‹ Histoire de l'Université de GenèveChapitre 90 sur 213 · J E A N - B A PT I S T E ROT AN · texte numérisé non relu

J E A N - B A PT I S T E ROT AN

agitée. On désirait I obliger, mais sans rompre pour cela le lien qui unissait Rotan à la Compagnie, au sein de laquelle celui-ci remplissait d importantes fonctions, notamment celles de trésorier de diverses œuvres. Un seul moyen s’offrait, c’était de lui assurer une situation dans l’Ecole. C’est ce que Bèze proposa. Et comme on désirait réserver la chaire de Grec à Casaubon, il profita de l’occasion pour demander qu’un nouvel enseignement de théologie lût créé. Malheureusement cette combinaison, qui semblait devoir satisfaire tout le monde, se heurta, on a toute raison de le conjecturer, à l’opposition, plus ou moins déclarée, de La Faye. Le secrétaire de la Compagnie est fort réservé .sur ce point. Mais le procès-verbal de 1 « advis » compliqué, présenté au Conseil, au nom des ministres, nous paraît témoigner que Bèze dut, pour arriver à ses fins, user de quelque diplomatie.

4 septembre 1587. « S1' Pierre Chevalier. S'' Jean Baptiste Rotan. Sr Isaac Casaubon. Eglise Italienne. Estans iey comparus Messrs de Bèze et Jaquemot ont proposé que, suivant ce qu’on desire restablir l’Escole, en premier lieu Mr Chevalier lira en hebrieu, estant après de proveoir sa place de Celigny. Quant à la philosophie M. Gaspard [Laurent] s’en acquitte genereusement. Et au regard de la profession grecque on avoit proposé <pie M1 Rotan en faisant sa charge du ministère droit aussy en grec, mays despuis, estant advenu le décès de Mr Bal ban i, ministre Italien, Peglise Italienne, n’ayant aultre moyen d’y proveoir, a esleu ledit s1' Rotan soubz le bon plaisir de la Seigneurie, lequel se remettant à la volonté de ceste Eglise et de la Seigneurie a declairé qu’il ne pourroit demeurer à la Compagnie des ministres sinon qu’il heust quelque charge en l’eglise. Partant il/, ont advisé finalement que, pour le retenir en leur Compagnie comment ilz le d esirent, pour estre homme des plus doctes, il pourra estre presté à l’eglise Italienne pour quelque temps et avec ce faire la profession en théologie. Et par ce moyen il y en aura trois comme aulx aidtres villes fameuses, assavoir ung qui lira le vieil testament, l’aultre le nouveau et le troisième les lieux communs. Quant à son gage il prétend que celuy qu’il reçoit de la Seigneurie luy seroit continué ; comme quant aux 50 escus de gage de l’eglise I lalienne il les donne aux pauvres de ladite eglise. Et au surplus, pour proveoir a la place et charge de grec, ilz ont advisé de restablir et remettre ledit Casaubon qu il/, (lient estre fort docte et qui a acquis renom par des livres qu’il a fa ici imprimer, et lequel s’est monstré volontaire. »

« Lcà dessus estant délibéré, arresté qu’on retienne ledit s1' Rotan pour professeur en fheologie, pour estre retenu de la Compagnie des ministres, et cependant qu’on le preste à l’eglise Italienne pour ung an, au bout duquel ils se

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