ACADEMIÆ RECTOR
UOD ex luôfu evenire folet, ut vacua ôc (upplenda in Lycæo denuntientur loca> Id hodie diversâ de caufiâ à nobis fit. Ereptus nobis cft
VjrCIariffimus JOHANNES ANTONIUS GAUTIER., per xxvn. annos Philofophiæ Profeffione, fummâ cum laude, defunôtus: At nullo flebili cafu ereptus eft: Sed ut ad Celfiorem îocum, ortui ôc mentis ejus debkum, in Magnifico Senatu, promoveretur j Ut imperia abdicante, Ôcfplendidæ (eneôtuti requiem quærente, Venerando ôc Ampliffimo parente PETRO GAUTIER Frimario Exconlùle* in locum avulfi aller fufficeretur aureus. Hic locus cft jam fupplçndus. Ut ratione-convenientiflimâ, ôc more folito res peragatur, publicæ Decertatiom exponitur UluftrifTima Cathedra , vincenti tribuenda. Accedite igitur , ôc ad ccrtamen vos accingite , quicunque Philofophiam , bonarum artium Principem ôc Magiftram , diligitis , colitis , quibus Academiæ noftræ commodum ôc honor cordi font , Cives aliique almæ Çcnevæ noftræ incolæ. Pro taüPalmâ decertafle,g!onâ nunquam carebito Qui generofo hoc erunt animo , nomma fua apud nos profiter!, ad diem 25C hujufce menfis Mardi, nec ultra, poterunt. Diflertationum ôc Difputationum , in Logicam primiim, Meiaphyficam , ôc Eihicarn ? tum in Phyjïcam Ôc Pneumatologiam , quæ examinis caufiâ fien debent , initium, ad diem Aprilis 2am. fixum eft , tuncque abfque ullâ comperendinanone? Quod Faustum Telixclue Sit , incipientur. DatumGenevæ VF Id- Marc. AnnoÆ. V* MDCCXXII!
LE SIECLE DES PHILOSOPHES
mathématiques, » « de ne demander quanta présent qu'un professeur en philosophie1.» C’était un coup droit aux candidatures laïques. Au concours se présentèrent un pasteur, Ami de la Rive, et deux jeunes savants qui devaient marquer un jour au premier rang de leurs pairs : Jean-Louis Calandrini et Gabriel Cramer. Le pasteur fut élu2. Les deux chaires de philosophie se trouvèrent de la sorte occupées par des ecclésiastiques. Les Conseils décidèrent alors le rétablissement de la chaire que l’Eglise ne demandait pas et, malgré les réclamations des ministres, excipant de ce que, les mathématiques étant une branche de la philosophie, la profession devait être à la nomination de la Compagnie, le Grand Conseil, sur la proposition de Messieurs, y pourvut luimème et y nomma conjointement les deux candidats évincés3. Ils se partagèrent l’enseignement en professant chacun de deux semaines l’une.
« Mr le Recteur a dit que Mr le professeur Jean-Louis Cal end ri n a communiqué à Mr l’ancien syndic Robert Chouet le plan que Mr Cramer et lui avaient été chargés de dresser, par lequel il est réglé que l’un de ces Messieurs les Professeurs en mathématiques fera pendant tout le cours de l’année des leçons sur l’algèbre et l’astronomie et l’autre sur la géométrie élémentaire et les méchaniques, et qu’au lieu que chaque professeur devait faire deux leçons pendant la semaine, l’un fera seul toutes les leçons pendant une semaine et l’autre dans la suivante 4. »
Le plan de cet enseignement alternatif de deux hommes qui ont reçu de leurs contemporains les surnoms de Castor et Pollux de la science genevoise, plan renouvelé des temps héroïques de 1 Ecole calvinienne, fut modifié par la suite, en ce sens que chacun professa pendant un laps de temps suffisamment étendu pour permettre à son collègue de s'en aller poursuivre ses travaux, enrichir les sources de sa pensée, à l’étranger. On se souvient du cas que Chouet faisait des voyages scientifiques, si justement encouragés, de nos jours, dans certaines universités. Les circonstances spéciales qui l’avaient obligé à proposer aux Conseils une double nomination lui servirent, comme on voit,àen faire, pourun temps au moins, une inst itutiongenevoise5.
1 Reg. Comp.. 19 nov. 1723.
2 Ibid. . 5 mai 1724.
3 Reg. Conseil, 9 et 18 septembre 1724. Reg. Comp., 29 septembre.
4 Reg. Comp., 24 nov. 1724.
5 Rapport de la Commission pour la Profession de Mathématiques (Reg. Conseil, 6 sept. 17241 :
« Passant à 1 examen de la Profession de Mathématique, il a été convenu unanimement qu’il était de