CHAPITRE IX
La nouvelle ünlrerilté.
L’Université de Paris , formant au milieu de l’Étal une corporation indépendante, ne pouvait être conservée par le gouvernement révolutionnaire. Sa suppression cependant ne fut point décrétée. Le 3 septembre 1791, l’assemblée constituante décida « qu’il serait établi une instruction publique commune à tous les citoyens, et gratuite à l’égard des parties de l’enseignement indispensable à tous les bommes. » Mais en attendant la discussion du projet, tous les collèges restèrent ouverts. Enfin, M. deTalleyrand exposa un nouveau système d’éducation , qui devait remplacer les différentes Universités du royaume; ce projet, qu’on attribue à l’abbé Desrenaudes, ne fut pas exécuté. L’assemblée législative se borna à former un comité éducation publique pour correspondre avec les collèges, et plaça les établissements des Universités sous la surveillance des autorités administratives. Au mois de février 1792, la faculté de théologie et le tribunal académique furent supprimés , sur le rapport du représentant Gaudin. Le 19 avril delà même année.
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l'assemblée ordonna que tous les instituteurs ecclésiastiques seraient obligés de prêter serment à la constitution civile du clergé. Ce décret, en enlevant à l’Université la plupart de ses professeurs , fut le signal delà chute de l’illustre corporation.
Mais il ne s'agissait point seulement de renverser. On attendait avec impatience un plan d’éducation qui remplaçât celui qui n’existait plus. Chaque jour des pétitions étaient adressées à ce sujet aux membres les plus influents de l’assemblée législative. Condorcet présenta enfin sur cette question un rapport remarquable : le budget de l’instruction publique, en France, devait s’élever à près de 29 millions. Ce nouveau projet , bien supérieur à celui deTalleyrand, fut encore ajourné. L’estimable Rabaut Saint Étienne, soutenu par quelques hommes éclairés , fit reprendre à la Convention cette grave discussion; Marat demanda et obtint la clôture, afin , dit-il , de s'occuper d’objets plus importants ( décembre 1792). L’année suivante, après le procès de l’infortuné Louis XVI, la convention examina différents plans d’éducation publique, entre autres celui de Lepellelier Saint-Fargeau, qui fut lu à la tribune par Robespierre 1 .
• Robespierre e'tait un e'iève de l’ancienne Université de Paris. On lit dans le recueil des délibérations du bureau du college Louis-le- Grand le procès-verbal suivant, qui ne manque pas d’iute'rct; il porte la date du 19 juillet 1 781 : « Sur le compte-rendu par M. le principal des talents du sieur de Robespierre, boursier du college d’Arras, lequel est sur le point de terminer son cours d’e'tude, de sa bonne conduite pendant deux années et de ses succès pendant le
Presque tous étaient inexécutables ; ils furent ajour> nés. D’ailleurs un grand nombre de conventiopnels , comme l’ex-capucin Chabot, se préoccupaient médiocrement de cette grande question. « Il ne s’agit pas , disait Bourdon ( de l’Oise ), de décréter actuellement un plan d'éducation , mais bien de ehasser des collèges l’aristocratie et la barbarie qui y régnent, Ct d’élever à la place de l’Université des écoles d’arts et de métiers. » La convention supprima, en attendant une nouvelle organisation , les collèges de plein exercice et les facultés.
Au milieu de ce désordre, le comité d'instruction pt+blique , composé d’homrpes actifs et instruits, La banal , Chénier, Fourcroy, etc, , s’occupait avec le plus grand zèle des travaux qui lui avaient été confiés, et lorsque la chute de Robespierre et de ses partisans eut ramené le calme, il s’empressa d’encourager les lettres et les sciences. Ce fut une nouvelle ère de civilisation. Pour fournir aux écoles de jeunes et savants professeurs , le comité fit créer à Paris l’école normale (30 octobre 1794). En même temps, la convention, qui, avec toutes les passions , a eu toutes les grandes idées , décrétait l’établissement des écoles primaires et centrales , des écoles de droit et de mé-
cours de ses classes , tant aux distributions des prix qu’aux examens de philosophie et de droit , le bureau a unanimement accorde' au sieur de Robespierre une gratification de la somme de 600 livres, qui lui sera payée par M. le grand maître du temporel, sur sa quittance. »
DE l’üBIVERSITÉ.