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ANTOINE DE LA PAYE, THEOLOGIEN

malades1. C’est donc à titre de suppléant provisoire qu’il reprit l’enseignement de Daneau, et ce n’est qu’à la fin de 1583 qu’on trouve, au registre du Conseil, un arrêté relatif à ses honoraires, lequel est le seul document officiel qu’on puisse citer touchant son installation aux côtés de Bèze. Il serait intéressant de savoir ce qui s’est passé à ce sujet, au cloître de S'-Pierre, et quelles discussions souleva le nouvel avancement de La Faye, dans le sein de la Compagnie dont la majorité n’était poi n t encore à sa dévot ion. La dispari lion, déjà anciennement constatée, des cahiers du mémorial relatifs aux années 1579 à 1584 nous laisse dans l’obscurité sur ce poi ut . Quant à Théodore de Bèze, s il eut des illusions sur la valeur scientifique de 1 enseignement (pie pouvait donner son collègue, il est vraisemblable qu'il ne les conserva pas toujours; on peut présumer qu’il tenait avant tout à que le précédent dangereux du professorat de Daneau, indépendant de toute fonction pastorale, ne se renouvelât pas et qu il laissa Antoine de la Faye marcher dans son ombre, monter dans sa chaire, sans trop songer au jour où lui-même ne pourrait plus 1 Occuper et en maintenir l’éclat.

L’arrêté du Conseil, daté du 15 octobre 1583, était conçu dans les termes suivants :

« Sr Antoine de la Faye. Ayant esté conféré avec nions1' de Bèze sur ce que ledit s1' de la Faye demande luy estre establi gage pour les lectures qu’il (aie t en Théologie avec Mr de Bèze. A esté arresté (pie pour ses salaires du passé on luy donne cent florins pour une fois, et pour l’advenir qu’on luy acroisse son gage de cent florins par an pour ladite lecture. »

On voit qu il s’agit encore manifestement de simples appointements de chargé de cours, comparables en tout point à ceux qui avaient été assignés naguère à Nicolas Collaclon. Mais La Faye était passé maître en l’art de se hisser. Le pied qu’il avait dans la place devait lui servir à occuper la chaire, et la chaire à revendiquer un jour la succession de Bèze, dans l’Eglise et dans l’Etat. En 1585, ayant dù, par suite de la maladie de son successeur au rectorat, continuer de remplir cet office près d’un an au delà du terme ordinaire, sa situation et ses services lui parurent justifier un nouveau pas

1 Reg. Conseil, 8 février 1580.

THÉODORE DE BEZE

en avant. Il lit demander à Messieurs de lui accorder un logement spécial, qui lui facilitât l’exercice de ses diverses fonctions:

«Advisé, — lit-on au registre <pie l’on retrouve à point dans les archives de la Compagnie, — qu’on prieroit Messieurs de prou voir M. de la Paye de quelque logis commode tant pour l’Eglise que pour l’Eschole, d’autant qu’il est professeur en Théologie 1. »

L’année suivante, nouveau progrès. Celui que le secrétaire du Consistoire osait encore, en 1579, lors du procès Bruno, appeler malicieusement « ung regent du college, nommé Mu Anthoyne de la Faye, » alors qu il avait droit déjà au titre de lecteur en philosophie, publiait en 158(5 le recueil de thèses que nous avons déjà mentionné et en tête duquel se trouvait son nom, accollé à celui de Théodore de Bèze et suivi delà qualification collective de « professeurs de Théologie sacrée en l’Ecole de Genève 2. » Du coup il attirait sur lui, du moins à l’étranger, une partie de la considération qui s’attachait à la personne de son collègue.

Le procédé eut tant de succès que, vingt ans plus tard, peu de mois avant de se faire attribuer, en qualité de « Premier professeur en Théologie, » « le loû'is du deffunet M1’ de Bèze3, » La Paye y avait de nouveau recours. Voulant dissimuler l’insulfîsance de sa production théologique, comparée à celle des maîtres dont il convoitait la place, il donna, sous le titre d Enclieiridion theolosicum et en le qualifiant habilement, dans sa préface, d’épitomé delà Beligion chrétienne, un nouveau recueil de cent thèses ou séries de propositions élaborées en vue des soutenances de son professorat 4 . ( ) n I i I également, dans

1 Reg. Comp., G août 1585.

2 Voir, plus haut, p. 156, note 2.

3 Reg. Comp., 10 janvier 1606.

4 Encheiridion theologicum aphoristica methodo composilum ex disputationibus Anionii Fayi Ecclesiastæ et sacrarum literarum Professons Gene vie: in-4, Genève, 1605.

Vingt-huit de ces dissertations sont reproduites du volume de 1586. II est probable que le plus grand nombre ont été rédigées par Antoine de la Faye ou du moins sous sa direction immédiate. Cependant ce n est pas le cas de toutes. La dédicace de l’une d’elles au comte de Nassau, dédicace que nous avons eu la chance de retrouver, dans l’édition originale de 1594, contient celte affirmation non équivoque de l’auteur, qui signe Avilis Vigelius : a Lubens eniin l'aleor, alque etiam profiteor, « hæc fore omni a , et singula , qua lia quali a sunl , me ex leclionibus et ore D. Joannis Pisca loris I heo- « logico professoris præslanlissimi, præceptoris moi perpetuum eolendi. excepisse, hausisse, et imbi- <i bisse. Quas quidem thèses, quuni ila.utnunc sunl absolvissem, ut de consensu earum cum verbo « Rei. unica veritatis régula, certior lierem, clarissimo Theologo D. Theodoro Bezæ, præceptori meo O ut desideratissimo, sic maxime observando, legendas et corrigendas dedi, qui quidem lubens tan- « tum sibi temporis sumpsit, ut proposito meo faveret, et mihi salisfaceret, sic ut nunc, ejus qui-

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