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L’historien du cartésianisme français, consacrant quelques lignes de son savant exposé à Robert Chouet et à ses successeurs dans l'Ecole de Calvin, s’exprime en ces termes : « La philosophie genevoise ne tarde pas à s'éloigner « de Deseartes pour se rapprocher de Locke. Dans le cours du XVI IIe siècle, « l’enseignement philosophique passe aux mains de physiciens et dénaturait listes ( p i i fortifient cette tendance à l’empirisme (les Jalabert, Calandrini, « Cramer, deSaussure). Mais à la différence de l’empirisme français et anglais, « l'empirisme genevois s’allie au respect pour les principes de la morale et de « la religion et même au plus vif sentiment religieux *. » Cette rapide évolution de la philosophie genevoise et ce caractère profondément spiritualiste, qui reste cependant , par une anomalie frappante au siècle de Voltaire, son caractère distinct if, ne sont pas difficiles à expliquer pour quiconque a donné quelque attention à l’histoire de ses maîtres.
La discipline nouvelle que le génie avisé de Chouet fit t riompher dans les chaires de l’Académie s’appela le cartésianisme, parce que c’était là le titre sous lequel la doctrine des novateurs fut combattue de tous côtés par les gouvernements et par les Eglises. En réalité, c'était moins Descartes qui prenait possession de l’Ecole genevoise qu’Aristote qui en sortait. C’était non pas tant le système du philosophe français qui triomphait que sa méthode de ne se point résoudre par autorité. « Douter avec Descartes, pour bien savoir, c'est comme
1 Fr;i noistjiK' Bouillioi*. Histoire de In philosophie cartésienne. II. 491