SOUS PH1LI PPE-LE-BEL
Bel , avait consacré en 1 3 1 4 une partie de ses biens pour doter, rue Saint-Jean-de-Beauvais n° 22, le collège de Presles, célèbre depuis par l'assassinat deRanius qui, lors des massacres de la Saint - Barthéiemi , fut tué dans ses murs. La même année, Aicelin de Montaigu, archevêque de Rouen, était le fondateur de celui de Montaigu , et laissait pour l'entretien de chaque écolier une somme de jo liv. par an x .
Cette multitude de maisons consacrées à l'enseignement avait tourné à l'avantage de la science ; quoique la théologie prédominât toujours, on commençait néanmoins à cultiver les belles lettres, qu'on s'accoutumait à ne plus regarder comme portant obstacle aux études sacrées. En 1285, Honorius IV, pendant son court pontificat , s'était efforcé d'introduire l'étude de l'arabe dans l'Université : cet essai n'avait pas réussi ; mais l'astronomie avait été plus heureuse : elle s'était déjà signalée par quelques progrès. Jean de Saint-Victor parle d'une éclipse de soleil arrivée en i3io, et qui avait été prédite long-temps auparavant par des clercs de Paris, savants dans la faculté d'astronomie 3 ; et l'année d'après, en i3i I, le pape, dans le concile de Vienne en Dauphiné, si fameux par la condamnation et l'abolition de l'ordre des Templiers, avait secondé ce mouvement non-seulement en France, mais encore en Europe, en établissant des professeurs pour les langues grecque, hé-
1 Continuateur de Guillaume de Nancis, pag. 70. * Bulle us , Historia Universitatis , IV , îig.
111 HISTOIRE DE l'i/NI VJiRSITÉ
braïque, arabe et chaldéenne dans les Universités de Paris, Oxford et Bologne I .
Paris netait plus alors la seule ville en France qui possédât des écoles célèbres; deux Universités nouvelles avaient tout récemment pris naissance. En 1 289 le pape Nicolas IV avait permis l'érection d'une étude générale dans Montpellier, déjà renommé par ses écoles de médecine ; et en 1 ^07 Clément V a avait voulu procurer le même avantage à la ville d'Orléans qu'il affectionnait; mais les privilèges sous la protection desquels il avait placé les maîtres et les écoliers , avaient indisposé les habitants et causé des troubles. Le roi supprima l'Université dont l'érection faite sans sa permission en était la cause 3 ; et bientôt après il la rétablit sous le titre d'étude générale pour l'un et l'autre droit. L'enseignement se bornait à ces deux sciences , «t la théologie lui était interdite, pour ne pas déroger, dit-il dans son ordonnance , aux privilèges accordés à l'École de Paris
Philippe, comme on voit, ne voulait souffrir aucun empiétement sur son autorité : aussi , depuis sa lutte avec le pape , avait-il fait tous ses efforts pour faire monter sur le trône de Saint-Pierre un homme
* FtwjRT, Histoire des Ecclésiastiques , XXVHI, 460.
■ Bulle du 16 février, rapportée par Pasquirr , liv. ix , ch. 37.
â Quod enim in hoc favorc sUidii dispositum fuerat , manifeste tendebat ad noxam. Lettres patentes du \i juillet i3ia, données à l'abbaye de Maubuisson.
4 Ne detrahetur privilegiis romanœ sedis studio Parisiensis çoncessis. Pasquijîr , liv. in , ohap. 10.