‹ Histoire de l'Université de ParisChapitre 11 sur 39 · SOUS PHILIPPE LE HARDI · texte numérisé non relu

SOUS PHILIPPE LE HARDI

tabac y disait Philippe le Hardi, et il ordonna que le couvent fonderait dans les églises du Val-des-Écoliers et de Saint-Martin deux chapellenies de 20 liv. parisis de rente chacune, dont la présentation appartiendrait au recteur, et que de plus il paierait 1000 livres tournois aux parents des écoliers morts ; quant -aux. laïcs , ils furent bannis du royaume. La cessation des leçons était le moyen le plus souvent et le plus efficacement employé par l'Université pour obtenir ce » qu'elle désirait. En effet, la tranquillité de la ville était gravement compromise, chaque fois qu'une jeunesse nombrguse et irritée se trouvait ainsi enlevée à ses travaux , à ses occupations journalières , et abandonnée au plus complet désœuvrement; les moyens de répression n'étaient pas faciles, la mauvaise organisation municipale , l'absence d'une police vigilante et forte rendaient inutiles les efforts de l'autorité pour maintenir le bon ordre, et le gouvernement redoutant l'emploi de cette vengeance universitaire, s'efforçait toujours de la prévenir. L'Université avait bien senti sa puissance, lorsque, mue par l'esprit cjui anime toutes les corporations, elle avait déclaré en 1 38 1 qu'elle en ferait usage toutes les fois que l'exigerait l'intérêt même d'un seul de ses membres : aussi répondait -elle à Philippe le Hardi : « Sire, à « votre recommandation et par respect pour vous ( ad « preces vestras et ob reverentiam vestram ), les « maîtres reprendront leurs leçons, mais sous la ferme a espérance néanmoins que vous nous ferez jouir de « uos privilèges, etc. »

Iû8 HISTOIRE DE I.' UNIVERSITÉ

Ces privilèges, quelque grands qu'ils fussent, netaieut cependant pas suffisants pour faire sanctionner par l'Université toutes les volontés de la cour de Rome. Un nouveau pape , le cardinal Simon de Brie, avait succédé à Nicolas III , sous le nom de Martin IV ; et les premiers actes de son pontificat avaient été de favoriser les mendiants au préjudice du clergé séculier, en leur accordant le droit de confesser et de prêcher. Les prélats français, alarmés de cet envahissement, s'assemblèrent le 6 décembre 1281 , et après avoir demandé l'adjonction de l'Université entière , maîtres et écoliers , ils déclarèrent, par l'orgue des archevêques de Bourges et d'Amiens, qu'ils étaient résolus de s'opposer, même jusqu'à effusion de leur sang, à ce qu'ils regardaient comme une injustice *. Ces débats, qui devaient si long -temps troubler la paix de l'Eglise , et auxquels nous devons peut-être originairement l'esprit d'indépendance du clergé gallican , ne furent pas alors éteints ; et nous verrons les prélats et l'Université défendre avec persévérance les fonctions qu'on voulait leur enlever. Mais si l'Université appuyait de son autorité les plaintes du clergé régulier de France, sorti presque tout entier de son sein , elle ne craignait pas non plus de soutenir ses droits avec vigueur; déjà en 1288 un statut avait renouvelé la défense faite aux chanceliers de Notre-Dame de rien exiger pour l'obtention de la Licence, lorsque ces mêmes chanceliers, dont les efforts tendaient tou-

1 CaÉviim, Histoire de V Université, I, 104.

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