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L’UROLOGIE EN GRÈGE ET A ROME

A. — PÉRIODE PRÈHIPPOCRATIOUE

Si les recherches des archéologues et la découverte de documents indiscutables ont étabU l’existence en Grèce d’une civilisation précoce, ces travaux ne nous apprennent rien de précis sur les pratiques médicales aux temx)s les plus anciens. Mais ils nous montrent que la médecine a été exercée à cette époque et qu’elle avait même atteint un certain développement.

On a voulu contester la priorité de la Grèce et démontrer que les premières notions médicales lui venaient de l’Inde et de l’Egypte. Pom’ le premier de ces pays, les dates que nous avons données détruisent cette hypothèse ; l’antériorité de l’Egypte, en matière médicale, ressort jusqu’à l’évidence des documents que nous avons reproduits. Le papyrus d’Ebers date de 4 ou 500 ans avant la guerre de Troie ; les poèmes homériques où Daremberg a trouvé les indications médicales les plus anciennes de la Grèce, n’ont été composés que 300 ans plus tard ; l’écart est donc considérable entre la Grèce et l’Egypte qui a dû lui donner des leçons.

Comme celle d’Egypte, la médecine grecque reconnaît une origine sacrée. Le culte d’Esculape en Grèce est très ancien et on vit de bonne heure se multipher les temj)les du dieu, dits Asclepeia, dont les uns, comme celui d’Epidaure, étaient construits avec un luxe inouï de statues et de colonnades ; un bois sacré les entourait généralement. D’autres, plus simples consistaient en constructions modestes, véritables sanatoria, où les malades pouvaient être gardés en traitement. Autour d’eux on a trouvé des inscriptions, des ex-voto, parmi lesquels on remarque d’assez nombreux spécimens des maladies génitales, mais aucun d’eux n’a trait à l’urologie.

La médecine consistait d’une part en incantations et en cérémonies religieuses et d’autre part en une thérapeutique véritable. Le malade, avant d’entrer dans le temple, était soumis à des pratiques consacrées par des rites religieux qui l’obligeaient à des jeûnes prolongés, des purifications, des ablutions, etc. Pendant ce temps les prêtres, sous un prétexte rituel, interrogeaient le malade, l’examinaient, inspectaient ses urines, procédé d’observation connu depuis longtemps en Egypte et dans l’Inde et qui n’avait pu échax3per à la Grèce. Ensuite le malade passait la nuit dans le tenijile : c’était l’incubation. Pendant le sommeil, le dieu apparaissait, le malade racontait sa vision aux prêtres qui fonnulaient ensuite le traitement.

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Ces temples étaient en même temps des Ecoles de médecine (Littré), dont les plus célèbres furent celles de Cnide et de Cos. Les sentences cnidiennes, le plus ancien recueil de formules médicales qui nous a été transmis sous le couvert d’Hippocrate, fournissent un témoignage de leur activité.

Une autre preuve du développement de Part médical à cette époque nous est donnée par une peinture décorant un vase antique, datant de 510 à 490, qui fait partie de la collection Peytel. M. Pottier voit, dans cette scène, la représentation d’une clinique grecque ; les malades attendent leur toiu* avant de se présenter au jeune praticien placé au centre : il est intéressant pour nous de voir qu’un des personnages, l’esclave difforme placé

Progressivement, la médecine tend à sortir des temples ; aux oracles et aux pratiques sacerdotales va se substituer un corps de doctrines basées sur l’observation du malade. D’ailleurs il n’y avait pas un abîme entre la médecine exercée par des médecins et les pratiques sacerdotales, car ces dernières s’inspiraient de la clinique. Longtemps avant Hipj)ocrate, des soins judicieux étaient donnés ; quelques notions d’anatomie existaient et Daremberg a retrouvé dans Homère plus de 150 termes d’anatomie qu’emploiera Hippocrate, 4 ou 500 ans plus tard.

Les sentences cnidiennes distinguaient déjà, suivant Galien, 12 maladies de la vessie, 4 maladies des reins et 4 stranguries. Aucun document ne nous renseigne ni sur l’emploi du cathétérisme ni sur la lithotomie. Mais, puisqu’Hippocrate défend tout spécialement de pratiquer cette dernière opération, c’est qu’elle était sans doute assez répandue, et mal faite. Littré croit qu’il y avait en Grèce, comme en Egypte, des spécialistes pour les yeux, les dents, etc., et pour la lithotomie.

Mais déjà Alcméon dissèque des animaux ; Pythagore distingue .3 liquides dans le coiqjs humain, le sang, l’eau (lymphe, sérosité ou urine) et les vapeurs ; il admet que le sperme par son application sur l’embryon y met le sang en mouvement. Philolaüs reconnaît 4 organes principaux, le cerveau, le cœur, l’ombilic et les parties génitales, ces dernières étant l’origine dcî

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