‹ Histoire de l'Université de ParisChapitre 21 sur 39 · SOUS PHIEIPPE-DE-VALOIS · texte numérisé non relu

SOUS PHIEIPPE-DE-VALOIS

les efforts du chevaleresque Richard-Cœur-de-Lion étaient venus échouer. L'Italie désolée par les Guelfes et les Gibelins n'était occupée qu a défendre une liberté que l'Allemagne voulait lui ravir ; et les papes , souvent contraints de chercher un asile dans les États du roi très-chrétien, s'efforçaient de conserver la bienveillance de leurs puissants protecteurs.

Ce temps de tranquillité avait tout-à-fait tourné à l'avantage de la civilisation. Les princes avaient encouragé les études, fondé des maisons pour les clercs, et leur exemple avait été suivi avec empressement , parce que ces pieuses fondations étaient regardées avec faveur. Il est probable que cette émulation aurait produit de prompts résultats , si nos guerres avec l'Angleterre, qui pendant long-temps couvrirent la France de sang et de carnage , n'avaient arrêté le développement de ce noble essor t. Quoi qu'il en soit, l'Université avait grandi, et le rôle que Philippe-le-Bel l'avait appelée à jouer dans sa longue querelle avec Boni face, avait donné à la nation une haute idée de son patriotisme et de ses lumières. Plus récemment encore on s'était fortifié de son avis pour exclure les femmes du trône ; et l'exemple que le successeur de Louis X avait donné, fut suivi par Philippe de Valois *, lorsque la descendance mâle de saint Louis vint à s'éteindre.

L'énergie avec laquelle le corps enseignant de la

1 Velly, Histoire de France, ëdit. in-4°, IV t 384.

l4û HISTOIRE DE l'u NI VERSITÉ

France, celui qui tenait en dépôt toutes les lumières de la nation , avait défendu à plusieurs reprises les droits de la couronne contre les envahissements du clergé , avait fait germer dans les esprits des idées nouvelles sur les limites de la puissance ecclésiastique : on se rappelait la lutte de Philippe-le-Bel, et on citait l'opinion de l'Université, d autant moins suspecte de partialité, qu'elle était en quelque sorte la pépinière de la classe dont elle voulait restreindre les privilèges. Ces idées ne tardèrent pas à porter des fruits , et ils parurent dès la première année du règne du nouveau roi. Pierre de Cugnières, avocat général , fut l'organe des accusateurs du clergé. Dans une assemblée nombreuse composée du roi , des princes , des barons, du haut clergé de France , et où l'Université assistait , il prononça un long discours , ayant pour texte , selon l'usage du temps, ces paroles de l'Évangile: Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu », et il articula soixante-six griefs. Les conclusions de l'avocat général ne furent pas suivies d'un jugement, mais cette époque néanmoins doit être considérée comme celle de la décadence de la puissance légale du cierge ; car, c'est à partir de cette assemblée ( 1329), qu'on place l'origine des appels comme d'abus des tribunaux ecclésiastiques au parlement a , remplacé aujourd'hui par le conseil d'état.

* Faso u ier , Recherches de la France, liv. UI, chap. 3a. 1 Velly, Histoire de France, IV, 412.— Crévieb, Histoire de l'Université, II, 3 10.

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