IV. LA. SANCTION DES ÉTUDES
Calvin, si précis dans ses Loges Acadcmiæ de 1559 sur la question des examens successifs et des promotions annuelles de la Sehola privata, avait complètement laissé de côté celle de la collation éventuelle de grades dans la Sehola publica. On s’occupa, vers la fin du siècle, de remédiera cette lacune.
Les universités du moyen âge faisaient des bacheliers, des licenciés, des maîtres ès arts, des docteurs, en vertu des pouvoirs qu elles tenaient du pape, ou de l’empereur, et d’une bulle de fondation. Les titres universitaires étaient des titres ecclésiastiques, faisant participer celui qui en était revêtu au monopole, détenu par l'Eglise, de l’enseignement public. Calvin, tout en rompant avec le saint-siège, n’entendait pas abandonner ce monopole. Seulement, comme la hiérarchie des grades universitaires sentait le papisme, il la mit de côté, ne retenant que la qualification de docteur, qu’il trouvait dans la Bible, et attachant cette qualification à l’exercice effectif du professorat. Les professeurs de son académie étant élus, après un examen de capacité, par le collège des ministres, qui était l’autorité ecclésiastique suprême, cette élection constituait en fait la promotion à « l’ordre des docteurs, » formellement établi par les Ordonnances de 1541.
Les hautes écoles luthériennes suivirent un chemin différent. Elles maintinrent les anciens grades. Mais elles les laïcisèrent en demandant au prince, ou à son suzerain comme tel, la charte d’autorité qui leur donnait le droit de collation.
Lorsque l’Académie de Genève subit l’influence des hommes d'Etat dont les études s’étaient achevées en Allemagne, on s’occupa d’obtenir à l’étranger la reconnaissance des grades qu elle pourrait conférer. Paul Chevalier lut chargé de recourir sur ce point à la bonne volonté du roi de
1 J.-E. Cellcrier, Charles Perrot, pasteur genevois au XVIe siècle, dans les Mémoires et documents publiés par la Société d’histoire e( d’archéologie de Genève, XI (1859), p. 32.