B. — HIPPOCRATE
En dépit de ses recherches, Littré n’est arrivé à recueillir que de vagues indications sur la vie d’Hippocrate. Platon et Soranus nous fom’nissent des preuves incontestables de son existence dont on a parfois douté, ainsi que du heu et de la date de sa naissance. Hippocrate naquit le 26 du mois Agrianus de la première année de la 80® Olympiade (460 ans av. J.-C.), dans l’île de Cos, siège d’une Ecole de médecine déjà célèbre. Il serait le dix-septième descendant d’Esculape et la tradition a transmis toute sa généalogie depuis Esculape jusqu’à Héraclide, son père, médecin lui-même. Il eut pour fils Thessalus et Dracon et pour gendre Polybe qui participèrent à la coUection hippocratique. Attaché à une corporation desservant un temple d’Esculape à Cos, il y enseigna d’abord, voyagea beaucoup ensuite et porta au loin son enseignement. Ces pérégrinations sont sans doute l’origine des récits dans lesquels on le représente arrêtant la peste dans les villes où il passait, fables qu’il faut reléguer au même rang que l’histoire des présents d’Artaxerxès. Il mourut à un âge très avancé, à Larisse en Thessahe, à 85, 90, 104 ou 109 ans, suivant les biographes. Les traits traditionnels sous lesquels le représentent les statues antiques sont de fantaisie, car les sculpteurs ne firent des portraits que longtemps après lui.
Le respect des morts ne permit ni à Hippocrate ni à ses prédécesseurs de disséquer des corps humains et on se demande comment des observations cliniques et l’interprétation des phénomènes morbides ont pu être si exactes en l’absence de notions d’anatomie et de physiologie. Dans le chapitre des articulations, il est dit que la vessie est située, avec les parties qui servent à la génération, dans la concavité du sacrmn au-dessous de la grande vertèbre (5® lombaire) ; il n’est pas question de l’anatomie de l’urètre.
En revanche les reins normaux et même pathologiques étaient assez bien