‹ Histoire de l'Université de ParisChapitre 20 sur 39 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

État de la France au XIV e siècle. — Pierre de Cugnières. — Jean XXII. — Benoît XII notifie son exaltation à l'Université. — Il accorde aux docteurs le droit de porter un chaperon rouge. — Fondations de collèges. — Trésor de l'Université. — Changement daos le décanat. — Le béjaune aboli. — La gabelle et Buridan. — Privilèges accordés par Philippe de Valois. — Rôle des bénéfices envoyé au pape. — Débats entre l'Université et la faculté de

théologie Statut sur la manière de faire les leçons. — Collège

de Boissi. — Université de Prague. — Les Flagellants et Clément VI. — Jean II. — Bataille de Poitiers. — Troubles causés par le roi de Navarre. — L'Université y reste étrangère. — Charles V. — Son amour pour les lettres et l'Université. — Il forme la première bibliothèque. — L'Université prend le titre de Fille atnèe du Roi.-- Puissance de l'Université. — Réforme du cardinal de Saint-Marc. — Accroissement des écoles. — Fondation du collège de Beauvais.

D eux siècles s étaient écoulés depuis le règne de Louis-le-Gros , et la France avait fait d'immenses progrès sous le double rapport politique et moral. Plusieurs des princes qui occupèrent le trône y avaient porté de grands talents, et avaient retrempé le carac-

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tère de la nation , en diminuant un peu le joug flétrissant qui pesait sur elle, et sous lequel elle était en quelque sorte abrutie. Louis -le -Gros, Philippe- Auguste, saint Louis, Philippe-le-Bel avaient été les auteurs de cet heureux changement, et quoique avec des caractères opposés et des moyens différents, ils étaient parvenus au même résultat. La France cependant n'était pas heureuse : l'absence de bonnes lois qui plaçaient encore le peuple sous le poids de l'arbitraire , l'inhabilité des gouvernants , et le défaut d'une bonne administration faisaient peser sur la masse des charges énormes que la prodigalité des rois rendait encore plus dures. Néanmoins l'amélioration était sensible, les coutumes commençaient dès lors à s'établir ; et si elles laissaient beaucoup à désirer, elles étaient cependant préférables au règne de la force. Les baillis, chargés d'exercer la justice au nom du prince, savaient maintenir leur dignité, et quelques exemples dune sévérité éclatante exercée contre des hommes puissants , contempteurs audacieux de toute morale, avaient fait trembler ces tyrans subalternes qui, derrière leurs créneaux, ne se croyaient justiciables de personne. Les événements , il est vrai , avaient été favorables : l'intérieur de la France était depuis longtemps tranquille; et à l'extérieur nul ennemi n'avait ni le pouvoir ni la capacité de causer des alarmes à la patrie. L'Angleterre , après la mort de Henri II , n'avait eu que des princes inhabiles, et le rusé Jeansans-Terre, ainsi que le faible Édouard II , n'étaient pas en état de troubler une puissance contre laquelle

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