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THEODORE TROIS C MIN, PROFESSEUR HONORAIRE DE MEDECINE 58 T

fessions à laquelle on aspirait. Ouant aux médecins, leur agrégation avait lien sur la présentation de « lettres doctorales obtenues en université fameuse, » formalité suivie, à partir de 1679, d’un examen Ces diplômes furent d’abord pi is, presque sans exception, aux universités de Valence ou de Montpellier. Plus tard on en trouve encore, mais Valence, en décadence depuisle milieu du XVI 11° siècle, est remplacée par Leyde, Gœttingue et surtout Edimbourg1 2.

En 17 El, sur l'initiative de Daniel LeClerc, la « Société des médecins de Genève» se constituait, en vue d'organiser des réunions hebdomadaires de tous les docteurs régulièrement agrégés et de publier annuellement les résultats de leurs observations. Ses statuts furent approuvés par le Conseil, le 20 décembre, et elle fut autorisée à tenir ses séances à la Maison de Ville. C’est une des premières de son espèce en Europe. Les procès-verbaux de ses dise lissions, soigneusement rédigés, pi si | u en 171 6, par son premier secrétaire, Jean -Robert Butini, témoignent de son activité éclairée et nous font regretter qu’il n’en ait pas été de même de ceux des années suivantes, ou que les registres n’en aient point été semblablement retrouvés3. Les séances s’ouvraient par une prière; puis un membre avait la parole pour développer quelque sujet fixé dans une précédente réunion . On donnait communication des observations nouvelles qu’on avait pu faire et la discussion s’engageait. Une disposition digne de remarque des statuts prévoyait, pour les écoliers en médecine ayant au moins une année d’études, le droit d'assister aux séances sans y prendre la parole. Manifestement les fondateurs étaient acquis à l idée de créer, à l’Académie, uneou plusieurs chaires de médecine. Un discours du recteur Jean-Antoine Gautier, prononcé aux Promotions de 17 P.), donne même à entendre que c'était là un des buts qu ils se proposaient. L historien de Genève, partisan décidé de l’Université à quatre Facultés, ne s était point laissé refroidir par l’échec de 1708. Après avoir consacré sa première harangue rectorale à fillustration et à la force morale que la République avait tirées, dans les temps passés, du ne religion plus pure et d’une culture plus haute, il prit coin me sujet de la seconde les progrès nécessaires. Parmi ces progrès, outre la création d’une chaire île Droit naturel, il mentionne celle d’un enseignement médical,

1 Reg. Conseil, 13 juin 1679.

2 Livre des Ordonnances de la Faculté de Médecine. (Archives d’Etat de Genève, Mss. histor. JH

s Mss. Bibi de la Société médicale de Genève. (Don du docteur Adolphe Butini.)

T, K SIECLE DES PHILOSOPHES

auquel s’ajouteraient des chaires «I Anatomie, de Botanique et de Chimie1. Nous avons rapporté comment la première de ces réformes poursuivies par Gautier et ses amis cartésiens, celle des études juridiques, lui réalisée par les Conseils. La seconde n’eut pas la même fortune, fille heurtait de front trop d’i ntérêts, elle menaçait trop de situations. Qu’allaient devenir les boutiques dos maîtres-chirurgiens, à privilège de tonsure, rasure, saignée etaut res opérations de main ? Qu adviendrait-il du droit d’y faire des apprentifs capables d’aspirer à la maîtrise? fit les privilèges des apothicaires? lit le droit des (ils de maître, dispensés de l’apprentissage et du stage moyennant deux ans de service dans la boutique paternelle ? fit le droit de succession des veuves ?... foutes ces choses respectables devraient disparaître, si I on se mettait à enseigner à l’Académie les sciences médicales, et s il fallait un jour y étudier pour devenir chirurgien ou pharmacien !

Si l’antique Faculté, jalouse de ses privilèges, ne pouvait faire en sorte que les sciences médicales elles-mêmes ne subissent le contre-coup salutaire de la révolution philosophique opérée dans l’Ecole, elle lut assez forte pour faire échec aux créations nouvelles qui la menaçaient . La Société de I 7 In ne survécut pas à ses fondateurs et la chaire de médecine demeura un demi-siècle à l’état de projet.

1 1 fallait, pour qu’une nominal ion devînt possible, qu elle pùt être adressée à un maître qui lût tout ensemble genevois et européen, c’est-à-dire à la lois soutenu par le crédit d une famille influente et, grâce à une situation per-

1 « Optandum foret Medicinæ Professionem , cui hucusque in Academia locus non fuit , in ea admitti, et quæeunque ad Anatomiam, Botanieam, Chymiain spectanl, apud nos doceri, ei ita (lorere illas Arles, ut ea parle quoque, sua ad Genevam nostram aceederet gloria ; ad quain novam Facultatem erigendam viam slerneret. qiue ante aliquot annos sapientissime fuerat instituta DoctissimorumGenevensium Medicorum Socielas, si quo pede oplinie cepit, irepergal. Si novis illis Muneribus Academicis, non sine al iquibus sumptibus dit aret ur A I henæum nos tr uni, sumptus ill i amplis si me repeuderentur aceessu Studiosorum J u venu m , et il lo ru ni polissimum quos coin mend aret Natalium splendor, qui a b omnibus Europæ Protestantis oris, frequentissimi hue confluèrent : præterquam quod, quæeunque pulcra, quæcunque eximia, aliquo stare pretio. non ita facile parari posse. Ordo rerum parons, ipsamet Natura jussit. Qui b us sic se h a ben t i bu s, si , in quocunque généré Scient iæ alque Erudit ion is institui posset apud nos Juventus, ut fit in Academiis Facilitâtes onures eompleclentibus, splendorque tantum externus, atque lilulus Universitatis, Acadeiniæ Genevensi desideraudus superesset, negolium, nullus dubito, minime operosum foret a Principibus Christianis, præserlimque a Principibus Prolestaulibus, de quibus male mérita non est Respublica nostra . et qui bene volent ia sua eam prosequi semper professi su ni : operosum , inquam, non foret a b illis Principibus, Lileras impet rare b and absimiles illis, quas Pot eut i s si mi Foederati Belgii Ordines, su b line m seculi penultimi Academiæ nostra* concesserunt . » [Joli . Anton ii G au lier l'hilosophiæ Professoris Orationes quatuor, dicte quum statis Academiæ Geneeensis solemnihus, pro Rectoris munere, præesset Annis 1718, 1719, 1720, 1721; in-4, Genève, 1721, p. 19 s.)

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