‹ Histoire de l'Université de ParisChapitre 12 sur 18 · US · texte numérisé non relu

US

tafis de son administration ; elle restreignit les dépenses, et f if», dans an statut fort curieux , fes frais qu’pn devait faire en perlâmes occasions. 4 sa fête , par exemple , qui tombait le jour de Saint-Guillaume, l'office était célébré par un prélat, et deux écus d’or Ôtaient alloués pour son dîner. Si c’était un jour gras, le repas devait se composer de deux chapons, deux lapereaux j deux perdrix, deux bécasses ; «pétait maigre , un brochet, une carpe , une anguille , deux quartes de yin et une quarte d’bypocras 1 .

Les études devinrent plus fortes et furent mieux dirigées. En 1503, la faculté des arts porta un règlement très-sévére pour réprimer l’excessive indulgence des professeurs dans les examens ; « Car, disait le recteur, on reçoit des ignorants, des bouviers, qqi non-seulement ne comprennent pas Aristote, mais n’entendent pas même les premiers éléments de la langue latine. On juge que nous ressemblons à ceux que nous admettons dans notre corps; en conséquence, on abroge nos privilèges, » Louis XII , qui forma la bibliothèque la plus nombreuse que l’on connût alors, encouragea les littérateurs nationaux et attira en France les savants les plus distingués de Fitalie. Il faut citer, parmi eux, Lascaris et Jérôjne Aléandre. Lascaris rendit de grands services aux études classiques par la correction des manuscrits anciens , et forma Guillaume Budé et Pierre Danes , deux gloires du règne suivant. Aléandre vint, en

1 Crévipr, V, 31 •

1 508 , professer, à Paris, le latin , le grec et l’hébreu ; Vatable apprit sous lui la langue hébraïque, et en 1512, ses autres disciples firent imprimer à leurs frais un lexique. Un professeur de l'Université, nommé Tissard, fit également imprimer le premier, en France, des livres grecs, et dédia, vers 1500, au duc de Valois, plus tard François I«, la première grammaire hébraïque qu’on ait vue dans notre pays. Les utiles travaux de Budé datent de cette époque 1 . Enfin, on peut joindre à ces grands noms, ceux de Montjoie, de Ferrabot, de Jean Texier (Ravisiw Textor ), qui rivalisèrent de zèle et de talent avec les professeurs étrangers. Mais les études ne prirent cependant une véritable extension que sous le règne de François I*r.

Ce régne commença , comme le précédent , par une violente contestation entre le roi et l’Université. Mais cette fois la compagnie était excitée par un louable motif. François I er ayant consenti à l’abolition de la pragmatique-sanction , le parlement et l’Université protestèrent avec énergie contre cette illégalité, contre cet abus du pouvoir. Le clergé déclara que l’Église gallicane , assemblée en concile , pouvait seule prononcer si le concordat remplacerait la pragmatique ; le parlement refusa de l’enregistrer jusqu’à la décision du concile national. François, en véritable despote , soutint le concordat par des violences. Le parlement, intimidé, “fut obligé de céder;

ma

ni

PC

la

1 Précis de l'hist. de France, par MM. Cayx et Poirson.

ne r.’üNivERjm:.

mais les conseillers firent une protestation entre les mains de l'évêque de Langres et déclarèrent à l’Université : « Que la publication du concordat ne lui porterait aucun préjudice, ni à ses suppôts, touchant leurs privilèges, et que dans tous les procès, la cour, nonobstant l’enregistrement de l’édit d’abolition, jugerait selon la pragmatique-sanction, ainsi qu’elle avait accoutumé. » L’opposition du corps universitaire fut plus persistante encore que celle du parlement. Elle convoqua, aux Bernardins, une assemblée générale de ses membres, le 27 mars 1518. On y convint « d’appeler du concordat au futur concile, au pape futur et au parlement; de notifier cet appel au parlement; de défendre aux libraires (qui étaient, comme on l’a vu, sous la dépendance de l’Université) d’imprimer ou de vendre le concordat , sous peine de perdre leur état; et enfin de prier l’archevêque de Lyon , primat du royaume, d’assembler l’Église gallicane. » Le procès-verbal de cette délibération fut affiché le même jour dans toute la ville , et les prédicateurs firent retentir les églises de leurs plaintes. Une aussi vive résistance irrita le monarque; il fit marcher des troupes sur Paris; on arrêta quelques-uns des plus exaltés, et l’Université, menacée de toute la colère du prince, fut obligée de fléchir et finit par se soumettre à la volonté royale 1 .

Ce fut sous le règne de François I er que commencèrent ces que , lies religieuses , cette distinction

4 M. Dubarle, II, . J

Page 1