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A COB VERAET ET SES COLLEGUES

La Compagnie, obligée de pourvoir coup sur coup à tant de places vides, donna pour collègues à Vernet, Antoine Maurice, lelilsdeson prédécesseur, «■[il i réunit renseignement de I Histoire ecclésiaticpie, donné parLullin, à celui <pie la mort de Tronchin laissait en déshérence, et .Iacques-A ndré Trembley, «pii fut, avec le titre de suppléantde François De Roches, auquel on ne voulait pas enlever son rang, professeur titulaire pendant sept ans. Lu 1757, la mort de Théodore Le Clerc rendait vacante la dernière des chai res de Théologie effecl i-

veinent occupée par un contemporain d Alphonse Turrett i ni, la ch a ire de Langues orientales. File échut au ministre Gédéon LeCointe.

Maurice, élève distingué de Gabriel Cramer et de Cala ml ri ni , avait débuté par une thèse de physique, De actione solis et lun.ee in ærem et aqua.s , et n’avait embrassé la carrière ecclésiastique que sur les instances de son père. Il avait parcouru l’Europe, séjourné à Amsterdam, à Londresetà Paris, lorsqu'il lut agrégé comme pasteur à la V énérable Compagnie. Sa dissertation inaugurale de théologie ( 1 755) est une défense de la Réforme du XV T' siècle et les nombreuses thèses soutenues par sesétudian ts, sou s sa présidence, portent su rl ou t suri histoire ecclésiastique, envisagée à un point de vue très général. L'une des premières est une méditation sur Le génie philosophique envisagé comme l'allié naturel de la religion ; la dernière est une dissertation sur Moïse protecteur de V agriculture et des cultivateurs b

Trembley, consacré au saint ministère en I 730, avait continué de s’occuper, selon la mode du jour, de recherches scientifiques, dont il avait conservé le goût après ses études, mais sans produire le moindre travail qui pût h' faire remarquer. Nommé à lachairede mathématiques en 1752, grâce à des protections plus ardentes qu’éclairées, il était recteur, en 1750. lorsque la Compagnie lui confia la suppléance de François De Roches.

Gédéon LeCointe, au moment où il se présenta pour la chaire de Langues orientales, était revenu depuis quelques années d’un long séjour à l’étranger. Il avait publié en 1750, dans le Journal britannique , en réponse à I Essai de philosophie morale de Maupertuis, une Lettre sur le prix de la vie, datéede Londres, < | m i lavait fai t connaître comme un optimiste à la plume finement taillée et, plus récemment, en 1756, une traduction annotée de la Harangue de

1 Méditatif) théologien de ingenio philosopltico rehgionis sncio . iu-4, Geni'vc, I 77>8.

Ihssert aho criticn de Muse agrienllae.e et ngricolnenni palrono ; iii-8, (ienove, I 700.

LE SIECLE DES PHILOSOPHES

Dêmosthène sur tes Immunités. A ces titres il joignait celui de parent du professeur de Philosophie, Ami de la Rive. C’en était assez pour qu’il fût nommé et de plus appelé à une charge de pasteur en ville. Il se distingua comme prédicateur; mais il ne paraît pas, comme hébraïsant, avoir été au niveau de son prédécesseur1. Nommé aux fonctions de bibliothécaire en 1767, Le Cointe mourut en 1 782. Dès 1 711), il avait cédé sa chaire de Langues orientales à Jean- Louis I )e Roches, le lils, qui devait l’occuper jusqu’au siècle suivant .

Jacques-André Trembley mourut en I 763 et fut remplacé par David Claparède, le théologien le plus distingué, après Verne t, delà (in du XVI IIe siècle. Lu i aussi avait gardé de ses études, achevées en I lollande et en A ngleterrc, le goût de la science; mais il cultivait surtout la philologie et I histoire. Relativement jeune il avaitdisputésuccessivement sans succès, mais non sans mérite, la chaire de Belles-lettres et celle de Langues orientales. I nstallé d’abord comme pasteur à Jussy, il avait été appelé en ville en 1761. Lorsque la chaire de Trembley devint vacante, il s'imposa au choix de la Compagnie.

Claparède fut chargé du douille enseignement de l'exégèseetde la morale chrétienne. Il professa jusqu’aux dernières années de l’ancienne Académie. Son cours de Critique sacrée, quoique resté inédit et tel que Font recueilli ses étudiants, a exercé une influence notable sur la pensée de ses contemporains. Longtemps après lui, au .\ IXe siècle, J -IL Cellérier lui-même a reconnu qu il lui (levai I sa manière de voir en herméneutique.

Précurseur de I école grammaticale, champion décidé du sens multiple de l Lerit ure, David Claparède repoussait la théopneustie littérale, mais i I n’en i nsi stait qu’avec plus de force sur I ins pi ration dos auteurs sacrés. Un grand nombre de dissertations théologiques ont été publiées et soutenues, sous sa direction, par ses étudiants. Lui-même n'a lait paraître qu un seul ouvrage, ses Considérations sur 1rs miracles , réponse habile et éloquente à la Troisième lettre écrite de ta montagne de J .-I . Rousseau. Daté de 1765, ce livre eut les honneurs de la traduction en anglais et en allemand.

Le nom de David Claparède clôt la liste des professeurs du X \ "Il U siècle

1 A lu s ni le do Senebier, on a a II ri bu 6 pa r ci [■eue la il ale de I 750 à la Ira du cl ion de la Harangue sur les Immunités et, comme celle brochure a paru à Leyde, M. Henri Heyer. dans la courte note qu’il consacre à Le Cointe (/. e... xlix) en a conclu qu’il avait séjourné en Hollande. En 1756, Le Cointe postula égaleinenl , mais sans succès, la chaire de Belles-lettres. C'est manifestement en vue de soutenir celle première candidature qu’il lil imprimer sa traduction de Dêmosthène.

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