THÉODORE TRONCHIN, PROFESSEUR HONORAIRE DE MÉDECINE
timent en ajournant, sine die, l’agrégation solennellement annoncée I année précédente ' .
Tronehin fit sa harangue inaugurale le 2(i septembre et, trois mois plus tard, comment ait son cours par une leçon «solennelle,» c’est-à-dire en chaire et en latin, à la chapelle des Macchabées 2. Le retard provenait des difficultés tiu'on avait trouvées à le pourvoi r d’un local où il j>ù t faire des démonstrations pratiques d'anatomie, difficultés telles, tpi elles avaient motivé trois arrêts successifs du Conseil et fai 11 1 faire renvoyer i ndéfinimen t l’ouverture du coursé
1 1 faut dire, et ceci nous parait expliquer bien tles choses, qu’en I 7:28, sur la demande des intéressés, le Conseil avait fait ouvrir une « chambre anatomique» dans la maison, dite du Petit— I lôpital , où chaque année devait être don né « u n cours pu blie soit d’anatomie, soit de chirurgie par u n maître-chirurgien, sous la présidence d’un docteur-médecin. » Dès 1730, il y avait eu conflit entre le corps des docteurs et celui tles chirurgiens parce que le démonstrateur était resté assis, attendant son tour de parole, pendant que le président faisait debout son discours d ouverture. Et l’on trouve un ordre formel de la Seigneurie statuant : « Lors que le docteur Médecin parlera debout « dans rassemblée, le maître Chirurgien qui fera la démonstration sera dett bout, [comme les autres assistants ; lui permettant d’être assis lors que le « Docteur médecin parlera assis. » Ce point fixé, les démonstration s annuel les des chirurgiens avaient continué sans encombre « au nom d u Corps, » conformément aux ordonnances4.
1 1 est assez dans la nature des choses et des boni mes 1 1 ne, lorsque Troncliin fut nommé, sans que la Faculté eût eu le temps de se concerter pour parer le coup, elle n’ait point cherché à faciliter le Recteur en sa recherche du local destiné aux dissections du nouveau professeur. Comment ne pas se défier de l’enseignement publie d’un homme qui avait inventé de faire entrer l’air du temps dans les chambres de malades, de remplacer l'usage tles ordonnances, fondement de I a pot h ica i rerie, par le respect de prétendues lois de la Nat lire,
1 Reg. Conseil. 2, décembre 1754. Théodore Tronehin n’obtint celle iigrégalion qu’en 1764, à la séance même où Tu I annoncée la mort d u doyen Bonel . I Livre des Ordonna ne es (le la l'aeul té de Médecine . 26 mars 1764. )
! Keg. Comp ., 19 septembre 1755. Keg. Conseil, 29 décembre.
3 Reg. Sénat acad., 25 novembre 1755. Reg. Conseil, 18 novembre. 3 el 8 décembre.
4 Livre des Ordonnances de la Faculté cl < • Médecine, 1780. Reg. Conseil, 10 juillet 1780, Cf Ladé, Chronique médicale de Genève : Genève, 1866, |>. 42 ss.
TIC SIECLE DES PHILOSOPHES
et qui se mêlait d inoculer, sans attendre que la question lût tranchée de savoi r si ce n’était point là une opération exclusivement réservée aux chirurgiens?
On espérait sans doute que Tronchin, de guerre lasse, se contenterait de leçons théoriques île médecine, données en latin , à l'Auditoire de philosophie. Il ne l'entendait pas ainsi . A près avoir écarté tour à tour une chambre de II I capital, « la chambre de l’artillerie, » puis une ancienne boutique d’apothicaire, à la Taconnerie, le Conseil, sur les instances du Sénat académique et de la Compagnie, finit par approuver une salle basse gracieusement offerte par un ami de la famille Tronchin, \1 . Labat, dans la même maison que la dite boutique. ht les leçons d’anatomie, en français, commencèrent, à raison d une par semaine Dès 1757, le Sénat académique décidait que les élèves de Tronchin pourraient être inscrits dans le regist rc du Becteur, afin qu ils eussent ledroit d emprunter des livres à la Bibliothèque publique, et leur maître donnait à « espérer qu’il les disposerait à soutenir des examens devant Messieurs les Professeurs a. » Il est infiniment probable que cette espérance n était pas partagée en dehors de l’Académie, car on ne trouve aucune trace de son accomplissement.
Tronchin enseigna cependant à peu près jusqu'en 1766, époque où il quitta Genève pour se fixera Paris. On sait qu’il mourut dans cette ville, en I 7 «S I , comblé d honneurs. Sa chaire, ou plus exactement son titre honoraire, car en le nommant on avait soigneusement stipulé qu il s agissait d une laveur personnelle, — disparut avec lui.
fin I 7<S9, Louis Odier, docteur de I Université d Ldi m bourg et premier secrétaire d'une nouvelle Société dos médecins de Genève, fondée en 1775. crut pouvoir off rir ses services au Conseil. Cette fois la Faculté, avant été dûment consultée par la Seigneurie sur I opportunité de créer une chaire de Médecineà I Académie, répondit sans ambages que la chose présentait peu d a va utages et plu sien rs inconvénients. « Fit . ajoute le secrétai re delà corporation, — quant au rang et au t it re, qui une lois accordés subsisteraient in- " dépendamment du succès des leçons, celui sur lequel on a surtout insisté, » e est <pi 'éleva nt mules membres de la faculté au-dessus des au I res, 1 1 mettai t « nécessairement les simples Docteurs-médecins dans un ra ng secondaire, ce
1 ttogel, /. c.
2 Keg. Sénat acad., 2 mars 175/.
c ' /jcooo/c C / ,>//( ////r
/‘/i(’ !■ JC SSJ'l'll 7iA’ MJUÆCiyi ' Gi