‹ Histoire de l'Université de ParisChapitre 16 sur 18 · IT · texte numérisé non relu

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mois, et où assiste le corps de l'Université , part du collège Louis-le-Grand dans l'ordre suivant, où chacun est à son rang. Les quatre censeurs sont dans le centre , précédés du courrier de l’Université , guide pour les cérémonies. La croix est portée par un religieux augustin, accompagné de deux religieux du même ordre qui portent les chandeliers. Us sont suivis par les Cordeliers, les Augustins, les Carmes et les Jacobins; les maîtres ès-arts en robe noire. Les Billettes , les Blancs-Manteaux , ceux de Sainte-Croix, ceux du Val-des-Écoliers, les Trinitaires, les Préraontrés, ceux de Citeaux , l’ancien ordre de Saint-Bénoît, ceux de Cluny, forment le chœur ; mais comme la plupart de ces ordres ne viennent plus , l’Uni versilé a établi douze chantres séculiers qui font le chœur avec six chantres bénédictins de Saint-Martin *dcs- Champs, qui tiennent à honneur de remplir l’ancien ministère de leur ordre dans celte cérémonie. — Les bacheliers en médecine, en robe noire fourrée herminée , précédés du deuxième appariteur avec sa masse. — Les bacheliers de la faculté de droit , immatriculés dans la faculté des arts, en robe noire et chaperon herminé , précédés du deuxième appariteur avec sa masse. — Les bacheliers en théologie , en robe noire et fourrure , précédés du deuxième appariteur. — Les docteurs régents de la faculté des arts, et les procureurs des quatre Nations , en robe rouge herminée , précédés chacun de leur second appariteur avec leur masse. — Les docteurs és-droit, en robe rouge et chaperon herminé. précédés de leur

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premier dppariteur, en robe Violette fourrée de blanc, aVec sa masse. — Les docteurs régents en médecine, en chape et fourrure , précédés de leur premier appariteur, en robe violette fourrée de blanc, avec sa masse. Les docteurs en théologie, en robe noire et fourrée, précédés de leur premier appariteur en robe violette, fourrée de blanc. M. le Vecteur en robe violette et bonnet carré de même, avec le màntelet royal et l’escarcelle de velours violet, garnie de glands d’or et galons, accompagné du doyen de la faculté de théologie, et précédé des quatre premiers appariteurs de la faculté des arts, avec leurs masses. — Les syn* die, greffier et receveur de l’Université suivent immédiatement M. le recteur, en robe rouge herminée. Les avocats, procureurs de l’Université, au parlement et au Châtelet, ont droit de venir à la procession. À la fin de la procession , sont les officiers qui ne sont point obligés par leur état d’avoir aucun degré dans l’Université, savoir : les imprimeurs et libraires jurés, au nombre de douze, compris deux des anciens syndics ou adjoints, les quatre papetiers jurés, les quatre parcheminiers jurés, les deux enlumineurs, les deux relieurs et les deux écrivains jurés. Les grands messagers jurés y assistent, précédés de leur clerc ou héraut revêtu d’une tunique de velours pourpre, parsemée de fleurs de lis d’or.

>> Quand la procession arrive au lieu de la station, le corps de l’Université est reçu par le clergé en chape, avec la croix, l’eau bénite et l’encens. Lorsque M. le recteurentre, le clergé l’accompagne jusqu’au chœur.

M. le recteur se place au côté droit de la stalle haute, en face du maître-autel, ayant devant lui les appariteurs de la faculté des arts. Les docteurs en théologie et en médecine se placent en suite de M. le recteur. Les bacheliers de ces facultés sont dans les stalles basses vis-à-vis leurs docteurs. Au côté gauche, les docteurs professeurs de la faculté de droit, les procureurs des quatre Nations , les trois grands officiers de l’Université, et les docteurs régents de la faculté des arts. Les maîtres ès-arts, qui sont en robe noire, sont dans les stalles basses. — La messe est célébrée par le curé de la paroisse s’il est docteur, sinon par le doyen de la faculté de théologie, qui officie lorsque la procession va dans les maisons religieuses. Les diacre et sous-diacre sont aussi docteurs. Les religieux bénédictins de Saint -Martin -des -Champs portent chape dans le chœur avec le bâton cantoral, et chantent l’office aidés des chantres séculiers de l’Université. 11 y a sermon dans l’église de la station par un docteur en théologie en fourrure, et non ailleurs, dans les églises de Paris, avant midi. Après la messe, M. le recteur, suivi des doyens des facultés, des procureurs des quatre Nations , des grands officiers et autres maîtres et suppôts de l'Université, s’approche de l’autel , du côté de l’évangile, et remercie le célébrant par un discours latin que prononce un orateur qu’il choisit, auquel le célébrant répond aussi par un discours latin ; ensuite la procession retourne au collège Louis-le-Orand , et le corps de l’Université est reconduit par le clergé avec le

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même ordre qu’il a été marqué pour la réception.»

J’ai déjà eu occasion de donner quelques détails sur les droits et privilèges du recteur *. « Sa puissance, dit un écrivain du siècle dernier, est si grande sur les quatre facultés, qu’il peut faire cesser tous les actes publics et empêcher de donner des leçons; et même, le jour de sa procession, il a ce privilège, qu’aucun prédicateur ne peut monter en chaire. » Le recteur présidait le tribunal académique s , qui se tenait au collège Louis-le-Grand, chef-lieu de l’Université, le premier samedi de chaque mois. Les membres de ce tribunal étaient les doyens des facultés de théologie, de droit, de médecine, et les quatre procureurs des quatre Nations, qui composaient la faculté des arts. Le procureur-syndic de la compagnie, le greffier et le receveur assistaient aux séances. On y jugeait toutes les contestations qui s’élevaient entre les suppôts de l’Université, et les appels avaient lieu au parlement. L’Université de Paris avait deux chanceliers, l’un à Notre-Dame et l’autre à Sainte-Geneviève. Les conservateurs de ses privilèges apostoliques étaient les évêques de Beauvais, de Meaux et de Senlis, et le prévôt de Paris conservateur des privilèges royaux.

11 y avait, ainsi que nous l’avons vu, quatre facultés : celles de théologie, de droit 1 * 3 , de médecine,

1 Voyez ci-dessus , pages 60 et suiv. — Le dernier recteur de l’Université fut M. Binet, l’un des traducteurs d’Horace.

1 Ibid., p.89.

3 « Après vingt ans d’exercice, chaque professeur de la faculté de droit prend le titre de cornes, qui ne veut dire autre choseque cornes

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dirigées par des doyens, élus tous les ans; et la faculté des arts , qui eût dû porter le nom de faculté des lettres. Cette dernière était divisée, comme je l’ai dit ailleurs ’, en quatre Nations, dont le chef était un procureur ; chaque province des quatre Nations avait un doyen, qui était le plus ancien régent.

En 1789, il n’existait plus à Paris que dix collèges en plein exercice : c’étaient les collèges d’Harcourt (rue de la Harpe), du cardinal Lemoine (rue Saint- Victor), de Navarre (rue de la Montagne-Sain te-Geneviève), de Montaigu (rue des Sepl-Voies), de Plessis Sorbonne (rue Saint-Jacques), de Lisieux (rue Saint-Jean-de-Beauvais), de la Marche (rue de la Montagne-Sainte-Geneviéve), des Grassins (rue des Amandiers), Mazarin (quai Malaquai), et de Louisle-Grand (rue Saint-Jacques). Les élèves de ces dix collèges avaient, à la fin de l’année classique, un concours général. En 1733, M. I^jendre, chanoine de Notre-Dame, auteur de plusieurs ouvrages, légua à l’Université, pour cette nouvelle institution, une rente annuelle de 1,900 livres. Les compositions avaient lieu dans t*ne salle des Jacobins de la rue Saint-Jacques, et la distribntion des prix, dont la première date de 1747, se faisait à la Sorbonne d’une manière

consistorianus , c’est-à-dire conseiller d’État, qualité qui ne se donnerait point en français , et qui cependant iui attribue le droit de se faire expédier des provisions dcconscillerhonoraire au Châtelet. » Hurtaut, IV, 747.

* Voyez ci-dessus pages 57 et suiv.

de l’uiuversité.

solennelle, en présence dn parlement. Dans l'origine, le concours n’existait que pour les classes supérieures j mais il s’étendit peu à peu jusqu’à la sixième.

L’Université avait droit à la nomination de quatorze bénéfices : les trois cures de Saint-André-des- Arts, de Saint-Côme, de Baint-Germain-le-Vieux, et onze chapellenies. Elle avait sous sa juridiction les imprimeurs et les libraires* ainsi que les maîtres de pension, qui prêtaient serment entre les mains du recteur, après avoir subi un examen *.

Les écoles secondaires, connues sous le nom de petites écoles, étaient placées sous l’autorité immédiate du chantre de Notre-Dame, qui exerçait également une juridiction étendue sur les pensionnats de seconde et de troisième classe*.

Les armes de l’Université de Paris représentaient une main," tenant un livre, entouré de trois fleurs de lis d’or à fond d’azur.

1 Hurtaut, IV, 6. — En 1789, il y avait à Paris quarante maîtres de pension de première classe.

* Ibid. Il, 719. — Voyez aussi l’excellent travail de M. Philibert Pompée, intitulé : Rapport historique sur les écoles primaires de la ville de Paris, depuis leur origine jusqu’à la loi du 28 juin 1833. 1” partie, 1839.

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