‹ Histoire de l'Université de GenèveChapitre 86 sur 213 · II. — ANTOINE DE LA PAYE, THÉOLOGIEN · texte numérisé non relu

II. — ANTOINE DE LA PAYE, THÉOLOGIEN

Antoine de la Paye, nommé pasteur en ville et devenu recteur depuis son aventure philosophique avec Giordano Bruno, occupa immédiatement la place que lui abandonnait Daneau. Son cours est mentionné, à la date du Ier mars 1581, dans la précieuse lettre de Louis I sel i n à Basile Amcrbach, que possède la Bibliothèque de Bâle. Mais il n’eut pas la satisfaction d’être chargé de la suppléance de Bèze aux mêmes conditions que son prédécesseur. Il dut faire le cours à titre bénévole, indépendamment de scs fonctions pastorales et de sa charge de recteur. L’année précédente, lorsqu’on avait tait du philosophe échaudé un ministre en la ville, il avait été exposé à Messieurs que c’était « tant pour 1 érudition qui est en luy que pour ce aussy qu’il pourra excuser [c’est-à-dire : remplacer les professeurs » absents ou

1 n Daiueus noster nunc agit in ipsis Pvrenæis montibus ubi novam Academiam Rex Navarrenus « instituit. Idem mi hi atque t ibi videlur de nonnullis ipsius script is. et eum jampridem sum hortatus,

" ut potins in excutiendo Lombardo, quam in locis communibus versaretur : sed an hoc persuaserim « nescio. » « Genevte 12 Martii Juliani 1585. » I Ms s. Bibl. Ste-Geneviève, Ep. User.. III, fol. 506.)

Avant la lin de 1588, Bèze avait eu à parcourir, en vue de 1 imprimatur que Vignon était obligé de solliciter du Conseil, la copie de la suite de 1 Isagoge. ainsi qu’il ressort de 1 arrêté suivant :

« Eustaclie Vignon a présenté reqneste tendant à luy permettre d’imprimer la deuxième et troisième « partie des Lieux communs de Mr Daneau veue par M. de Bèze. » (Reg. Conseil, 15 nov. 1583.) Comme d’autre part la préface du 20 août, à la première partie, est suivie d’un avis de l’imprimeur, s’excusant de ne pas donner pour celte fois au lecteur la totalité de l’ouvrage, mais seulement . « pour l’utilité des étudiants, » ces chapitres auxquels l’auteur a pu « mettre la dernière main. » on peut conjecturer que Bèze avait demandé, pour les suivants, quelque remaniement,

Daneau, comme on sait, ne resta à Leyde qu’une année. En 1582 et 1583, sur la demande des ministres protestants de Gand, il enseigna dans le séminaire calviniste de celte v ille. Il fut ensuite professeur à l’Académie de Béarn, instituée en 1566 par Jeanne d’Albret, à Orthez, développée par le roi son tils et transférée en 1591 à Lescar. Appelé enfin à Castres, il y mourut, on 1595, pasteur et professeur d'une école de théologie fondée par lui-même.

Aux nombreux et précieux renseignements qu’a groupés M. de Félice sur la carrière de Lambert, Daneau, on doit ajouter ceux qui ont paru, depuis la publication de son ouvrage (1882), dans le Bulletin de la Commission pour l’histoire des Eglises wallonnes, I (La Haye, 1885), Etude de \\ -N. du Rien sur Lambert Daneau à Leyde. et IV (1890), Lettre inédite de Daneau à Jérémie Basting. datée de Genève, le 1er décembre 1575

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