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LA CHAIRE DES ARTS APRES SCALIGER : ANTOINE DE LA FAYE

charge au Collège. Mandé devant la Compagnie et admonesté, il répondit « avec une extreme asseurance. contentement de sa personne et prenant « Dieu a tesmoin qu il fesoit beaucoup plus que les aultres et ne cherchoit « en rien son particulier. » On lui démontra le contraire. Puis on lui lit offrir par Bèze d échanger ses fonctions de principal contre un poste de pasteur. Il s'y refusa 1. On le pria alors de se décider pour la profession de philosophie et de l'accepter définitivement. Il se déroba de nouveau. Les ministres trouvèrent mauvais qu il voulût continuer de donner le cours à titre extraordinaire et d'en toucher les émoluments, sans abandonner pour cela ses fonctions et son logement de principal du Collège. On le taxa d'avarice et la Compagnie irritée résolut de le casser aux gages. Elle fit appeler, pour lui confier les leçons de philosophie, le professeur Pacius. récemment nommé à 1 école de droit, et décida de pourvoir à la charge de principal «comme Dieu en donneroit le moyen. Il fallut l’intervention de Messieurs pour calmer 1 orage. Sur 1 avis de la Seigneurie, on laissa le jurisconsulte a ses Pandectes et La Faye. ayant communiqué à Mon- « de Beze. auquel il avoit déclaré qu il quitterait volontiers la charge de « Professeur quand on trouveroit quel qu un propre pour la faire, fut toléré pour « voir s'il s acquitterait de sa charge2. La suppléance de la chaire

« où demeuroit feu monsieur Beroard. La Compagnie advis -ue monsi r de Bèz riii

Messieurs de luy bailler lesdilz arases de profess fais s s foi s

que ce teust à la fin d un ehaseun Cartier, cornu stumé de f

à ceste Earlise sans s’y v ml ... logis

Ibid., ad diem.

1 Le lundi 10e [septembre ... Mons- de Bèze a esté prié de savoir de monsieur de la Faye s il « vondroit accepter le ministère pour y servir et la Compagnie le trouveroit a :. auquel il a r : r. v:. « après longues excuses, ju il ne se s - I

" Le vendredi 14me septembre". La Compagnie. res nce le m nsieur de 1

Faye touchant le ministère et désirant ste Eglise pour servir des

. traces que Dieu luy a faites. Fa apellé et prié l'accepter s z fess

philosophie. A quoy. après s’estre ung s rt s s si î

Compagnie se voul it servir le lui faisoit et s

- la condition, mais qu’il ne pouvoit rien faire autrement. La Compagnie apei ■ moyen il vouloit avec la profession retenir aussi la charge de Principal, ce qu'il faisoit manifesten jur faire son pr :fit du logis du faire les -

a comme il n est pas bien possibl smes 1 -

7 peust taire, s est merveilleusement tiens le ceste res s - -

toit quand il n'aeceptoit poinct la profession, sinon qu'on le laissast es nir ph

de principal: et voyant que ceste élection qu'il faisoit de soi-mesme est notre tout bon ordre, s est résolue d’y pourvoir. Par quoy ayant appelle mons

qu il ierott tout ce que la Compagnie luy ordonner it. - fess a

THEODORE DE BEZE

do philosophie lui resta, faute de titulaire. Mais, comme il n’entendait pas y consacrer ses veilles, il fallut bientôt lui accorder, ainsi que précédemment à Joh Veyrat, qu’une partie du cours porterait sur un auteur du programme de l’enseignement secondaire, ceci du reste, comme devant, pour le plus grand profit des béjaunes :

1577. « Le 18e [Juin] fut advisé en la Compagnie que monsieur de la Fave liroil en l’Eschole publique quelque chose de Cicéron à quelques jours de la semaine, pour faire profiter en la langue latine les enfans qui sont de nouveau sortis du College, qui parci-devant n’ont eu nul exercice de la langue latine aux leçons publiques '. »

Quelques mois plus tard, on voit que le philosophe malgré lui médite de se débarrasser de ce qui lui reste à expliquer d’Aristote, pour lire à la place l’introduction à Platon, d’Alcinoüs. La Compagnie se fâche de nouveau et prend de graves résolutions, mais toujours sans effet. Antoine de la Paye est protégé, en très haut lieu, par quelqu’un qui sans doute a des vues sur lui .

« Le 20e [décembre]. La Compagnie estant advertie des difficultés (pie monsieur de la Faye faisoit en sa charge et qu’il vouloit laisser Aristote pour prendre Alcinoiis en ses leçons a advisé qu’il ne liroit Alcinoüs, mais naoC (QfiqvtCaç,

« philosophie si Messieurs l’approuvoyent. Quant à la charge de principal, on y pourvoiroit aussi n comme Dieu en donneroit le moyen. »

« Ce qu’estant communiqué despuis à Messieurs, ils ont trouvé meilleur que monsieur Pacius « demeuras! à la profession du droict, laquelle il faict avec grand tesmoignage et profit du « public... »

« ...Messieurs n’ont esté d’advis qu on se défis! du tout de nions1' de la Faye, mais qu’on s’en « serve comme l’on faict de présent et qu’on supporte jusques à ce que l’on ait quelque aultre « provision... »

u La Compagnie... ayant entendu de l’intention de Messieurs touchant monsieur de la Faye, « a advisé de le tolerer pour voir s il s’acquitteroit de sa charge, de quoy il donnoit quelque « esperance par ce qu’il avoit communiqué à Mons1' de Bèze auquel aussi il avoit déclaré qu’il « quitteroil volontiers la charge de professeur quand ou trouvera quelqu'un propre pour la faire. « Et ceci est advenu après que le mardy precedent, 18e, il avoit esté appellé en la Compagnie « pour lui remonstrer qu’il ne s’acquittoit pas bien de sa charge de principal, ni du gouvernement « de sa maison, et qu’il avoit respondu avec une grande et exlreme asseurance, contentement de n sa personne, et prenant Dieu à tesmoiu qu il faisoit beaucoup plus que les aullres et ne cher- « choit [en] rien son particulier, et que la Compagnie luv avoit monstre tout le contraire. » IHeg. Comp., septembre 157G.)

1 Reg. Comp., ad diem.

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