‹ Histoire de l'Université de GenèveChapitre 153 sur 213 · EXTENSION DE LA COMPETENCE DES SCOLARQUES · texte numérisé non relu

EXTENSION DE LA COMPETENCE DES SCOLARQUES

sieurs. Un projet d’extension de l’enseignement scientifique s’y rattachait et notamment la création d’une chaire de médecine pour un professeur honoraire.

28 juin 1697. « Sénat Académique. Les'ThéodoreGrenus, Procureur Général, estant entré... a prié le Conseil de se réfléchir sur une Propositecjui a esté fai t te plusieurs lois depuis quelque temps, et q u il croit très importante pour le bien public, touchant nostre Académie : savoir d’établir un Sénat, qui seroit composé de Mrs tes Sclio barques et Professeurs et de quelques Avocats et Médecins tirés du Conseil des Deux-Cents, pour avoir la direction des affaires académiques : Estimant que ce Sénat qui ne seroit composé que de gens de Lettres qui ont voiagé, qui ont visité les Universités estrangères, et qui entretiennent la plus part commerce avec les sçavans de dehors, seroit beaucoup plus propre pour conduire nostre Académie que plusieurs Ministres, qu’ily a. Que ce Conseil Académique, n’estant chargé que de cette seule affaire, y apporte roi t plu s d’application, qu’il a u roi t l’œil à ce que tous les Professeurs, aussi bien que les Régens, fissent exactement leur devoir : Que l’on remarque que les Theses publiques sont fort négligées depuis longtemps; qu’on remédieroit à cela plus aisément par ce moien-là : Que, de la manière que les sciences se traittent aujourd’hui, tout le monde convient que la connoissance des Malhématiques est absolument necessaire pour y réussir; et qu’il es ti me que nous pourrions trouver au milieu de nous un habile homme, qui les enseigneroit publiquement, sans qu’il en coûtast rien à la Seigneurie, en lui donnant seulement entrée dans ledit Sénat Académique, avec le titre de Professeur : Qu’il en peut autant dire d’un Professeur en Médecine ; puis que nous avons de très habiles hommes pour cette Faculté : Qu’ainsi on ne peut douter que l’établissement d’un tel Sénat, ne rendist nostre Académie tousjours plus florissante, et qu’on n’y attirast tousjours plus les Estrangers. Qu’il scail bien que Mess1'5 les Ministres ne manqueront pas de s’y opposer, et qu’il s ne souffriront pas aisément qu’on les prive de la connaissance des affaires Académiques ; mais qu’on peut surmonter cette difficulté, en admettant dans le dit Conseil Acad émique deux d’entre eux, qui y assisteront de la part de la Venerable Compagnie. Enfin : qu’il prie le Conseil défaire une Commission, où Ion examinera cette proposition et où Mess,s les Ministres soient appellés, pour estre ouïs b »

La difficulté prévue par le procureur général Grenus n’était pas aussi facile à surmonter qu’il le pensait. La Vénérable Compagnie, qui quelques mois auparavant l’avait fait prier personnellement, par le recteur, de se désister du projet qu on lui attribuait d’une semblable proposition, délégua le modérateur au premier syndic pour demander avec instances le renvoi de toute

1 Reg\ Conseil, ad diem.

INSTITUTIONS ET USAGES

délibération, en Petit Conseil, jusqu’à ce qu'elle fût ouïe en ses représentations1. Messieurs ne pouvaient que déférer à ce vœu légitime. Mais elle mit une sage lenteur à se faire entendre. Et l’on trouve de nouveau, en 1 008, le conseiller François Mestrezat, puis son parent, le procureur général Abraham Mestrezat, formulant la proposition chère aux juristes2. Cette fois encore ce fut en vain . Nous verrons la question reprise en I 700, par Jacob deNormendie, et finalement résolue grâce à l’intervention avisée de Robert Chouet.

1 Rcg. Comp. , 30 avril, 7 mai, 2 et 8 juillet 1697. Reg. Conseil, 7 juillet 1697.

2 Reg. Conseil , 2 mai, 6 aoûl , 17 septembre 1698.

LE SIÈCLE DES PHILOSOPHES

Page 1