‹ Histoire de l'Université de GenèveChapitre 88 sur 213 · ANTOINE DE LA FAYE, THEOLOGIEN · texte numérisé non relu

ANTOINE DE LA FAYE, THEOLOGIEN

la susdite préface, cette recommandation ingénieuse de l’auteur et de son volume : « J’ai toujours estimé qu'il est dans l’intérêt bien entendu de l’Eglise « de ne pas la fatiguer par trop de livres ; cependant mes amis pensent qu’un « recueil de dissertations théologiques, (orme comme celui-ci, ne saurait « nuire, tandis qu’on pourrait en retirer quelque fruit. «

Mais ne devançons point les temps. Nous aurons l’occasion d’apprécier plus tard et [il us complètement le caractère et la va leu r réelle de celui qu i certainement eût été digne delà place à laquelle il se croyait tous les til res, s’il eût sulli de savoir-faire et d’esprit pour être un Bèze ou un Calvin.

Lorsque les cours de droit et de lettres cessèrent en 1 5 S ( > , par suite du congé donné aux professeurs, ceux de théologie ne furent point interrompus. La Paye continua ses leçons, de deux semaines l’une, et, dès le mois de janvier 1587, Bèze s’astreignit à en donner, non seulement chaque quinzaine, à son tour, mais chaque semaine, afin d’atténuer, comme on l’a vu plus haut, pour autant qu’il était en son pouvoir, le coup que l’année terrible portait à I Académie.

« Le Vendredi 20 M. de Bèze offrit à la Compagnie de faire trois leçons en

Théologie, depuis 9 jusquesà 10, en la sepmaine de M. de la Paye, pour entretenir l’Escole en ce temps si fascheux et lors qu’il n’y avoil point de professeurs. La Compagnie l’accepta el le remercia. Suivant cela il commença, le mardi suivant, le livre de Job1. »

L’année 1587 vit sc relâcher la rigueur du blocus auquel le duc Charles- Emmanuel soumettait Genève. Ses propres Etats de Savoie étaient dévastés à la lois par la peste et par la famine, une famine telle que les Genevois, tout réduits qu'ils étaient à la portion congrue, portèrent des vivres à leurs voisins, plus à plaindre encore qu’eux-mêmes. Heureusement la récolte de l’été

« de m consensu, sut» præsidio Clariss. Viri D. Anlonii Fuyi præceptoris mei similiter perpeluum « lionorandi, et G[ratiæ] T[ uæ] nomine publicatæ sint. » (Artus Vigelius, T lies es theologicæ de Sacramentis in généré: in-i [Genève], 1594. — Bibl Prot., Paris.) On sait que Piscator était professeur à l’Ecole de théologie d’IIerborn, fondée, sur le conseil d’Olevianus, par le comte Jean de Nassau.

L ’ Enclieirid ion. de 1605, esl dédié au chapelain du roi d’Angleterre, Jacques Monlaigu, futur évêque de B a th elWells, éd i leur des œuvres de J acques P'1'. Il con tient les diverses disserta lions I héologiqu es énumérées à leur date, antérieurement, dans la liste des publications de La Paye qu’on trouve dans la France protestante (\rK éd.) et dans le Dictionnaire biographique des Générais et des Vaudois. de M. Albert de Monlel.

1 Reg. , Comp., janvier 1587. Cf., plus haut, p. 194.

THEODORE DE BEZE

s’annonça belle et, sitôt qu’on vit l’éclaircie, on s’occupa du rétablissement de l’Ecole, songeant aux moyens de rouvrir, en automne, les cours fermés depuis un an b

Nous avons rapporté le sort qui fut fait, à cette occasion, aux diverses chaires de lettres. Celle de théologie étant restée debout, il n’y avait pas nécessairement de mesures à prendre à son sujet. Mais on peut conjecturer que Bèze commençait à désirer de mettre fin à son tête-à-tête avec La Paye qui, en fait de science, ne pouvait décidément pas supporter la comparaison avec Lambert Daneau. Ce dernier, dont Eustache Yignon était I imprimeur ordinaire, continuait le cours de ses publications et prenait par elles une influence, chaque jour grandissante, sur les académies huguenotes qui s’élevaient cà et là en pays de culture française. Si l’on n’était plus absolument d accord avec lui dans le domaine de la dogmatique et si l’on voulait tenir son rang, il devenait urgent d’aviser. Béze se décida à provoquer la création d’un enseignement nouveau, consacré à l’exposition des « loci communes , » en faveur d’un homme que les circonstances semblaient justement désigner.

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