SOUS PHILIPPE-LE-LONG. 11J
vaient leur être soumises. Par là elle faisait taire toutes les plaintes qui pouvaient s'élever contre elle, donnait un bel exemple de sa modération , et augmentait encore le crédit dont elle jouissait : crédit tel qu'en 1S17 Philippe-le-Long , s'emparant , après la mort de Louis -le-Hu tin son frère , de la couronne, au préjudice de sa fille Jeanne, en invoquant le principe de la lot salique , que les femmes ne pouvaient succéder au trône , demanda à l'Université de donner son assentiment à cette doctrine , assentiment qu'elle donna , mais sans vouloir le confirmer par serment 1 ; et qu'en sous le règne du même prince, elle
détermina, par son influence, la condamnation du prévôt de Paris , Henri Capperel , qui t pour sauver un homme riche condamné à mort, avait fait pendre à sa place un pauvre, innocent. Le prévôt fut à son tour pendu a ; et ce juste châtiment contre un des grands officiers de la couronne est un exemple de l'empire que les lois commençaient à acquérir.
En 1317, les Clémentines, recueil des décrétales de * Clément Y, destinées à continuer celles qu'Eugène III, Grégoire IX et Boniface VIII avaient publiées, furent adressées à l'Université de Paris et à l'Université de
1 SiMonim de Sismondi , Histoire des Français , IX , 3'53. — Chronique de Guillaume de Nangis, sous Tannée i3i 6 ; Collection des Mémoires relatifs à l' Histoire de France , publics par M. Goi*>T,XiII, 32a.
» Bulleus, Historia Universitatis , IV, i85. — Dulaurf , Histoire de Paris , III, 29a.
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Bologne, par le pape Jean XXII, comme devant avoir force de loi dans les tribunaux ecclésiastiques f . Mais Jean XXII, dans le temps où il donnait à l'Université cette marque de considération, lui écrivait pour reprocher à ses professeurs quelques erreurs qui s étaient glissées dans son sein, se plaindre de leur attachement aux subtilités philosophiques , et les menacer, s'ils n'y portaient remède , de leur envoyer des commissaires qui le feraient par la seule autorité de l'Église a . Ces plaintes n'étaient pas tout-à-fait sans fondement, car il paraît que déjà alors les principes sur le célibat des prêtres, qui furent depuis adoptés par les réformateurs, s'étaient propagés chez divers membres du clergé : on rapporte même qu'en i3ao , un théologien enseigna publiquement à Paris que les prêtres pouvaient se marier 3 .
Ces nuages passagers ne nuisaient pas néanmoins à la réputation de pureté de doctrine dont jouissait l'Université , et le mênfe pape invoquait l'autorité de ses décisions contre de prétendus hérétiques dont il avait entrepris la destruction. Des religieux mendiants de Saint-Francois, voulant ramener leur ordre à son institutiou primitive, se vouèrent à une pauvreté parfaite; et poussant jusqu'à l'excès les principes de leur institut, prétendaient ne pouvoir rien posséder en propre , re-
1 Fleury , Histoire Ecclésiastique , XIX, 276.
a Rewaldi , Annales Ecclésiastiques , année i3i7 , n° 1$. — Simonde de Sismondi , Histoire des Français, IX, 356.
3 Crévier, Histoire de l'Université, II, 262.