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Bertram, qui de sa retraite de F rankenthal dédiait, l’année suivante, au landgrave de liesse, un nouvel ouvrage, celui-là d exégèse biblique1, ne rencontra pas en Allemagne l’occasion qu’il cherchait. Ce lut en Suisse qu’elle s'offrit. Messieurs de Berne, sur la requête du recteur de leur Aca-
« philosophie. Arreslé quant à ce poinct de la profession hebraique, qu’on la remette sus et qu’on « leur die que Messieurs désirent Mr Chevalier et au cas qu’ils ne le trouvent propre qu’on leur « accorde ledit Corneille. »
Reg. Comp. : « Le 12 [mai]. D’autant que Messieurs firent entendre qu’ils seroyenl bien aises que <( Mr Pierre Chevalier list la profession hebraique, s’ils se trouvoit cstrc propre, le dit Mr Pierre « Chevalier fut ouy par deux fois proposer en hebrieu, assavoir le vendredi 12 may à midi et le sab- « medi liî may après le presche. Après <|u il cust esté ouy on remit la conclusion qu’on en pourvoit « faire au vendredi suivant. »
« Le vendredi 19 [mai]. On traitta de l’affayre de nions1' Corneille pour veoir s il y auroil moyen « de le ravoir et ce d’autant qu’il se faloit resouldrc de ce point devant que d’arrester le la ici de « nions1' Chevalier. Mais on ne peut rien conclurre pour lors. El pourtant le tout fut remis au « vendredi suivant, jour des censures, où tous les frères se pourroyent trouver. »
« Le vendredi 26e, advisé qu’on iroit devant Messieurs pour leur remonslrer que pour leur honte neur et pour le bien de l’eschole ilz debvoyent lascher de ravoir M. Corneille, attendu qu il avoit « des grâces excellentes pour le regard de la profession hebraique. Que M. Chevalier avoit bien tt de quoy, mais qu’il estoit desja noslrc et qu’on ne le perdoit point. Et que par ce moien on' en « pourroit avoir deux pour un besoing. »
« Le lundi 29e, on fut devant Messieurs suyvant l’advis du vendredi precedent. Messieurs « respondirenl à midi qu’ayant entendu les raisons de la Compagnie pour le regard de M. Corneille, « trouvoyent bon qu’on luy escrivist pour le ravoir. Toutesfois qu ils ne vouldroyenl pas qu’on « luy porlast préjudice au cas qu’il eust desja trouvé quelque bonne condition. »
Reg. Conseil, 29 mai 1587 : « Sp. Corneille Bertrand Sp. Pierre Chevalier. Estans icy comte parus Messrs de Bèze et Jaquemot, ministres de la parole de Dieu, ont proposé de la part de « leur Compagnie que, suyvant la déclaration à eulx faicte de vouloir restaurer l escolc et profes- « sion, ilz ont ouy en icelle ledict s[pectable] Chevalier tant au texte que comentaires et l'ont tt trouvé bien docte et qu’il a bien estudié. Tolesfois, puisqu’il est question de la restauration de « l’escole, que le nom de M1' Corneille est beaucoup plus célébré pour estre iceluy des plus doctes tt qu’on sache pour le jourd’huy, ayant mesmes composé des livres. Joingt qu’il a longuement servy « et d’ailleurs que Messieurs sont aucunement obligés et engagés envers ledict Corneille, l’ayant « adverly tle ne se lier à personne sans l’advis de Messieurs. Avec ce que ledict Chevalier pourroit « succéder audict Corneille s il defailloit. ne sachans personne pour y supléer en ce cas. Cependant « ledict sp. Chevalier se pourra façonner au ministère, etc. Attendu quoy a esté arreslé qu’on « rappelle ledict spectable Corneille suyvant l’advis des ministres. »
Reg. Comp., mai 1587 : « Le vendredi 2 [juin]. On dressa les lettres qu'on escriroit à M. Corneille « suivant les advis pris par ci devant. Et fut dicl qu elles seroyenl présentées à Monsr le Syndique « pour sravoir si elles seroyenl couchées selon l’intention de Messieurs. Messieurs les approu- « vèrent. On en a retenu copie. »
« Le vendredi 30 [juin]. Mr Pierre Chevalier fut désigné pour estre professeur en la langue « hebraique. «
« Le vendredi 7 [juillet]. Après la prière faite selon la couslume, Mr Pierre Chevalier fut esleu « pour estre professeur en la langue hebraique. »
Pierre Chevalier prêta serment devant Messieurs, le 2 octobre, en même temps que Casaubon. rétabli dans sa chaire.
1 Cucuhrationes Franktallenses sive specimen ali</uod interprelatioimm et e.rpositionum. (juas plnrimas in d ifficilliina intæqur utr. Testa mon ti loi a méditâtes est Bonaventura Cornélius Bertramus Picto Thoarsensts : Erankenlhal, 1588. Ce travail, devenu rare, a été réédité à Leyde, en 1700, dans le Thésaurus Hhrorum philologicoruni et hislnricorum . publie sous le pseudonyme de Thomas Crenius.