agit d’écoliers encore soumis à la discipli ne des classes ou de coreligionnaires français, qu elle regarde comme particulièrement confiés à sa sollicitude. Elle entend juger préalablement des faits, tout en laissant à Messieurs, comme il convient, sans réserve, les questions de personnes b Ceci montre qu’une des premières extensions, qu’on puisse constater, de la compétence du comité des scolarques a été sa constitution en une sorte de conseil disciplinaire de l’Ecole, adjoint au recteur comme instance supérieure. On a vu qu’une évolution analogue devait en faire l'héritier définitif de la commission des seigneurs préposés à l’imprimerie. L’une et l’autre de ces transformations nous paraissent remonter à la première décadeduXVIPsiècle, l’époque des magistratures majeures de .Jacques Lect et de son influence prépondérante. La période correspondante de la vie de son filleul, Jacques Godefroy, est marquée par un progrès nouveau, — sinon très accusé en fait, du moins très réel, au point de vue des idées et de l’opinion, — de l’élément laïque dans le domaine de la direction scolaire. Nous avons rapporté comment il avait conquis île haute lutte, en sa qualité de professeur de droit, un siège extraordinaire dans le sein de la Compagnie et comment, delà sorte, avait été accentué le caractère exclusivement universitaire de toute une catégorie de séances du corps ecclésiast ique. Nous avons retracé enfin ses efforts pour provoquer l’institution d’un sénat académique. A son décès, la Compagnie essaya de reconquérir le terrain perdu. Elle reçut au saint ministère Melchior Steinberg, le professeur de philosophie, dernier des membres laïques de l’Académie, et bientôt après on la voit, de juin à septembre 1 653, convoquer « pou r remédier aux deffauts delà gra ndeet petite Eschole » des assemblées nouvelles, non îles professeurs, mais des «frères, — c’est-à-dire des pasteurs, — de la ville » et des scolarques. A ce prix, elle admet que les scolarques pourront désormais connaître, non plus seulement des espèces concernant les personnes, mais de questions de fait, jusque-là jalousement réservées à ses membres.
1 « Du vendredi 8 aousl 1606. — Estant survenu quelque différent pour I insolence de certains eseoliers « desjà grands et neanlmoins encor subjecis au College, à l'occasion de quoi Messieurs les Scolarques « avoyent esté assemblés poury pourvoir. Avisé quà l’advenir où telles difficultés surviendront, surtout « en ce qui est des escholiers du College ou bien estrangers françois, la Compagnie soit premièrement « advertie du fait, suivant quoy, selon qu’elle en aura connu, soit procédé envers Messieurs les Scolar- « ques, disccrnans toujours des faits et des personnes. » (Reg. Comp., ad diem.)
INSTITUTIONS ET USAGES
Sous le rectorat de Chouet, le premier laïque admis à cette charge depuis la mort de Bèze, le corps des professeurs reprit, comme tel, dans la haute direction de 1 Ecole, la place que Godefroy avait voulu lui assurer. Dès son entrée en fonctions, en 1 (179, le nouveau recteur, prêtant devant Messieurs lcserment ordinaire, y joignit la promesse « de faire assembler les professeurs deux fois « chaque mois, pour examiner ce qui sera à faire pour l’eschole et Académie « afin d’en faire rapport tous les deux mois aux Seigneurs scholarques L » Et il tint parole. On trouve des réunions de ce genre mentionnées pendant tout le cours de son rectorat. Avant de demander sa décharge définitive, en 1681, i 1 réussit à faire rencontrer scolarques et professeurs à une séance solennelle, où un syndic (it, avec les premiers, le grabeau des seconds2. Cette conférence se renouvela 1 année même, à titre consultatif, pour affaires de l’Ecole, sur la demande du Conseil, et bon gré malgrélaCompagniedutadmettrelesséances de cette nouvelle autorité scolaire, réunie sans sa participation 3.
Lorsque Chouet lut membre du Conseil, la proposition de Godefroy d instituer un véritable sénat académique fut formulée de nouveau. Le 6 juillet 1696, le jurisconsulte Jacob De Normendie, futur conseiller du roi de Prusse, propose en Deux-Cents « que l’on établisse un Conseil académique comme on le voit ailleurs4. » L’année suivante, il répète la même proposite5 et le procureur général, Théodore Grenus, la soutient, en la développant, devant Mes-
1 Reg. Conseil, 7 juin 1679.
2 Reg. Coinp., J avril 1681: « M1 le Recteur [Chouet] a rapporté que M1' le Syndic Chabrcy fit appeler « mardi dernier Messrs les Scholarques et Messrs les Professeurs avec lui et qu après leur avoir dit « qu’on avoit fait plaintes au Conseil contre Messrs les Professeurs qui ne remplissoieut pas leurs char- « ges comme ils le debvoient, et que l’Académie avoit beaucoup souffert depuis quelque temps : ensuite « de quoy on a fait une espèce de grabeau de chacun de Messrs les Professeurs, tant présents qu’ab- « sents, selon leur ordre, dont le résultat est :
« 1° Mess1-S les Professeurs en Théologie [Philippe Meslrezat, François Turrettini, Louis Tronchin] « sont loués de leur zèle, encouragés et remerciés,
n 2° M1' le Professeur en Hebreu [Michel Turrettini] de même, et exhorté à faire à l’avenir deux le- « çons par jour conformement aux Ordonnances; à quoi il a acquiescé.
« 8° Messieurs les professeurs en Philosophie [Puerari et Chouet] de même.
« i,J Mr le Professeur aux Belles-lettres [Minutoli] exhorté de faire deux leçons par jour exactement. « d autres de bonne heure dans l’Academie et d’exercer ses escoliers par de frequentes déclamations. »
« M1 le Syndic a ajouté qu’il feroit de tout ce que dessus son rapport au Conseil. La Compagnie a u aussi résolu d’examiner à l’avenir ce qui se devra faire à l’egard de ce grabeau qui n’a point encore « esté pralliqué jusqu’à présent. »
8 Reg. Comp., 18 et 25 novembre 1681.
4 Reg. Conseil, ad dieni.
5 Ibid., 7 juin 1697.