SOUS PHILIPPE-LE-BEL. II
royaume et à la correction du* roi, il convoqua à Rome, pour le I er novembre i3oa , tout le clergé de France, avec les maîtres en théologie, en droit civil et en droit canon ï .
Le roi, en présence de toute sa cour, avait fait brûler ( n février i3oj), dans son palais, la bulle de Boniface, déçlarant que la couronne de France était indépendante du pape, et qu'il ne la tenait que de Dieu seul. Il avait en même temps convoqué à Paris une assemblée générale des Etats du royaume , pour leur donner connaissance de ses démêlés avec le Saint-Siège, appelant ainsi toutes les classes de la nation à l'exercice de leurs droits; le tiers-état et la noblesse approuvèrent la conduite du monarque, vers lequel penchaient aussi beaucoup de membres du clergé. Plus la querelle prenait un caractère hostile, plus le pontife se roidissait; il se vantait au milieu du consistoire de tenir dans ses mains les deux glaives temporel et spirituel. Déjà trois rois de France, disait-il, ont été déposés par mes prédécesseurs, et moi-même, je déposerai Philippe comme on renvoie un laquais a .
Malgré les ordres du roi, qui avait défendu au clergé de déférer au commandement de Boniface et
siarura et praebendarum vacante m collationem ad nos jure regio pcrtinere, et percipere fructus earum contra omnes possessores utiliter nos lueri. Secus autem credentes, fatuos reputamus atque démentes. Pasquier , Recherches de la France, liv. m, ch. 17.
• Bulleus , Historia Univcrsitatis y IV, 11 , 12, 1 3. ■ Crévier, Histoire de l'Université y II, 190.
Il8 HISTOIRE DE L'UN I VERSITÈ*
daller à Rome, plusieurs prélats s'y rendirent. Philippe, pour punir leur infraction à sa volonté, fit saisir les biens de tous les évêques, abbés, prieurs, maîtres et docteurs en théologie qui seraient sortis du royaume sans une licence spéciale de la volonté de Sa Majesté *, et le pape lança contre lui les foudres de l'excommunication , qu'il avait jusqu'alors tenues suspendues sur sa tête. Ce dernier coup mit le comble à la colère du prince; il rut défendu, sous des peines sévères , d'introduire les bulles en France; ceux qui les portaient furent arrêtés, et le légat, Jean-le- Moine, reçut ordre de sortir du royaume. Une nouvelle reunion des États eut lieu le 12 mars i3o3; et là , en présence du roi , de ses frères et de tout le baronage de France , Guillaume Nogaret , chevalier ès-lois, porta la parole contre Boniface . ce maître de mensonges, dit-il , qui se fait appeler faiseur de bien ( Boniface ) , et demanda la convocation d'un concile pour la nomination d'un légitime et nouveau pape. Les États adoptèrent ces foudroyantes conclusions , et le roi obtint plus de sept cents actes d'adhésion des prélats , barons , villes et communautés religieuses a . L'Université avait été une des premières à donner cet exemple: le ai juin, elle avait été admise à une audience du roi , et avait acquiescé à la délibération 3 , et, par là, donné l'exemple du rallie-
r Ordonnances du Louvre , 1 , 349.
3 Histoire du différend entre Boniface et Philippe. Prouves > pag. 3. • 3 IjuLLErs, Bistoria Umucrsitatis , IV, 47.