DU GANGE
Au moment où Vb Prousteau étudiait le droit k Orléans, et comme si un lien sympathique eût réuni k l'Université de cette ville les deux hommes qui ont le plus fait pour la science , l'un par son immense libéralité , l'autre par ses immenses travaux, se trouvait un écolier qui devait conquérir une gloire considérable , et laisser k la postérité le tableau de toutes les institutions passées , par les recherches les plus sq[>profondies de leur origine et la révélation des mystères de Tancien langage.
DE l'université de LOIS d'orléans. 381
Charles Dafresne Du Gange, Tauteur du Gtosmire, né h Amiens, le 18 octobre 1610, reçu ayocat en 1651 , abandonna le barreau pour s'attacher au bureau des finances de la Picardie en qualité de trésorier de France, dans le but de se livrer entièrement à la t&cbe qu'il avait entreprise.
Historien, géographe, philosophe, généafogiste, antiquaire, paléologue, numismatiste , il réunit tous les genres de connaissances.
Il n'est pas nécessaire de pousser plus Idn l'étude d'une vie paisible et scientifique , sans accidents,. qui ne s'est signalée que par les résultats les plus surprenants que puissent offrir la patience, l'amour du travail , unis k une vaste intelligence.
L^ngratitude et l'opbli semblent avoir été la seule récompense que Du Gange ait obtenu pendant sa vie et long-temps après sa mort.
Jlais les yeux se sont ouverts sur cette gloire, reléguée dans les bibliothèques publiques et h peine dans quelques collections d'érudits ; elle se montre maintenant au grand jour, et les amis de l'étude , qui ont tant d'obligations à cet homme vraiment extraordinaire , ont payé la dette de leurs devanciers.
Sur la demande de la société des Antiquaires de Picardie, qui, la première, éleva la voix pour réparer la faute des temps antérieurs, la statue de Du Gange vient d'être inaugurée, entourée des hommages des chefe du gouvernement et de l'adioainistration publique, des députations de toutes les sociétés scientifiques de France et de la population de sa ville natale , fière d'avoir vu naître dans ses murs celui dont les travaux serviront de base k la comparaison des institutions anciennes avec les institutions présentes et k venir.
Hommage unanime et pur s'adressant k tout ce qui constitue la vraie gloire : l'utilité , le travail et la vertu modeste !
PRÉVÔT DE lA JANNÈS.
Né k Orléans, en 1676, Prévôt de la Jannès se destina d'abord k Élire partie de la compagnie de Jésus, k laquelle il devait son éducation ; L'état de sa santé s'y étant opposé, il fit ses études de droit, on ne dit pas dans quelle Université.
En 1720, il obtint une charge déconseiller au présidial d'Orléans.
n quitta bientôt les fonctions judiciaires pour une chaire d'agrégé k l'Université delà ville, qu'il était revenu habiter, où le rai le nomma, quelque tempi après, professeur de droit français.
Il fit son cours avec une grande distinction , et le prolongeait par des leçons particulières qu'il donnait aux écoliers dont il remarquait le zèle et l'aptitude.
C'est par ses soins que l'Université reprit l'ancien éclat , alors un peu affaibli, dont elle avait brillé autrefois. Il obtint, par sa persévérance, plus de solennité dans la réception aux grades universitaires; €t fit renaître une émulation qui avait di^aru devant la faiblesse des examinateurs et rabsence«id'une publicité suflSsante donnée aux actes probatoires.
Cette tâche honorable fut complétée par Pothier, qui lui succéda dans sa chaire.
Travailleur infatigable , il a éultivé les lettres avec le même succès que le droit, et laissé un assez grand nombre d'ouvrages et de discours.
Comme jurisconsulte, il traita surtout les matières du droit fiançais.
Entre autres : Des principes de la Jurisprudence française;
De la nécessité de fixer la Jurisprudence par des Uns qui étendent eu qui resserrent les principes du droit naturel, suivant l'utilité des citoyens;
De la nature des preuves.
Il est aussi l'auteur d'un Eloge de D^UUande et d'une HiOaire de la vie et des ouvrages de Domat.
Il mourut le 26 octobre 1 769 , à l'âge de 55 ans.