T. -A. TURRETTINI ET SES ELEVES
Calvin et lie/.e avaient approuvé leurs ordonnances ecclésiastiques, en désaccord profond avec la discipline de I Eglise établie. Il en résulta, pendant les années 1707 et 1708, entre anglicans et puritains, une guerre de brochures à laquelle les Genevois eurent la sagesse de ne se point mêler. Courtoisement traités dans les deux camps, ils avaient toute raison de se tenir à distance et leurs amis d Angleterre eurent le tact de ne pas les attirer autrement dans la I utte. Il n’en résulta pour eux, dans le monde anglo-saxon , qu'un regain cl e célébrité de l’École dont on rappelaità l’envi l’importance l. Le dix-huitième siècle vi t accourir à Genève les fils des plus grandes fam il les du boyau me- 1 ni et de ses colonies.
Lors de l’enquête poursuivie en I 703, à l’instigation et sous la présidence de Chou et, les chaires de Théologie, dont la plus im portante était encore occupée par le vénérable Louis Tronehin, donnèrent lieu aux dépositions qu’on va lire. On y voi t que le système I raditionnel de renseignement alternatif s est conservé pour les deux chaires de Dogmatique et d’ Exégèse, dont le rang est déterminé par l’ancienneté des t itulaires, tandis que, dans la troisième, renseignement est hebdomadaire et tour à tour consacré à I nue et à l’autre dis-
ci pli ne.
Examen des Professions en rhéologie. « Enfin l’on a fini l’examen des Professions par celui de la Profession en Théologie. Sur laquelle Monsieur le Professeur Tronehin ayant été premièrement ouï; il a rapporté que, sa fonction consistant à expliquer les lieux communs, il faisait un cours complet de Théologie en deux ans et demi ou trois ans, dans lequel, sans s’attacher a aucun auteur particu-
1 Stricturæ brèves iti Fpislolis D. D. Geuevensiuni cl O.roniensi uni imper editis , in-8, Londres. 1707.
( Br. M., 631, K. 20, /.)
Sonie brief remarks on t lie Le tiers of the Geneva and Oxford universities lately uiiblished : in-8, Londres. 1708. (Br. M., h 106 b.)
E. Wells , Epistnia ad autliorein aiwiiyntuin Libellt non Un prideni edtti cui titilla s. Slnetune brèves in Epistolis D. II. Genevensium et Oxoniensiuin ; iu-4, Oxford, «e theatro Sheldoniano, » 1708. (Br. M., 631, K 20, 2.)
Several lettres froin the Pastors o/ tlte Cltiircli of Geneva to the .lrchbishop of t'anterhury, the Hishop of London and the University of Oxford, vit h their answers to t hem. fuit y translated front the La h n and French originals , in-8, Londres, 1707. (Br. M., 110 f. 4.7.)
An apology for the English Dissenters by the confessions of Foreign Protestant Ch are lies, and parlicttlary froin that of Geneva. which ma y serve us an anstver to several lettres froni the Pastors of the Churrlies of Geneva to the . ter h liishop o/' t'anterhury . the Hishop of London and the (niversity of Oxford , with their answers to the ni ; in-8. Londres, 1707. (Br. M., 4 7.7.7 b. /.) Réimprimé en 1708. sous ce lilre modifié : A Fence for the English Dissenters a gai us I the Reflexions cas t upon the ni in the Lettres lie/ vie I those of Geneva and the I nivrrsity of Oxon ; and the Slunders of the Rehearsal us if they were schisnia tics froin ail Churches ; in-8, Londres. 1708. (Br. M., 1 10 f. hi.)
LE SIECLE DES PHILOSOPHES
lier, il s’arrêtait principalement à ce qui n’est pas expliqué, ou à ce qui est mal expliqué dans les cours ordinaires ; qu’il faisait trois leçons dans quinze jours, el la dispute du Samedi à son tour. »
« Monsieur le Professeur Calandrin a ensuite informé l’assemblée, que depuis qu’il exerce la Profession en Théologie, il s’est appliqué à donner l’explication de divers passages de l’Ecriture Sainte, commeaussi de plusieurs chapitres détachés, soil des Evangiles, soit des Epi très ; qu’il avait quelquefois expliqué des É pitres tout entières, d’autrefois des endroits difficiles du Vieux Testament, dans les Prophètes, et qu’il faisait aussi trois leçons dans quinze jours et la dispute du Samedi à son tour. »
« Monsieur le Professeur Pictet, faisant aussi le détail de ses fonctions, a dit qu’il donnait quatre leçons dans quinze jours et qu’il faisait la dispute du Samedi à son tour ; (pie par ci devant, outre les leçons Publiques, il en avait fait à diverses fois chez lui de particulières, que sa santé l’avait obligé de discontinuer; que, pour ce qui est des matières qu’il traite dans ses leçons, et de la méthode qu’il observe, il a un jour de la semaine où il explique l'Ecriture Sainte et l’autre ou il explique son cours de Théologie imprimé ; que, selon qu’il fut chargé parla Vénérable Compagnie, il y a environ deux ans, il interroge les Proposa ns sur son cours chacun à son tour, et il leur fait des difficultés à chacun selon sa portée, et (pie dans deux ans il finit son cours. A l’égard des leçons qui l fait sur l’Ecriture Sainte, dont il a déjà expliqué divers livres, il s’attache à faire des remarques de critique, il montre aux Proposans comment il faut diviser un texte, de quel exorde on se peut servir, quelles sont les difficultés des adversaires, etc. Présentement il explique surtout des passages qui ont rapport aux matières qu il traite dans son cours. »
« M1 le Svndic ayant ensuite demandé les avis de l’ Assemblée, tant sur la manière dont Messrs les Professeurs en Théologie enseignent cette science, (pie sur les changemens qu’il pourrait y avoir à faire : toute l’assemblée a unanimement trouvé qu’on ne pouvait pas remplir plus dignement, avec plus de diligence et avec plus d’utilité pour les Proposans, toutes les fonctions de Professeurs en Théologie, q ue le faisaient Mess1" les Professeurs Tronchin, Calandrin et Pictet; (pi 'ainsi on n avait qu’à faire des vœux pour leur conservation. Et, à l'égard des changemens que l’on pourrait charger Messrsles ProfesseursenThéologie défaire, Mous1 le Professeur Léger a proposé (pie les leçons de Mess1" les Professeurs en Théologie fussent un peu plus tournées du côté de la morale ; ce (pie Mess1" Calandrin et Pictet ont dit qu’ils faisaient toutes les fois que l’ocasion s’en présentait. »
« Mous1' le Svndic Chouet a aussi proposé que quelques unes des leçons en rhéologie se lissent eu particulier, (pie de cinq par exemple, deux publiques pouvaient sullire, ce qui tournerait au soulagement de Mess1" les Professeurs. »
« Mous1’ le Syndic avant mis sur le tapis la Proposition faite en Conseil du retranchement d’une Profession en rhéologie, en substituant en sa place, celle de