LES PROFESSEURS NOMMES PAR LE DEUX-CENTS
11e faisait pas des examens sufïisans, de ce que cette méthode pouvait nuire à la réputation de l’Académie, donner lieu à la surprise, rallentir l’émulation, causer des mécontentemens et des jalousies, lesquelles plaintes ont souvent engagé la Compagnie à prier le Magnifique Conseil de I ni laisser à l’avenir la première connaissance de ces sortes de choses. Il faut avouer que ce sont là des inconvéniens assez grands et bien propres à faire subir la sagesse de l’institution primitive, puisque tous ces inconvéniens n’auraient pas lieu, si l’on s’y était constamment tenu »
Le Conseil chargea Jean Cramer de lui présenter un rapport sur le mémoire de la Compagnie. Il n’était pas difficile de répondre aux pasteurs que la défiance qu’on avait de leur impartialité, dans les élections où un ecclésiastique et un laïque s étaient trouvés en compétition, était absolument ] asti liée par les laits. Leurs notions sur I histoire de I Ecole étaient trop exclusivement puisées dans les procès-verbaux de leurs secrétaires. « Si toutes « les élections de Professeurs étaient entre les mains des Ecclésiastiques, a ainsi s’exprime Jean Cramer dans son rapport, — cela dégoûterait totale- « ment les laïques des études. » Et plus loin : « Toutes les fois qu’un Pas- « teur est élu Professeur, l’Académie souffre quelque diminution de leçons, « et quelquefois cette diminution est considérable 2. »
Quant à l’argument de droit tiré de l’édition, faite en 1(501). des Ordonnances de l’Ecole, le Conseil ne voyait dans ces ordonnances, dont, le texte primitif n avait été soumis par Calvin ni au Deux-Cents, ni au Conseil général . qu un simple règlement administratif modifiable, et de fait modifié à plusieurs reprises, selon son bon plaisir. Il ne niait pas les difficultés, les « bigarrures » trop évidentes, du système d élection auquel on avait été conduit. Mais son avis, ou du moins celui d’une proportion toujours jilus grande de ses membres, était que la Compagnie, « cotais dans l’Etat, » comme celui des médecins et celui des avocats, et non « corjisr/el Etat, » nejiouvait jt rétendre à être le seul collège de lettrés comjiétents 3. Aux yeux de ces adversaires de l’ingérence ecclésiastique, la solution devait être cherchée plutôt dans I institution du Conseil académique déjà mentionné, qui examinerait, avant de les jxirter devant l’autorité politique, toutes les nominations futures. C’était justement là ce que la Coin jiagnie ne voulait à aucun jirix et, en déjiit du (joint de vue des avancés, elle était encore et toujours assez « corjis de l’Etal »
1 Archives de la Compagnie dos pasteurs, Cl< Acnd., \ I /- \ I ///‘‘siècle, pièce II.