DU RECEVEUR GÉNÉRAL
a Cet office, qui existe depuis un temps immémorial, appartient « plutôt k l'Université qu'k notre nation, car il ne lui a été dévolu « qu'k son tour, et après la nation de Lorraine, qui venait autrefois a inmiédiatement après nous (1), et c'est pour cela que nous ne le « mentionnons ici que transitoirement.
a II est confié par trimestre, et il est bon de savoir que celui qui « le reprend n'est pas élu ; mais qu'il est dévolu, autant que pos-
(1) Ce règlement a été f&it en Tannée 1517, mais il a été reporté sur les registres delà nation, après le mélange des Lorrains et des Germains (1558).
ic sible, k celai qui a rempli la charge de procurateur de notre na* a tion, et que même si, au mois de janvier, le procurât vient à vaa quer, celui-là sera receveur général qui, aux calendes d'octobre, a c( été élu procurateur, après qu'il aura rempli son office pendant ce « trimestre (1). »
Cependant, il parait qu'avec le temps, l'administration des deniers universitaires fut complètement modifiée; car, à cette fonction de receveur général, appartenant plus à l'Université qu'aux nations ellesmêmes, imposée à chacun des procurateurs, à quelque catégorie d'écoliers qu'ils appartinssent, à l'expiration du procurât, ce qui démontre qu'originairement les deniers étaient communs, fut ajoutée la fonction de receveur particulier de chacune d'elles, percevant les droits d'entrée et de grades pour leur compte exclusif.
On voit, en effet, dans le registre de la nation germanique (2), figurer après la mention du receveur général celle du receveur de la nation ; les règlements particuliers de chacune de ces nations parlent de cet ofiBcier qui prêtait un serment spécial et rendait ses comptes, non plus au recteur et en même temps que lui, mais au procurateur de celle à laquelle il appartenait.
Cette fonction doit être considérée comme contemporaine de la marche progressive du luxe et des dépenses inconnues dans les premiers temps de l'institution, et le fruit de la sécurité et de la paix qui amenaient aux Universités une plus grande quantité d'étudiants; elle semble ne pas devoir remonter au-delà du XVI« siècle, et ne pas être d'une création antérieure k l'année 1517, époque à laquelle des droits nouveaux ont été imposés aux gradués, et des appointements
(1) De reeeptore generaU, Hoc offidom potiùs est UniTersitatis (uU et precedens]* quàm nationis, quia tamen per circulum et ordinem nationum decurrens, alioqoid ad nostram nationem devolvitor, post scilicet lothoringiae, quse ollm secunda existit ; ideo transeunter saltem hic propter rei ordinem subDOtaTimns; darat autem hujasmodî offlcinm per trimestre; illad qaoque sdendum qaod isie reoeptor in nationenon digitur y sed quantuoMïamque ad eam deyohitor tune iUe hujusmodi gaudet olBcio qui ultime dictae nostrae nationis procuratoris offidum gessit, ut si mense januario Tacet* is erit receptor geueralis qui iLalendis octobribus in procuratorem electns fiiit , postquam oflficium snum per illud trimestre administrayerit.
(2) Hegistre V, de iU4 à 4S96.
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assez considérables aeeordés au bedeau général, au moins à celui de la nation germanique (1).
Mais, quelle que soit l'époque k laquelle cette innovation fut introduite, elle révèle une modification^importante apportée à l'administration des deniers qui cessèrent d'être communs, et nous permet d'apercevoir l'altération du caractère primitif de l'Université.
Il résulte de tout ce qui précède, que dans l'origine, recteur, doc^ teurs, écoliers, étaient, k peu près aujméme titre, membres de l'institution; qu'elle ne formait qu'une association régie par la loi d'une parfaite égalité et réunie par l'amour de l'étude et de la science; rappelons-nous, en eflTet, que les écoliers étaient membres du corps universitaire, prenaient part k ses assemblées générales, élisaient le recteur, enseignaient conjointement avec les docteurs, après l'admission au premier grade qu'ils avaient obtenu, et versaient dans une caisse commune le montant des droits eiigés d'eux^ afin qu'ils fussent employés dans l'intérêt commun.
Cet état de choses ne pouvait exister que dans un temps où tous les membres de l'Université étaient k peu près du même âge, car ce serait une erreur de comparer les centres d'études de nos jours k ceux de cette époque.
Alors l'enfonce se prolongeait ; on était enfant plus long-temps et jeune plus tard : la simplicité et la sévérité des mœurs, entretenues par le sentiment religieux, devaient produire cet effet. Nous avons vu les statuts (2) prohiber la faculté de prendre des grades après l'âge de vingt-sept ans accomplis, d'où il suit que, dans les temps antérieurs
(1) Le règlement porte, entre antres dispositions, qu*à chaque licenciade, le bedeau aurait droit à 7 sous 6 deniers tournois, et à chaque doctorande, à un béret et à une paire de mitaines, ou leur ^leur : A quolibet daetorando pro jure tuo unum bffrretkum et par ehirotecarum, aut f>alorem-
Dans un chapitre précédent, il a été parlé des droits principaux accordés aux bedeaux et de quelques autres charges imposées aux écoliers, soit pour leur admission au nombre des nationaires, soit aux diiférents grades conférés par le corps enseignant; mais il est impossible de suivre dans ces détails accessoires les règlements sans cesse modifiés, abolis et remplacés.
(2) Celui de l'année i«97.
au XVII« siècle, on pouvait étudier bien après cet âge, et entrer dans les grades k une époque voisine de la vieillesse (1).
Ces réflexions nous semblent expliquer une situation qui pourrait paraître singulière, et qui devient ainsi toute simple et facile k comprendre.
La fonction de receveur général fut restreinte à la perception des deniers appartenant aux membres du corps enseignant ; il fut un véritable officier de l'Université; et les écoliers, séparés du corps des docteurs, se trouvèrent obligés d'avoir un délégué pour la perception des deniers, qui, cessant d'être communs, appartinrent à chacune des catégories d'étudiants; il en fut ainsi jusqu'en l'année 1558.
Nous avons rapporté la disposition de l'arrêt réglementaire de cette date, qui, en réduisant le nombre des docteurs à quatre, rendit plus facile l'exercice d'une percq)tion par un receveur général, en rendant d'ailleu» imposable la perception des deniers appartenant à chacune des nations réduites k quatre au lieu de dix, par un percepteur pris dans leur sein.
A cette époque, les deniers semblent avoir repris leur aociame nature: ils redevinrent communs; le receveur général cessa d'être membre de l'Université ; ce fut un véritable fonctionnaire publie pris dans la cité et rétribué par des appointements proportionnels.
fi aous a semblé nécessaire de bien déterminer ces variations nous iiiontrant l'institution dans ses différentes périodes, et, comme Tont &it les statuts généraux, k tous les aspects.
Il nous reste k nous occuper d'un détail plus intéressant qu'on ne pourrait le supposer ; nous voulons parler du costume dû recteur, des docteurs-régents, du scolastique et, dans certains cas, des écoliers.
Nous avons pu, k l'aide de recherches puisées aux sources des temps les plus anciens, des temps intermédiaires et des temps les plus récents de l'existence de l'Université, suivre les variations des costumes laissés, par les règlements, au choix du corps universitaire.
(1) Noas avons ¥U aussi» il est vrai, les statuts prohiber Tadmission des enfants de 10 ans au nombre des écoliers, mais cet abus, né de l'affranchissement des charges publiques accordé aux membres du corps universitaire, et aucpiel d'ailleurs on a mis ordre, ne détruit pas une proposition certaine.
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II est probable que, dans Torigine et lorsque TUniversité était soumise k l'influence exclusive du pouvoir clérical, et que, même après sa soumission au pouvoir séculier, le costume était celui de l'ordre ecclésiastique.
Cette proposition évidente tire sa justification de deux renseignements empruntés k l'art du sculpteur et du peintre.
Il existe, au centre de la ville d'Orléans (1), un petit monument encore connu sous la dénomination de Salle des actes ou des thèses (â).
L'Université, qui n'avait jamais possédé de monum^t et à laquelle diverses congrégatioDS religieuses ont successivement donné l'hospitalité (5), sentit le besoin de faire construire une salle dans laquelle elle pût, loin du bruit, recevoir ses bacheliers, ses licenciés et ses dcicteurs; le goût architectural le plus pur a présidé h son plan et à son exécution.
La rue où se trouvait situé le monastère de Notre-Dame-de^Bonne- Nouvelle, qui, a-t-on dit, pendant les guerres du XV^» siècle, ouvrit ses portes k l'Université, obligée de fuir le couvent des Frères Prêcheurs ou Jacobins, située alors hors l'enceinte de la ville, était en communication directe avec la rue de VÉcrivinerie,
D était tout simple que. les écrivains se groupassent auprès d'une maison occupée par l'ordre savant et laborieux des disciples de saint Benoit ; il était tout simple que l'Université, installée dans ce quartier qu'elle ne devait plus quitter, s'assurât tous les moyens de donner aux diverses parties de ses actes scientifiques les développements qui leur étaient nécessaires.
DuXlV^ auXV« siècle, elle fit édifier ce petit temple k double issue, ouvrant l'une sur la rue de l'Écrivinerie, l'autre sur la rue des Gobelets, cette dernière faisant face aux dépendances du monastère de
(1) Rue de la Préfecture, anciennement de VÉcrivinerie,
(2) L'attribution donnée à cette salle peut être acceptée, car elle a la consécration du temps et delà tradition ; et cependant les élections des docteurs-régents, an cours des années 1036 et 166S, ont en lieu , ainsi que les procès^verbauz le constatent, aux Grandes-Écoles, dans la salle de la librairie, située au premier étage de cet édifice.
(3) Cette assertion, contestée jusqu'ici, sera justifiée aux cours de ce chapitre.
Bonne-NouTelle et aux bâtiments (Jans lesquels l'Université donnait ses leçons (1).
n nous semble indispensable de faire connaître les dispositions de ce monument remarquable, et pour remplir notre tâche k cet égard, nous emprunterons les détails contenus dans un rapport présenté à la Société Archéologique de l'Orléanais (2) ; son auteur s'exprime ainsi :
« Cet édifice est un bâtiment à haute toiture, â pignons pyramiff daux, à fenêtres ogivales, comme on les construisait au XY<» siècle.
« Une ligne de piliers octogones le divise en deux nefs d'égale dicc mension; les deux travées des deux extrémités ont une largeur de (V trois mètres dix centimètres, et les autres de trois mètres seule» « ment.
« Des nervures soutiennent une voûte d'arrêtés et vont aboutir « d'un côté à chacune des faces de l'octogone, où elles se perdent; «r de l'autre, au mur intérieur, plane et sans ornements, où elles « reposent sur des cuh-de^laimpe ; elles se composent d'un listel « entre deux cavets, surmonté d'un talon et d'un autre cavet.
a Des écussons entourés de six ogives à contre-courbes découpés cr forment clés de voâte; ils ont dû contenir des signes de blason a qui aujourd'hui sont effacés. »
Ceux que leurs études ont initié à la science architectonique peuvent, d'après cette description, se former une juste idée de l'effet que doit produire cette charmante construction, dont la hauteur de chaque pilier, du sol k la naissance des nervures, s'élevant ellesmêmes en voûte, est de douze mètres soixante-dix centimètres, et dont le sol a une longueur de sept mètres treize centimètres sur une largeur de sept mètres trente centimètres.
Pour nous, qui hésiterions devant une description en termes techniques d'un m<mument de cette époque appartenant si éminemment k l'art, nous nous bornerons k dire que malgré l'état d'abandon dans
. (i) P»r suite des nouveUes oonstmotiôns dans lesquéUes les Bénédictins Airent ins* tallés , une rue, formée de l'ancien monastère et des bâtiments servant d'asOe à l'Université, auprès desquels on construisit quelques habitations particulières, Ait ouverte ; elle prit le nom de rue de VUniveniU ou des Grandeê-ÉcoUs.
(2) Il est de M. l'abbé de Torquat, auteur de publications estimables sur la viUe d^Orléans.
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lequel celui-«i est délaissé, malgré l'absaice de jour lire des fenêtres ogivales couvertes de planches laissant à peine pénétrer la lumière, il est impossible de ne pas être frappé de la délicatesse et de la légèreté des nervures de sa double voûte, de la science et du goût qui ont présidé à son édification.
Ce sentiment augmente alors que la pensée, se délivrant de tous les objets dont il est rempli, des dégradations dont il est altéré, on se rend compte de ce qu'il devait être alors que ses portes, en harmonie avec les décorations artistiques de l'intérieur, s'ouvraient sur un double perron, que son sol était couvert de dalles laides et brillantes, que le soleil dardait à son lever et à son coucher ses rayons sur des vitraul de mille couleurs, que la chaire sculptée des docteurs et des récipiendaires, les bancs des écoliers, resserraient l'espace, et que la parole des savants empruntait plus d'étendue aux nervures soutenant les voûtes sous lesquelles venaient s'abriter ces studieuses assemblées (1).
Les culs-de^ampe dont parle le passage descriptif que nous venons de rapporter sont composés de statuettes d'une belle exécution ; nous négligerons quatre d'entre elles , parce qu'elles sont absolument en dehors de notre sujet : l'une représentant Dieu le Père sous la forme d'un vieillard k barbe tombant à flots sur sa poitrine, montrant un agneau, figure mystique de Jésus-Christ, et les trois autres, des auges soutenus par des nuages.
Nous ne devons décrire ici que les neuf autres, représentant des docteurs-régents.
L'examen de ces personnages démontre qu'au XY« siècle l'Université n'avait pas encore adopté de costume uniforme ; que tous ses docteurs avaient la faculté de prendre celui qui leur convenait le mieux; et que cependant la diversité du costume de chacun de ceux que les statuettes représentent n'était autre que le costume dérical avec ses variations, suivant la différence des ordres auxquels les docteurs appartenaient; aussi cette variété estrcUe peu importante, et
(1] On sait que les nervures prolongées des monuments gothiquei sont un moyen paissant d'acoustique ; on les considère comme d'excellents conducteurs du son, et neutralisant ainsi l'élétation et la vaste étendue ordinaire de ces monuments.
n'existe-(-e11e même, véritablement, que dans la coiffure de cbacnn de ces personnages.
Le premier d'entre eux, placé dans Tangle nord, a la tête couyerte d'un bonnet conique, dont la pointe tombe à gauche; le rebord de cette coiffure présente des échancrures ; ce personnage porte une longue barbe et tient un volwnen dans ses mains.
Le second, à l'ouest, porte une coiffure basse, k oreilles retombantes, telle qu'on la retrouve dans les portraits des rois des XIY^ et Xy<» siècles; sa robe, h larges manches, est semée de boutons et serrée par une ceinture k rosette ; sa longue barbe descend sur sa poitrine ; il porte dans ses mains un livre ouvert.
Un autre personnage vient ensuite; il écrit avec une plume s\ir un volumen; ses traits portent l'empreinte de la méditation et même du mécontentement; on a voulu sans doute représenter un candidat à la régence refusé, obligé de recommencer ses acU$ probatoires, ou bien un docteur persuadé que son mérite est incompris.
Sa robe est raide et adhérente à sa poitrine ; sa coiffure se compose d'un roiUeau dont les extrémités tombent sur les cAtés; son menton est imberbe, quoiqu'il ait le visage d'un homme fait.
Le quatrième personnage de ce côté représente un docteur tenant un livre ouvert appuyé sur ses genoux ; son index levé lui donne l'attitude de la démonstration ; une espèce de mosette descend sur ses épaules ; un capuchon est ramené sur sa tête , couverte d'une calotte.
Enfin le cinquième personnage est représenté comme le précédent, donnant sa leçon; et comme lui, mais plus vivement, engagé dans une laborieuse explication; ses deux index réunis et superposés indiquent un effort de son intelligence pour faire comprendre un texte obscur ou le sens difficile à saisir d'une proposition ; un livre est dé- |K>8é sur ses genoux ; son capuchon est renversé, et un mortier, laissant apercevoir une calotte, couvre sa tête.
Ces costumes indiquent, ainsi que nous le disions, le caractère clérical de ceux qui les portaient; la seule différence existant entre eux réside dans la coiffure de chacun d'eux, et ne peut être assez importante pour s'opposer à ce qu'on ne considère tous ces docteurs comme aj^rtenant au clergé ; et cependant on pourrait encore âd*
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mettre, en se reportant au costume généralement adopté alors, que ces personnages appartiennent k ce moment de transition où l'enseignement passe des clercs aux séculiers, et voir dans ces différents personnages, le mélange commencé de ces deux classes[de la société dans l'accomplissement de la même tâche.
Le dessin et la peinture nous donnent des renseignements contemporains de ceux que nous venons de produire, et nous conduisent jusqu'aux derniers jours de l'existence de l'institution.
Nous avons remarqué, sur un des registres laissés par la nation germanique, quelques médaillons représentant l'image de Vempùre personnifiée par celle de Charlemagne assis sur son trône, autour duquel sont groupés du côté droit des guerriers, du côté gauche des savants.
Ces médaiUons nous donnent une idée du costume des docteurs.
n serait difficile d'attacher une date k ces essais artistiques, se rencontrant dans le volume Vde 4 SOS à 4596; car il est certain que ce volume n'est que la copie et la restauration, pour employer les expressions des nationaires eux-mêmes, de registres antérieurs, menacés d'une destruction prochaine par la négligence dont ils avaient été l'objet ou par l'injure du temps ; cependant il est probable qu'il appartient k la fin du XY^» siècle ou au commencement du XYI<».
Ce qui est non moins probable, c'est que l'auteur d'un de ces médaillons était animé d'un esprit de critique et de malveillance pour les docteurs lorsqu'il a retracé leur image, tant il les a grimés et rendus ridicules, ce qu'il s'est bien gardé de faire k l'égard du souverain et des guerriers placés près de lui; malgré cette intention ironique, son œuvre nous permet de connaître le costume adopté par ceux qiii se livraient k l'enseignement du droit.
On peut en compter cinq revêtus de robes de diverses couleurs; les uns portent une mosette blanche, sans ornement ou brodée d'or ; ils ont tous la tête couverte d'une étoffe tombant sur leurs épaules, <m de calottes et de capuchons.
L'état matériel de ce médailloa altéré par le temps ne permet pas de déterminer la véritable couleur de ces costumes ; mais ce que l'on voit bien, c'est que les manches des robes sont larges et serrées au poignet, qu'une espèce de bourse pend attachée k la ceinture de
chacun des personnages, et que chacun d'eux porte à l'extrémité antérieure de sa coiffure avancée jusqu'à la partie médiate du front, et au milieu de la coiffure elle-même, un petit rond dont l'effet est tel que sans les lignes tirées à la place occupée par l'organe de la vue, on pourrait prendre ces personnages pour une réunion de cyclqpes; ce rond représente évidempient l'art du lunetier k son enfance.
Tel était le costume primitif des membres du corps universitaire; mais à mesure que l'enseignement se sécularisait, ce costume, tout en gardant l'empreinte de son origine cléricale, dut se modifier; la magistrature avait adopté une robe dont la forme se rapprochait de la soutane : les docteurs-régents, dont plusieurs étaient magistrats, et qui devaient considérer l'Université comme le séminaire de cet ordre, durent, en se séparant du clergé, adopter la robe de l'ordre de la magistrature, émanation elle-même du costume clérical, et n'établir de différence entre elles que celle de la couleur.
On trouve dans V Album de la nation germanique, registre destiné k conserver l'armoriai de chacun de ses procurateurs (1), l'écu de celui qui avait été élu pour l'année 15S0.
Cetécu est dominé par un casque orné d'un cimier; deux personnages le supportent : l'un est un docteur, l'autre un guerrier, symbole de la science et de la valeur réunis; le docteur est couvert d'une robe rouge, avec simarre étroite de soie noire.
Deux bandes de la même étoffe et de la même couleur, séparées de la simarre descendant des épaules jusqu'à la ceinture sur le devant de la robe, dont les manches sont longues et pendantes ; il porte une longue barbe, et son cou, orné d'une collerette espagnole, laisse tomber sur sa poitrine une large peau d'hermine échancrée de chaque côté et terminée en forme circulaire ; la tête est couverte d'une espèce de calotte de velours noir, portant de chaque côté de courts compartiments de même étoffe.
Ce costume pourrait être celui des magistrats ou des docteurs allemands, mais en le rapprochant d'un des tableaux existant k la chambre du conseil de la Cour d'appel d'Orléans, et représentant M« Jérôme
(i) La biblipUièque d*Orléaiis en possède un grand nombre, tous enrichis de médaillons héraldiques de la plus grande beauté , sous le double rapport du dessin et de l'éclat des couleurs et des métaux.
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Lhuillier, docteur-régent de TUniversité de cette ville au commencement du XVU* siècle, on voit bien que dès le XVI« ce costume était généralement adopté ; car celui du docteur-régent français était le même que celui reproduit par l'écu du procurateur allemand; le bonnet seul est différent : il est noir et à peu près semblable k celui que portent les avocats et les ecclésiastiques de nos jours.
Nous avons, en outre, examiné un objet d'art fort précieux, c'est une pièce de satin sur laquelle un artiste a représenté la solennité de l'entrée de M. de Coislin, évéque d'Orléans, en l'année 1666.
Le cortège est disposé processionnellement; le prélat est dans s(hi fauteuil, porté par quatre bauts barons de son diocèse (1); à la tète du cortège, et ceci est peu favorable à l'idée que l'on pourrait se faire des distinctions dont l'Université était l'objet, (m remarque les docteurs-régents revêtus d'une robe droite, avec le cbaperon hermine et le bonnet que nous venons de décrire.
Ces rraseignements ne sont pas les seuls : la bibliothèque piri>lique d'Orléans possède le portrait de son fondateur, M« Guillaume Prousteau, l'un des plus savants professeurs, élu k la chaire de droit civil en l'année 1668. U est représenté revêtu d'une robe rouge sans si* marre et avec le rabat clérical ; enfin le portrait de M« Robert de Massy, qui a succédé k Pothier dans la chaire de droit français, et c'est le dernier état de choses k cet égard, car ce docteur a survécu à l'institution dont il fidsait partie, nous le montre revêtu d'une robe ronge avec simarre et avec le même rabat que celui porté par ses devanciers.
Cependant il parait que cette robe rouge, herminée ou non, avec ou sans simarre, était le grand costume, et que les jours ordinaires les docteurs portaient une simple robe noire; la famille de M. Pothier possède un portrait de cet illustre docteur, dont on a fiiit un assez grand nombre de copies, et la simplicité et la modestie de ses mceùrs l'ont engagé k se &ire représenter sous ce costume.
(1) Les barons d'Yèvre-le-Gbfttel , de Sully , de Cherai-les-Memig et d'Aschères a^ient ce singulier pri^lége : ils y tenaient à ce point qu'ils fidllirent se tuer entre eux et faire tuer leurs gens en 1S43, à Toccasion d*une question de préséance; il s'agissait de savoir lequel de ces barons saisirait le premier l'un des bâtons sur lequel était appuyé le fauteuil de l'étêque.
Nous voudrions pouvoir déterminer celui du scolastique dans les temps anciens, et nous regrettons de ne pouvoir le faire qu'en nous appuyant sur un document d'une date bien récente, et au moment où cette fonction avait perdu l'influence qu'elle ne pouvait, ainsi que nous l'avons dit, conserver, depuis la sécularisation complète de l'institution placée sous sa surveillance et son contrôle ; mais il est permis de suppléer k l'absence de justiflcation sur ce point, et de supposer que ce dignitaire, appartenant au chapitre de la cathédrale, ne devait avoir d'autre marque distinctive que l'habit alors très-somptueux des chanomes, qui à lui seul suffisait pour le distinguer des autres membres de l'Université.
Un procès-verbal de l'élection d'un docteur-régent, dressé au cours de l'année 1742, dit que le scolastique portait une robe de cérémonie à charron violet ; il faut croire que cette robe était rouge, puis^ que les simples docteurs avaient le droit d'en porter une semblable, et que la couleur seule du chaperon le distinguait de ces derniers.
Ce procès-verbal nous apprend, en effet, qu'ils étaient revêtus d'une robe rouge à chaperon de même étoffe.
Quant aux agrégés créés par les édits de Louis XIV, jls portaient une robe noire à chaperon rouge.
Enfin nous avons vu dans la relation d'une des cérémonies auxquelles les procurateurs des nations étaient admis, que ces derniers portaient la robe; il est probable qu'elle était noire et qu'ils ne por^ taient le chaperon qu'autant qu'ils avaient obtenu quelques-uns des grades universitaires permettant cette marque distinctive.
Ces études, auxquelles nous n'attachons qu'une importance bien relative, ne nous ont pas paru indignes d'attention ; il nous a semblé intéressant de constater que si le costume des corps savants a changé, ce n'est que dans quelques-^unes de ses parties accessoires; qu'ils sont restés fidèles k leur origine ; et qu'en se séparant de l'ordre ecclésiastique, ils n'ont point oublié que c'était de lui qu'ils tenaient leur existence et leur gloire.
C'est ainsi que, dans les désignations des dignitaires de la hiérarchie scientifique et enseignante se trouvent reproduites les désignations de la hiérarchie de l'Église ; et que dans la première comme
DB l'université DE LOIS D'ORLÉANS. 3(fô
dafis la seconde on retroave les mots : magister, doctor, reetor, canservator, qui tous appartenaient aux dignitaires du clergé français.
C'est ainsi que jusqu'au XYI« siècle, c'est-ànlire pendant la durée du siècle qui suivit la sécularisation de l'Université, les docteursrégents en droit canon , et même les docteurs-régents en droit civil, s'abstinrent de s'engager dans les liens du mariage, considéré alors comme un acte de la vie religieuse appliqué à la vie civile (i).
Tels ont été la puissance de ces traditions, le profond sentiment qu'elles ont laissé dans les esprits, que, de nos jours encore, après des luttes animées par une philosophie ignorante et haineuse , et poussées jusqu'à la fureur contre le christianisme et ses institutions civilisatrices, la magistrature française et les membres de toutes les compagnies attachées à l'ordre judiciaire portent le costume clérical que leur ont légué les corps universitaires.
Nous ne terminerons pas cette partie de notre investigation de détails sans jeter un coup d'œil rapide sur deux circonstances bien accessoires, il est vrai , mais que , pour être complet , nous ne devons pas négliger , de l'existence de l'Université d'Orléans : nous voulons parler des monuments dans lesquels elle a tenu ses cours et donné ses leçons, et du droit qu'elle eut d'annoncer les heures de ces cours et de ces leçons par le tintement de la cloche.
Nous avons dit, il n'y a qu'un instant, qu'elle n'avait jamais possédé, & titre de propriétaire , un mmiument exclusivement destiné à la recevoir, et qu'elle avait constamment reçu l'hospitalité de quelques congrégations religieuses.
Ce point a été contesté; il ne semble cependant pas contestable si nous consultons les auteurs qui ont spécialement écrit sur les antiquités d*Orléans ; nous ne trouvons que dans un seul d'entre eux (2) renonciation d'une propriété ayant appartenu au corps enseignant dans la ville d'Oriéans (3).
Si cette assertion était justifiée , elle se référerait à un temps bien
(1) Voir Lbvaire.
(3) M. Vergnaud-Romagnési, coUectiooneur éclairé , antiquaire instruit, chercheur laborieux, auquel on doit riniUaUye, dans la ville d'Orléans, des travaux historiques, arcbéoloi^ques et nnmismatiques.
(3) Il la place rue des Batsei-Gùuttièrei, aujourd'hui détruite.
506 Hisaroi&e
antérieur à la constitution de l'Université, non-^eulemait par le pape, mais encore par le roi ; c'est-k-dire à ces temps où le clergé préludait à l'établissement de l'enseignement public, et mélangeait l'étude des lettres k l'étude de la philosophie, l'étude du droit canon k l'examen des propositions intéressant la foi.
L'auteur des Antiquités d' Orléans (1), que sa patience et ses consciencieuses recherches placent au rang d^s indicateurs les plus utiles, ne dit pas un mot de cette première résidence; et cependant il qualifie d'Université, sans contestation, sans examai et sans critique, les écoles fondées k Orléans dès les premiers sièdes de la monarchie.
Il indique, au contraire , le lieu des premières leçons de l'institution qu'il qualifie improprement d'Université comme ayant été le monastère des Jacobins ou Frères prêcheurs (2).
Les raisons qu'U nous donne de ce premier séjour des études paraissent on né peut plus satisfaisantes.
Il est certain qu'au commencement du XPf^ siècle, le monastère des Frères Jacobins possédait deux chaires scientifiques, celle de la philosophie et celle de la théologie. Il était naturel que des hommes d'élite qui professaient le droit canon , science intimement liée a l'étude de la théologie , et ceux qui hasardaient quelques leçons de droit romain , dont quelques parties composaient l'étude du droit cuion, se réunissent, et que ces réunions eussent lieu dans l'enceinte du monastère où s'était faite la première tentative, dans l'intérêt de l'enseignement public.
C'est, en effet, Ik qu'éclata l'émeute de 1309, qui, quatre années après la bulle d'institution de l'Univerûté, força le pouvoir royal k s'en emparer (3).
On doit donc considérer le couvent des Jacobins comme le premier établissement de l'Université k Orléans.
Elle en fit son séjour jusqu'en l'année 1337, époque k laquelle
(S) Les écoliers allemaBds, qui en savaient aussi long que qui que ce soit à cet égaid, désignent, dans plusieurs passages de leurs registres, le monastère des iaoobins comme le siège primitif de l'Université.
(5) Voir le premier cbapitre.
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eUe se retira au centre de la ville, telle qu'elle était alors construite, dans le couvent de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle.
On a expliqué cette retraite par les événements politiques auxquels la France était alors soumise. On a prétendu que le couvent des Jacobins étant situé hors les murs d'enceinte, et n'ayant aucun moyen de protection contre les violences dont il pouvait être l'objet de la part des bandes et des gens de guerre qui parcouraient toutes les contrées, l'Université avait été dans la nécessité de rentrer dans h ville.
Ces suppositions ne sont pas justifiées; cette ville et son territoire semblent avoir joui, au contraire, d'une grande tranquillité à cette époque.
L'Université est rentrée dans la ville par le même motif qui l'avait engagée k se réunir aux Frères Jacobins.
Nous ayons vu, par les lettres-patentes de 1512, qu'en même temps que le roi reconnaissait l'Université d'Orléans et s'en emparait, il accordait à l'Université de Paris le privilège exclusif d'enseigner la théologie, prohibant tout enseignement de cette science de la part du corps enseignant, auquel, par ces lettres-patentes , il accordait le privil^e exclusif d'enseigner le double droit.
Mais, à cette époque, il n'était pas facile d'arriver k des réformes immédiates. Les professeurs de philosophie et de théologie du couvent des Jacobins résistèrent et continuèrent à ne pas séparer l'enseignement du double droit de celui de la philosophie et de la théologie; ils obtinrent même du roi, à raison de ces deux dernières sciences, des privilèges identiques à ceux qu'il avait accordés aux professeurs et écoliers de l'Université de lois.
liais cependant, soit que l'Université de Paris ait élevé des rédamations contre l'infraction aux lettres-patentes de l'année 1312, soit que les chaires des Frères Jacobins fussent abandonnées par les écoliers, il arriva qu'en l'année 1357 elles furent supprimées, et alors le motif qui avait engagé les professeurs du double droit à se réunir aux professeurs de théologie venant k cesser par la suppression de leurs chaires , ils rentrèrent dans l'intérieur de la ville.
Il est même permis de voir, dans cette retraite, le résultat d'une mesure administrative qui, pour éviter la continuation des leçons
défendues el s'assurer que cette défense ne serait pas éludée, prèscri?it la séparation des deux natures d'enseignement , réunies jusque-lk.
Et on pourrait induire d'un passage du stattU des docteurs (reproduit au chapitre des Règlements ginéi^aux), que l'Université se réunissait aussi au monastère des Frères mineurs^ situé, comme le premier, hors la ville et plus éloigné de son enceinte. Nous avons vu , en eiïei, qu'une messe instituée en reconnaissance des privilèges accordés à l'Université d'Orléans par le pape Clément Y avait lieu , alternativement, aux autels des Frères prêcheurs et des Frères mineurs.
n est donc probable que les deux monastères avaient l'avantage de recevoir l'Université et de lui prêter ses salles pour ses leçons; mais cet état de choses est antérieur à la charte royale , c'est-à-dire à la constitution régulière de l'institution ; il est manifeste que depuis, les leçons ont été données au couvent des Frères Jacobins, jusqu'au moment où elles ont été données dans les dépendances du couvent de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, et que l'institution n'a eu que trois résidences bien déterminées.
Ces réflexions nous conduisent à examiner quelle a été la seconde, c'est-k-dire celle qui devint définitive.
L'auteur des Antiquités d'Orléans dit qu'à partir de l'année 1357, ce fut le couvent de Bonne-Nouvelle.
Ici se présente un doute.
On prétend (1) que le monument dont nous avons feit la description au début de ce chapitre fut construit, à cette époque, par le corps des docteurs , obligés de quitter le couvent des Jacobins.
Cette assertion, qui n'est étayée d'aucune preuve, est démentie par Lemaire; elle l'est plus formellement encore par le nombre des écoliers qui suivaient les cours.
A cette époque, les écoliers affluaient à l'Université d'Orléans, et quelles que fussent les divisions des heures de leç(ms, il eût été impossible que la salle de la rue de l'Écrivinerie les contint tous.
Il est donc plus probable que cette salle isolée, destituée de
(I) Beauvms de Préaux, Histoire de la viUe d'Orléans.
DE l'université DE LOIS d'orléans. 309
toute construction accessoire nécessaire à l'administration d'une institution de cette nature , quelque simple que l'on suppose les rouages bureaucratiques de ces temps, et en admettant même qu'ils fonc* tionnassent alors aux domiciles respectifs des agents de l'institution , a été édifiée bien après l'entrée de l'Université h Bmne^Nauvelle, et lorsque le corps universitaire éprouva le besoin d'ajouter à ce qu'il devait à la bienveillance de la savante congrégation qui l'avait accueilli.
Cette salle fut donc, la seule inspection et la tradition en font foi, un lieu exclusivement consacré aux thèses et aux examens.
On a prétendu cependant que l'Université , depuis sa translation k Bonne-Nouvelle, et au cours de l'année i498, avait reçu de la munificence royale un monument indépendant de cette maison religieuse, dans lequel elle continua ses cours.
Il est presque évident qu'il en fut ainsi. L'ancien monastère de Bonne-Nouvelle, remplacé par l'immense construction servant aujourd'hui d'hdtel au préfet du Loiret, était situé au levant de la rue de l'Université ; et cependant on a vu au couchant, c'est-à-dire en en face même des anciens bâtiments occupés par les Bénédictins, un monument digne, a-t-on dit, de sa destination, composé d'une salle au rez-de-chaussée , dans laquelle se suivaient les leçons , et d'une salie au premier étage, servant k la librairie, appartenant k la nation germanique, et qu'elle mettait a la disposition des écoliers (1); et ce sont ces constructions qui forment la rue connue, ainsi que nous l'avons dit , sous le nom de l'Université ou des Grandes-Écoles (â).
L'Université a donc eu trois résidences distinctes et une succursale : la première , au couvent des Jacobins , aujourd'hui transformé en caserne pour un régiment d'infanterie, le monastère de Bonne- Nouvelle et le bâtiment construit en face même de ce couvent.
Nous n'insisterons pas sur le droit concédé k l'Université de posséder une cloche; ce droit, admis partons les écrivains sur la ville d'Orléans, est attesté d'ailleurs par la présence d'un suppôt désigné sous le nom de tonneur, distinct d'un autre suppôt, l'Aor-
(1) C'était une des conditions de la formation de cette bibliothèque. (S] Ce monument, démoli au cours de Tannée 1829, a été remplacé par une maison d*école habitée par les Fi:ère$. de la paroisse de Saint-Pierre-le-Puellier.
510 HISTOIHE
logeur, el par les termes du règlement du 10® jour des kalendes du mois de mai 1508, dans lequel on remarque ces mots : Cum eril (lies clora , ad pulsationem alicujus campanœ ad hoc deputatœ intratU scolas.
Ce droit n'était cependant pas indifférent; la cloche était alors un signe religieux; son usage date du Y» siècle, mais il s'est propagé lentement et ne dut être appliqué qu'aux monuments de la religion et à l'indication des cérémonies du culte. Il fallait donc une immixtion bien grande avec les corporations cléricales pour être associé à ce droit qui leur appartenait exclusivement.
L'Université d'Orléans a joui de cette prérogative; elle est une marque de son origine ajoutée à toutes les autres; elle Ta conservée , parce qu'alors ce^ qui était acquis ne cessait pas , et parce qu'à ce droit se rattachait le souvenir de son caractère primitif et de son mélange avec l'ordre ecclésiastique, auquel elle n'a cessé complètement d'appartenir que dans les derniers temps de son existence.
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