SOUS JEAN II
w village de Boissi , pourvu qu'ils ne soient pas nobles, « mais du petit peuple , et pauvres comme nous et a nos pères l'avons été 1 . »
Dans le temps où la fondation de ces nouvelles maisons venait encore augmenter l'éclat dont brillait l'Université de Paris, un de ses élèves, l'empereur Charles IV de Luxemboug, lui donnait une rivale étrangère, en fondant en r348, dans ses États héréditaires de Bohème, l'Université de Prague. Le but de cet établissement était de dissiper les ténèbres qui couvraient principalement cette partie de l'Empire , et auxquelles on devait l'enfantement de de mille systèmes religieux, de mille hérésies qu'un peuple ignorant adoptait avec avidité, et qu'on ne savait combattre et détruire que par le fer et le feu. Une secte, que le douzième siècle avait vu naître et mourir, et que les malheurs du temps avaient fait revivre, troublait alors l'Allemagne; c'était la secte des Flagellants. Ces malheureux, parmi lesquels se trouvaient un grand nombre de femmes , croyaient appaiser la colère de la Divinité en offrant en expiation leurs souffrances, et parcouraient les villes et les campagnes , armés de fouets et de disciplines dont ils se déchiraient les membres. Mais, comme l'intolérance accompagnait leur superstition , ils s'étaient portés à de graves excès. L'Université les avait condamués en i34<); Philippe leur interdit l'entrée de la France sous peine de la vie, et les foudres de l'É-
• CnÉviER , Histoire de V Université , II , 4 r 1.
glise ne tardèrent pas à les atteindre. Une secte aussi sévère ne pouvait être tolérée par un pontife auquel on reprochait ses manières cavalières , o qui, dit un « ancien écrivain , étant archevêque, ne garda pas de a mesures avec les femmes , et devenu pape ne sut « ni se contenir ni se cacher. Les grandes dames al- « laient dans sa chambre comme les prélats , entre « autres une comtesse de Turenne , pour laquelle il «faisait quantité de grâces; quand il était malade, « c'était les dames qui le servaient. 1 : » aussi Clément VI les proscrivit-il par une bulle ». Ils disparurent bientôt, mais les malheurs qui pesaient sur la France ne devaient pas sitôt finir.
Depuis que Jean II avait remplacé son père Philippe sur le trône, la détresse publique n'avait fait que des progrès; la prodigalité de ce prince avait épuisé toutes les ressources, et son impéritie ne savait pas en créer de nouvelles; les intrigues du roi de Navarre augmentaient les embarras du gouvernement , et les Anglais , maîtres de la Guyenne et de Calais, venaient tous les ans ravager la France et s'enrichir de nos dépouilles, sans trouver d'obstacles. Le cri des peuples força enfin à prendre des mesures qui eussent quelque efficacité; et les États convoqués en 1 355 accordèrent au roi des subsides extraordinaires pour faire la guerre aux Anglais. Cet
1 Villawi , liv. m , chap. 54.
a Fleury , Histoire Ecclésiastique, XX, gi. — Bulleus, Historia Universitatis t \\ , 3i$.
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impôt devait peser sur tout le monde, le clergé lui-même n'en était pas exempt; on voulut y astreindre l'Université , elle s y refusa ; mais en même temps , pour venir autant qu'il était en elle au secours de la patrie en danger, elle ordonna, le 8 novembre 1 356, que tous ses clients, libraires, relieurs, parcheminiers, etc., prendraient les armes sous le commandement du recteur pour la défense de la ville 1 . Il y avait déjà, à cette époque, une espèce de garde urbaine, composée des bourgeois et des corps des métiers, qui était chargée de monter la garde pendant la nuit , sous les ordres de deux inspecteurs appelés clercs du Guet a . L'Université en était exemptée par ses privilèges, et nous verrons plus tard, en 1 368 , sous le règne de Charles V, les libraires, relieurs, etc., etc., les invoquer contre un prévôt de Paris, Hugues Aubriot, qui voulait les obliger à ce service comme les aut res habitants 3 . Ces précautions , qui annonçaient un état de trouble et de danger, étaient à cette époque bien nécessaires. La funeste bataille de Poitiers, perdue le 19 septembre 1 356 par l'imprudence du roi Jean, avait augmenté la puissance déjà si formidable des Anglais; et le gouvernement, dans cette horrible crise, restait confié aux soins d'un lieutenantgénéral de dix-huit ans, le jeune duc de Normandie,
1 Bulleus, Historia Universitatis , IV, 335.
* Vrlly , Histoire de France , V, 287.
* Privilèges de V Université , pag.82.
l6o HISTOIRE DE l' UNIVERSITÉ
depuis Charles V. C'étaient des circonstances bien favorables pour exercer le génie intrigant du roi de Navarre; il résolut d'en profiter. Les États généraux, qu'on avait convoqués aussitôt après la défaite et la captivité du roi, loin d'apporter quelque remède aux maux de la France, n'avaient fait que les augmenter. Paris, dévoué au roi de Navarre, favorisait les desseins de ce prince, et le peuple, dirigé par le prévôt des marchands , Etienne Marcel , s'était à plusieurs reprises ouvertement déclaré contre le dauphin. Instruments de la politique astucieuse de Charles-le-Mauvais , les séditieux ne tardèrent pas à immoler à leur fureur plusieurs seigneurs de la cour, et à prendre un signe distinctif de ralliement qui consistait en un chaperon rouge et vert avec un fermait or et argent , que le dauphin lui-même fut contraint à porter. Mais l'Université , qui, dans ces temps de trouble et d'anarchie, était presque une puissance par le grand nombre de ses écoliers , resta toujours étrangère à ces émeutes populaires, et nos historiens l'ont félicitée de la conduite qu'elle tint dans ces tristes circonstances en défendant à tous ses membres de prendre aucune marque de faction l . Aussi conserva-t-elle auprès du prince toute son influence et toute sa considération, et lorsque l'année d'après ( 1 358) le dauphin eut menacé Paris de ses armes et de sa vengeance , Marcel et ses partisans députèrent vers lui à Compiègne le
1 Velly, Histoire de France, V, 147.
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recteur et quelques suppôts pour obtenir un arrangement x . Mais leurs efforts furent inutiles, et la tranquillité ne fut rétablie que par la mort de Marcel, tué d'un coup de hache à la porte Saint- Antoine, au moment où il allait la livrer aux troupes du roi de Navarre a .
La faiblesse du pouvoir royal avait révélé dans ces derniers temps la puissance du peuple. Tout ce qui le composait , l'Université , les corporations avaient acquis plus d'importance; on écoutait leur voix, on recherchait leurs conseils 3 , on s'efforçait de se concilier leur bienveillance ; et lorsque le roi Jean , ennuyé de sa captivité, eut signé le traité de Bretigny, dont l'article 35 garantissait aux étudiants français et anglais la jouissance des privilèges universitaires 4 , il s'empressa, aussitôt son retour, d'exempter l'Université de tout subside et impôt. Il n'avait fait en cela que suivre l'exemple que lui avaient donné la plupart de ses prédécesseurs ; mais à cette époque de calamité, lorsque tout l'or de la France suffisait à peine pour payer la rançon du roi , il fallait que l'Université fût considérée avec bien de la faveur pour obtenir une exemption que Philippe -de- Valois lui avait refusée douze ans auparavant dans des circonstances bien moins difficiles.
i Velly, Histoire de France, V, 169.
» Duverket, Histoire de la Sorbonne, I, 89. , î M. de Barahte , Histoire des Ducs de Bourgogne. Préface, pag. 61.
* Velly, Histoire de France , V, a3i.
HÎ'i HISTOIRE DE L'UNIVERSITÉ
Cette protection ne l'abandonna pas sous le règne de son successeur. Jean II avait terminé en Angleterre une carrière qui n'avait été signalée que par des malheurs; et il était donné à son fils, qui avait fait, au milieu des discordes civiles, son apprentissage du gouvernement , de cicatriser les plaies de la France. Sous un monarque habile , instruit, qui possédait luimême de grandes connaissances, parlait bien latin, et était moult argumentait/ 1 , l'Université devait être puissamment protégée : Charles en effet avait coutume de dire que « tant que sapience sera ho- « norée dans ce royaume , il continuera à prospérité ; « mais quand déboutée y sera, il décherra 2 . » C'est à ce goût pour les études qu'on dut la première bibliothèque que la France ait possédée : elle était, dit un auteur contemporain 3 , de neuf cents volumes, et composée « d'une belle assemblée de notables livres « et belle librairie qu'il avait de tous les plus nota- « bles volumes, qui par souverains aucteurs aient été « compilés, soit de la Sainte-Escriture , de théologie, « de philosophie et de toutes sciences, moult bien « escripts et richement adornez, et tout temps les « meilleurs escrivains qu'on pust trouver occupez « pour lui en tel ouvrage. » Il avait fait traduire en
1 Velly, Histoire de France , V, 5n.
* Christine de Pisan, chap. xiv. — Crévier, Histoire de l'Université, II, 428.
3 Christine de Pisan , Livre des faits et bonnes mœurs du sage roi Charles V y chap. xn.
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français , par des membres de l'Université , plusieurs ouvrages , et entr'autres Tite-Live , Valère-Maxime, et les fables d'Ésope , connues alors sous le nom de Bestiaire. Le plus célèbre de ces anciens traducteurs était Nicolas Orêsme , autrefois précepteur du prince, et souvent employé dans les négociations. Ses travaux étaient richement récompensés : nous voyons qu'il reçut cent livres pour la traduction de la morale d'Aristote , et qu'il eut une pension pour la politique du même auteur *. Le roi encourageait ainsi de tout son pouvoir les études et les professeurs , et, dit le chroniqueur que nous avons déjà cité: « bien « montrait son amour à sa très - aimée fille , l'Uni- « versité des clercs de Paris , à laquelle gardait entière rement les privilèges et franchises , et plus encore « leur en donnait, et jamais ne souffrit qu'ils fussent « enfraints; la congrégation des clercs- avait en grande « révérence. Le recteur , les maîtres et les clercs so- « lennels dont il y a mainst , mandait souvent pour « oyr la doctrine de leïir science, usait de leurs conte seils à ce qui tient à l'espirituaulté , moult les hon- « norait et portait en toutes choses , tenait bénivo- « lans et en paix \ » Aussi fut-ce sous son règne que l'Université , selon la plus commune opinion , commença à prendre un titre qui lui fut toujours cher, celui de Fille aînée du Roi, titre que ce prince lui-
1 Lachoy, Historia Regii Navarrœ Gjrmnasii, 457 Cbe-
viee, Histoire de t Université , II, 4*7.
* Christ inf de Pisah , ouvrage cité, chap. xm.
î64 HISTOIRE DE L*UW I VEÏtSlTÊ*
même s'empressa de lui donner lorsqu'il confirma ses privilèges contre les entreprises des fermiers généraux des aides Ils étaient alors ses plus dangereux ennemis : jaloux des exemptions dont elle jouissait , ils s'efforçaient en toutes occasions de les restreindre, souvent même de les anéantir. Elle possédait, entrautres, le privilège de n'être assujétie à payer aucuns droits pour les provisions nécessaires à ses membres, ou qui croissaient dans leur cru , lorsque les fermiers obtinrent de Charles V un règlement qui y portait atteinte. L'Université fît entendre ses plaintes atf x pieds du trône ; le roi l'accueillit avec bonté ; et , dans une audience solennelle qu'il lui donna en 1 366 , il la rétablit dans toutes ses immunités, enjoignant à ses adversaires de respecter désormais ses franchises 2 ; et, pour assurer l'exécution de sa volonté, il rendit, dans le cours de son règne, en 1369 et 1 37 1 , deux nouvelles ordonnances confirmatives de ce premier édit.
Le prévôt de Paris était Aissi un des ennemis de l'Université : c'était à cette époque le fameux Hugues Aubriot. Ce magistrat , à qui l'on doit la Bastille, le Petit - Châtelet , le pont Notre-Dame, le quai du
1 Pasquier, Recherches de la France, liv. îx, chap. 26.
a Quamvis de jure nostro regio, paedagiorum et immunitatum ad nos et forum nostrum spectet, et spectare dignoscatur, tamen Filiœ nostrœ Universitati parisicnsi concedimus quod conservator privilegiorum de pramissis cognoscat. Ordonnance de Charles V, du 18 mai i366. — Le Beuf, Histoire de la Ville et du Diocèse de Paris , II , 90.
SOUS CHARLES V. l65
Louvre , nos premières fontaines et nos premiers égouts *, s'était rendu odieux aux écoliers par la sévérité avec laquelle il maintenait la police et réprimait leur turbulence. Il avait fait construire , dit l'historien de Paris a , le Petit -Châlelet à l'extrémité sud du Petit -Pont, du côté des écoles, pour les tenir en respect, et il avait défendu de leur vendre, sans sa permission, des épées, des couteaux ou d'autres armes. Il n'en fallait pas davantage pour le faire détester : aussi nous le verrons succomber sous la vengeance de l'Université , lorsque , par la mort de Charles V, il eut perdu son protecteur. Quoi qu'il en soit, ses gens avaient violé les franchises du collège de Saint-Nicolas- du -Louvre, en pénétrant pendant la nuit dans la cour où les écoliers célébraient la féte de leur patron, et en en arrêtant plusieurs après les avoir maltraités. L'Université demanda satisfaction , et le roi ordonna au prévôt de s'excuser envers elle, condamna les sergents coupables à faire amende honorable, et accorda de plus aux écoliers cent livres en or à titre de dommages-intérêts; mais en même temps , par une sage disposition, il supprima la franchise, et, pour tenir lieu d'équivalent, il fit cadeau au collège d'une somme de mille livres.
Ce contact fréquent avec l'autorité avait augmenté la puissance du corps dont nous écrivons l'histoire.
1 Duvernet, Histoire de la Sorbonne, I, 994.
* DuLAuaE, Histoire de Paris , II, 62.
l66 HISTOIRE DE l'un I V ER SITÉ
Toute insulte faite à sa dignité , tout attentat à ses droits, était suivi d'une réparation éclatante, et il avait le pouvoir d'y contraindre ceux même qui faisaient profession de ne reconnaître d autre loi que leur bon vouloir. Un chef de ces compagnies qui , pendant nos malheurs publics , ravagèrent si longtemps la France , Àrnauld de Cervolle , seigneur de Chàt eau vilain en Champagne , s'était rendu redoutable par ses nombreuses rapines. Ce chef qu'on appelait l'archi-prêtre, parce qu'il possédait un fief ecclésiastique *, mais qui , dit le registre du recteur; « méritait mieux d'être appelé l'archi-diable , puis- « qu'il a merveilleusement pillé le monde par ses « brigandages a , » avait à plusieurs reprises arrêté et volé des maîtres de l'Université : le recteur s'en plaignit , exigea et obtint une restitution de 286 livres 7 somme alors importante. A peu de distance de là , en 1373 , un arrêt du parlement condamnait Robert Puiscome, écuyer, et un de ses sergents, à une peine de six vingts livres, et à faire amende honorable à l'Université et à un de ses membres , nommé Cervoi , qu'ils avaient insulté.
Jouissant d'une tranquillité profonde, environnés de respect, les maîtres profitèrent de ce moment favorable pour s'occuper des améliorations qu'ils jugeaient utiles, soit à eux - mêmes, soit à l'intérêt public. Ils avaient rendu un décret , dans lequel ils exigeaient
■ M. de Barahte, Histoire des Ducs de Bourgogne , I, 27. 1 Bullbus, Uistoria Univers itatis , IV, 387.
SOUS CHA.RLES V. 167
des libraires nommés inspecteurs de leurs confrères > une caution de deux cents livres , afin qu'ils s'acquittassent fidèlement de leur charge, lorsque, en i366, un règlement de réforme fut dressé par les cardinaux de Saint-Marc et Aicelin de Montaigu. On y fixait à seize ans la durée des cours théologiques pour arriver à la licence 1 , à neuf ans le temps nécessaire pour obtenir le doctorat en médecine ; et les classes devaient commencer à cinq heures du matin , ainsi que l'atteste un décret de la faculté des arts. Cette faculté avait établi ses écoles, comme on sait, dans la rue du Fouare; mais l'accroissement que prenait sans cesse l'Université , qui , dans une assemblée tenue à cette époque, compta, sans y comprendre les écoliers, jusqu'à dix mille suffrages a , l'avait obligée de les étendre dans le clos Bruneau. Ce clos qui , en 1 202 , était une vigne appartenant à l'évêque de Paris , fut ouvert aux constructions lorsque Philippe-Auguste aggrandit la ville ; il était situé entre les rues des Carmes, de Saint- Jean -de-Beau vais, duMont-Saint-Hilaire et des Noyers. C'est là que s'établirent les écoles de la faculté des arts, et celles de la faculté de droit ; et bientôt après, elles rendirent à la salubrité publique un immense service, en obtenant du parlement un arrêt contre les bouchers qui habitaient la Montagne Sainte-Geneviève, et infectaient le quartier de leurs immondices.
1 Crkvif.b , Histoire de 1* Université de Paris , II , 449- 1 Veli.y, Histoire de France , VI.
l68 HISTOIRE DE i/UNIVERSlTÉ
Charles-le-Sage ne s'était pas contenté de favoriser es études ; les arts aussi avaient ressenti l'heureuse influence de sa protection ; plusieurs monuments étaient déjà venus embellir Paris, lorsqu'il voulut pourvoir à sa sûreté. Des fortifications nouvelles, nécessitées par la guerre active qu'on faisait alors aux Anglais, s'élevèrent autour de son enceinte, et le mirent à l'abri de toute attaque. Ces travaux furent, pour l'Université , l'occasion d'une perte ; une de ses chapelles , celle de Saint-Martin-des-Orges , fut démolie, mais on lui donna en échange le droit de nomination à la cure de Saint-Germain-le-Vieux, et de plus deux arpents et demi de terre derrière la tuilerie Saint-Germain En même temps un nouveau collège, le collège de Beau vais, rue SaintJean-de-Beauvais n° 7, s'élevait dans ce clos Bruneau dont nous venons de parler. Fondé, en 1370, pour vingt-quatre boursiers, par le cardinal de Dormans, Charles V en posa la première pierre, et il eut, dès son origine, une célébrité qui ne se démentit jamais; d'illustres élèves, saint François-Xavier, le cardinal d'Ossat, Boileau, le marquis de la Gallissonnière, sortirent de son sein, et il posséda pendant douze ans, de 1699 à 171 2, le bon Rollin pour principal. La même année, Gervais, maître astronome du roi , faisait bâtir, rue du Foin-Saint-Jacques n° r4 , le collège de maître Gervais, occupé au-
1 Lu Bkuf, Histoire de la Ville et du Diocèse de Paris,
jourd'hui par une caserne ; il était consacré à toutes les sciences, et le roi voulut l'augmenter lui-même , en y ajoutant deux bourses pour les mathématiques. En 1375, deux membres de l'Université, Jean et Guillaume de La Marche, achetaient les bâtiments en ruine du collège de Constantinople, pour établir, rue de la Montagne- Sainte -Geneviève n° 37, près la place Maubert, le collège de La Marche, qui renferme encore une pension
1 Dulauhe, Histoire de Paris, II, 3/|3.