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à porter, comme marque distinotiva de leur dignité, un chaperon rouge, ornement qu'ils conservent encore aujourd’hui, et ordonna que les élèves les plus distingués de chaque monastère fussent envoyés h
l’Université de Paris, pour perfectionnerleurs études. Philippe deValois accordait en môme temps de nouveaux privilèges au corps enseignant, qui fut exempté do tout impôt, et qui obtint la faculté de ne pouvoir être contraint de plaider ailleurs qu’à Paris (1310).
Cependant, lorsque deux ans après, le roi établit un nouvel impôt sur le sel, l’ Université. ne put s’en exempter, malgré les éloquentes réclamations dé Jean Buridan, procureur de la nation de Picardie, célèbre par ses écrits sur Aristote et surtout par son sophisme de l'âne'. Pour la dédommagerde cet échec, Clément VI, qui avait été également l’un de ses disciples, l’invita, en 1348, à envoyer chaque année à la cour de Rome les noms de ses membres, qui avaient le plus de droits dans la distribution des bénéfices dont le pape pouvait disposer.
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1 Ce sophisme, connu sous le nom de Y âne de Buridan, e'tait
pose' de la manière suivante : Buridan supposait un âne egalement presse' de la faim et de la soif, placé entre une mesure d'avoine et un seau d’eau, et demandait: « Que fera cet âne? — Pour ne point mourir, il aura recours à ces provisions. — Donc, concluait-il; il se tournera d’un côté plutôt que de l'autre ; donc, il a le libre arbitre. » — Une tradition, dont les critiques modernes ont démontré la fausseté, fait de Buridan le compliep et La victime des débauches de Marguerite de Bourgogne, femme de Louis-le-Hutin, On sait que le fameux drame de M. Alexandre Dumas, la Tour de Nesle, dont Buridan est le licros, repose sur celte fable.
Au milieu des troubles qui désolèrent la France sous le règne de Jean-le-Bon, l’Université se conduisit avec une dignité et une énergie remarquables. Elle défendit à ses membres de porter le chaperon rouge et vert, et de jouer un rôle sur la scène politique. Elle refusa, il est vrai, de payer l'impôt voté par les états généraux de 1355, en alléguant ses immunités et privilèges; mais lorsque la capitale fut menacée, elle déclara de son plein gré, le 8 novembre 1356, que ses suppôts prendraient les armes, sous les ordres du recteur. Le célèbre prévôt de Paris, Étienne Marcel, essaya vainement d'enrôler les clercs dans le parti populaire; ils restèrent fidèles à la royauté, leur protectrice. Aussi le roi Jean, rendu à la liberté, confirma d’une manière solennelle à l’Université, en récompense de cette loyale conduite, l’exemption de tout subside et impôt, privilège immense, dont les circonstances doublaient le prix.
Ces écoles parisiennes, qui ont fourni au monde entier des hommes distingués dans toutes les carrières, dans toutes les classes de la société, devenaient peu à peu plus fortes et plus nombreuses. De 1285 à 1364, c’est-à-dire depuis Philippe-le-Bel jusqu’à Charles V, vingt-neuf collèges furent fondés à Paris \ Les études étaient plus complètes. Honorius IV voulut créer une chaire d’arabe, mais il paraît que cette tentative eut peu de succès. L’astronomie, au contraire, était florissante, s’il faut en croire les écri-
* M. de Gaulle, 11, passim. , , .
DE l’uKIVERSITÉ.
vains contemporains 1 . Enfin le pape Clément V établit des professeurs de langues hébraïque, grecque, ' arabe et chaldéenne dans les Universités de Paris , d’Oxford et de Bologne. L’illustre corporation se rendait digne de ses protecteurs par les sages réformes qu’elle opérait elle-même dans son sein. Elle institua un tribunal, présidé par le recteur, pour juger tous les différends qui survenaient entre ses membres. On pouvait en appeler à l’assemblée générale des Facultés, mais si le pourvoi était rejeté, l'appelant était condamné à cinq sous parisis d’amende a . A partir de 1338, les fonctions de doyen de chaque faculté ne furent plus données par droit d’ancienneté, mais à l’élection. L’année suivante, les maîtres-ès-arts des quatre nations de France décidèrent « que les maîtres, assistant aux disputes et assemblées publiques, n’y paraîtraient qu’en habit décent, non plus en manteau ou surtout appelés colobes et tabards, comme faisaient quelques-uns, mais en chapeau et avec leur épitoge fourré. » Enfin on supprima le droit de béjaune, sorte de bienvenue qu’on exigeait des nouveaux étudiants, et qu’on destinait à un grand repas. Ces nouveaux venus, nommés les bejames, par allusion, dit Ducange, aux becs jaunes des oiseaux qui ne sont pas encore sortis de leurs nids, avaient à leur tête un intendant ou supérieur qui portait le nom de chapelain ou abbé des béjaunes. « Ce chef devait s’ac-
1 Duboullai, IV, 139.
* Crévier, 11,240.