GASPARD LAURENT
tellement ses sainclz labeurs depardela que, comme vous l’avez esperé, et nous aussi l'esperons, avec la grâce de Dieu, nous en puissions voir les bonnes lettres s’avancer au milieu île vous, el le Royaume de Dieu conformé el amplifié contre toute la barbarie el l’impiété qui l’assaillent aujourd'hui. Dont nous puissions avec vous louer Dieu de vostre avancement, et porter, pour autant de temps qu’il plairra à Dieu, plus aisément la perte que cesle Escole fait en luy, pour le présent. »
« Nous saluons vos bonnes grâces el prions Dieu, Messieurs, qu’il vous accroisse les siennes, soit conservateur de voz Eglises, el les augmente en toutes ses bénédictions. Et demeurons
vos affectionnez lreres el serviteurs »
« Les Pasteurs et Professeurs de /'Eglise et Escole de Genève et au nom d’iceux :
J. Pinault. »
« A Genève le 26e de Novembre 1590, viel slile. 1 »
Le successeur de Casaubon, Gaspard Laurent, fut nommé titulaire de la chaire de Grec, le 7 février 1597. Il devait l’occuper jusqu’en 1633. Il est probable que, depuis sa suppléance éphémère de 1587, dans la chaire de Philosophie, i I avait b intention de se présenter quelque jour comme candidat au saint ministère. En 1591 en effet, il donnait, à l’exemple de Chandieu, un traité de controverse contre le jésuite espagnol Grégoire de Valentia, professeur à Ingolstadt 2. En I 595, il publiait un Consensus des vérités de la religion établies par l’Ecriture, lesécritsdes Pères et la concordance des confessions de loi des églises réformées 3. C’est, sauf erreur, le dernier de ses ouvrages mis au jour avant sa nomination. Le sujet indique une tendance d'esprit décidément théologique.
Cette tendance ne semble pas s’être beaucoup modifiée à la suite de la promotion de l’auteur à une chaire de grec. Car, l'année suivante, nous le voyons reprendre sa cont reverse contre Valentia et refondre son ni émoi re de
1 Mas. Bibl. de Genève, Mf. 197. au (Correspondance ecclésiastique), III.
2 Errorum G. de Valentia ex postremo ipsius libro. (/iiem inscripsit : Itedarguatio inacitiarum. ... Index secundus elencticus : in-8, Genève, 1591. (Cf. Bcrnus, Le ministre Antoine de Cliandieu. p. 1 23, note 2. )
8 Catholicus et orthodoxes Ecclesiæ consensus, ex verho Dei. Patruni script is. Ecclesiæ reformata' confessionum harmonie... depromptus : in-8, [Gcnève|, 1595. (Br. M., 1020, f. 10. t — exemplaire de la bibliothèque de Casaubon, avec envoi d’auteur.)
THEODORE DE B E 7. E
1591 à l’appui des arguments de Chandieu \ puis, en 1602, rédiger un traité des disputes en matière de foi2. Aussi n’est-on pas étonné d’apprendre que, quelques années plus tard, le synode du Dauphiné, cherchant un professeurde théologie pour l’Académie naissante tle Die, demanda Laurent aux Genevois3 *.
Le 22 mars 1605, la Compagnie des pasteurs charge son modérateur « de rendre response et déclarer que nous ne pouvons nous passer dudit « sr Laurent très utile et necessaire à nostre Escholeb »
On doit au successeur de Casaubon l’édition posthume des œuvres dogmatiques et apologétiques de Chandieu, dont il termina lui-même, dit M. Bernus, quelques travaux restés inachevés5. Ajoutons, pour rappeler que le théologien militant a encore cependant quelque droit au titre d’humaniste, qu’on lui doit aussi une traduction latine et un commentaire d llermogène appréciés et plusieurs fois réédités6 7.
La chaire de Casaubon était pourvue. Le maitre, cela va sans dire, n’était pas remplacé. Lui-même le sentit si bien que, répondant à Bèze qui lui communiquait I élection de son successseur en même temps que d'autres nominations, il ne trouva pas de meilleur compliment à faire que celui-ci : « ( Hie le Père des intelligences leur accorde d’être l’ornement de Sparte « selon les dons qu ils ont reçus. Ouant à Gaspard Laurent, j'espère qu il « n aura pas de peine, par son assiduité, à effacer de vos esprits le souvenir « de mes manquements 1 . »
1 De nostra in sacra mentis cuni Domina J rsa Chrislo conjunctione Tractatus : in-8, Genève, 1598. (Br M., 1020 f. 10. 2.)
2 De publiais disputationibus in controvcrsiis de religione observatis . Ex veterum scriptis potis-
simam desumpta: in-8, [Genève], 1602. (Br. M., 1020 /’. 10. 3.)
8 Gaberel, I. c.. II. Pièces justificatives, p. 69.
'l Reg. Coinp., ad diem.
6 A. c.. 86, note 1.
6 Eiuvysvo'je TS/pr, pti~ooixi... Hermogenis ars oratorio... cam versione latina... et commentariis Gaspari /.aurentii : in-8, [Genève], 1614. (Br. M., 1089. d. 5.) Réédité en 1643 et 1644.
7 février 1597. (/,. c.. Ep. 116.) j
Pendant les deux dernières années de son professorat dans sa patrie, Casaubon avait été souvent obligé de s absenter pour ses alla ires particulières. Les registres delà Compagnie des pasteurs en font loi. On le voit du reste et par la matière et par le lieu de publication de ses travaux de 1596 et 1597.