ANDREW MELVILLE
Des trois lecteurs publics installés par Calvin lors de linauguration de l Ecole, Chevalier, lecteur en Hébreu, lut le dernier à y remplir les devoirs de sa charge. Il prit congé de Messieurs à la lin de 1566. A plusieurs reprises ses services avaient été réclamés par ses compatriotes de la communauté huguenote de Caën, et déjà le réformateur lui-même, qui s entendait assez mal avec lui. avait cherché à lui trouver un successeur1. Mais, comme un professeur d hébreu ne s improvise pas, on lit tout ce que I on put pour conserver Chevalier h1 plus longtemps possible. Il lut remplacé, le 13 janvier 1367, par Corneille Bertrand, un réfugié de la première guerre de religion devenu pasteur à Genève et, par son mariage, neveu de Théodore de Bèze 2.
Né en 1531, à Thouars en Poitou, Bertrand, qui signait en latin Bcrtra/nus, avait débuté à Paris dans l'étude des bonnes lettres, particulièrement de l'hébreu, sous Ange Caninius et sous Mercier, de 1553 à 1556 3.
■Voir diverses lettres de Calvin à Bèze et de Bèze à Calvin, à l’époque du colloque de Poissy. (Cale. op.. XIX, 2 s., 188, 22'* s.) et une lettre de Calvin à Mercier. (Ibid., 561 s.)
2 « Corneille Bertrand. Pour ce que maistre Antoine Chevalier s’est départi de la charge qu’il n avoyt en cette eschole en la profession de la langue hebrayque, n’estant voulu revenir, a esté pro- « posé par nions1' de Bèze, au nom des ministres, qu’ilz ont advisé que ledit Corneille Bertrand fera « la charge fidèlement et au plaisir de Dieu autant que ledit Chevalier. Suyvant quoy il a esté n advoué et a juré. » (Reg. Conseil, 13 janvier 1567.)
3 Ces dates, qu’on peut établir en rapprochant diverses préfaces des ouvrages de Berlram, permettraient peut-être de préciser l’époque, encore incertaine, où Mercier débuta dans sa chaire du Collège de France. L auteur affirme qu’il a suivi les leçons de ce maître, dès le début de son enseignement comme professeur royal. — M. Abel Lefranc, dans son beau livre sur 1 Histoire du Collège de France, fait commencer le professorat. de Mercier en 1547, mais il ajoute de suite à celle date un point d’interrogation.