‹ Histoire de l'Université de ParisChapitre 8 sur 18 · B1STOWE · texte numérisé non relu

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quitter de deux fonctions le jour des Innocents : le matin, il montait snr un âne et conduisait les béjaunes en procession par toute la ville ; l’après-dîner, il les rassemblait tous dans un même lieu, et là, avec de grands seaux d’eau k il faisait sur eux une aspersion abondante. C’était comme un baptême qui les faisait enfants de l’Université*. A Cet usage occasionnait des désordres qui dégénéraient souvent en rixes sanglantes; il fut aboli en 1342, et on défendit, sous peine de punition corporelle, d’exiger à l’aVenir le droit de béjaune.

Les historiens font mention, à la même époque, dé violentes querelles entre l’Université et le chapitre de Notre-Dame, ces deux grandes puissances. Je me contenterai de citer le fait suivant, qui atteste avec quelle vigueur le corps enseignant défendait ses privilèges. En 1326, un écolier, chanoine de l’église de Paris, étant mort sans laisser de testament, l’Université, en vertu d’une bulle de Grégoire IX *, sè déclara l’héritière des biens meubles du défunt; lé chapitre les réclama, en alléguant sa qualité de chanoine. Cités devant le tribunal du conservateur apostolique, les membres du chapitre refusèrent de comparaître , et déclinèrent sa juridiction. L’Université les excommunia aussitôt, les déclara exclus de son sein, et fit publier et afficher ce jugement jusque dans Notre-

1 Saint-Foix, III, 334.

* Cette bulle est de l'anncc 1 231 . Le pape défendit en même temps à tout juge ccclc'siastiqne d'infliger à un écolier une peine pécuniaire.

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DE l/uWIVERSITÉ.

Dame. Les chanoines, effrayés, s’empressèrent de reconnaître les droits de leurs adversaires 1 . Ce fut sans doute pour se venger de cet échec que dans une querelle de préséance, qui s’éleva aux obsèques de Philippe-de-Valois entre le chapitre et l’Université, les chanoines renversèrent.et frappèrent le recteur. Pour prévenir le retour de ces scènes scandaleuses, il fut décidé que dorénavant les deux compagnies marcheraient, 'dans les cérémonies publiques, vis-à-vis l’une de l’autre et sur deux lignes égales.

Des dissensions éclatèrent, dans le même temps , entre les théologiens et les membres des autres facultés. Les premiers voulaient être considérés comme les chefs de l’Université. Ces prétentions occasionnèrent de graves désordres. Dans un service Célébré à Saint-Germain-l’Auxerrois devant la reine Jeanne d’Évreux, l’archevêque d’Embrun, nonce du pape , ayant voulu s’emparer du siège du recteur , en qualité de docteur en théologie, fut battu et chassé. Cette querelle moitié sérieuse, moitié bouffonne, qui ne mérite guère notre attention, se termina en 1362 , par la soumission de la Faculté de théologie,

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1 Hist de t Université, par RI. Eugène Dubarlc, 1829, I, 130.

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