‹ Histoire de l'Université de GenèveChapitre 28 sur 213 · L ENSEIGNE MENT UE LA JURISPRUDENCE · texte numérisé non relu

L ENSEIGNE MENT UE LA JURISPRUDENCE

mais les réformés y étaient mal vus. L autorité ecclésiastique leur imposait des formalités vexatoires, cherchant à les contraindre à une pratique extérieure du catholicisme 1) autre part la vieil h‘ méthode «les glossateurs, transformée par Bariole, y était encore en honneur dans la plupart des écoles. Les Italiens s’entêtaient à ne point vouloir abandonner le système, attaqué, mais toujours debout, de leurs anciens maîtres. Tout cela n’était pas fait pour plaire aux étudiants du dehors.

Bèze, ancien élève comme Calvin des universités d Orléans et de Bourges, eut sans doute l’occasion de se rendre compte de cette situation, durant le long séjour qu’il fit en France et au cours des nombreux voyages qu il fut a | ) | > e 1 é à entreprendre, depuis le colloque de Poissy jusqu’à la paix trompeuse d Amboise. Il est permis de conjecturer qu il revint à Genève avec le dessein de saisir la première occasion favorable pour y faire instituer des chaires de droit. Malheureusement certains conflits récemment survenus au sein de diverses communautés réformées, certains souvenirs personnels, avaient rendu Calvin et ses collègues extrêmement circonspects, ]>our ne rien dire de plus, à l’égard des jurisconsultes dont ils redoutaient l esjjrit remuant et le col roule. Celui qui avait été jadis l’auditeur assidu d’Alciat, le partisan zélé de Pierre de l Estoile, ne pouvait en vouloir aux études juridiques elles-mêmes. C’eut été bien étrange de sa part. Mais il se déliait énormément de ceux à qui l’on en devait confier la direction. « Si « tu as à lutter contre les jurisconsultes, — écrivait-il encore, un an et demi « avant sa mort, àGasjiard Olevianus, de l’Université d’Heidelberg, — sache « «pie, presque partout, <*es gens sont les ad versai res «l«‘s ministres de Christ, « parce «ju ils ne croient |)as pouvoir tenir leur rang, là où l’autorité ecclé- « siastique est solidement établie 1 2. »

On comprend «pie «-es disjiositions du réformateur l’aient détourné de rien faire pour mettre lui-même à exécution, en ce qui concernait renseignement du droit, les promesses inscrites en tête «les Loges Academùv

1 Cf. Brugi, Gli studenti tedeschi e la S. Int/uisizione a l'a do va nella seconda meta del secolo XVI. (Atli del R. Instituto Veneto di scienze lctlerc e arli, 1894) el Cli. Dejob, Marc- Antoine Muret: Paris, 1881, p. 488 ss. (Appendice E.)

2 « Si tibi cura jureconsullis cerlandum est, scias lioc hominum genus ubique fere esse Christi « servis adversum : quia non exisliinanl se graduni su u ni posse tueri, si qua vigeat ecelesiæ aueto- « ritas. » 27 oct. 1562. (Cale. <tp.. XIX, 564.)

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