‹ Histoire de l'urologieChapitre 13 sur 76 · HIPPOCRATE · texte numérisé non relu

HIPPOCRATE

connus, cependant il s’agit seulement de reins d’animaux, les viscères de ceux-ci étant souvent mis à nu par les aruspices pendant les sacrifices rituels. Voici les principales données d’Hipx)Ocrate sur l’anatomie et les fonctions des reins, d’après la traduction de Littré.

« La veine qui est la plus cave et à laquelle tient le cœur, traverse tout l’abdomen et les phrènes (diaphragme) et se partage à l’un et à l’autre rein.

« Les reins ont la forme d’un cœm-, et ils sont eux-mêmes creusés d’une cavité ; ils présentent une échancrure tommée vers la grande veine ; la naissent les veines qui vont à la vessie ; et celles qui amènent la boisson aux reins ; puis l’eau est comme filtrée par les reins et par ces mêmes canaux intériem’s. Car le conduit qui se dirige vers la vessie est spongieux, et là l’urine se filtre et se sécrète du sang ; aussi est-elle rouge.

« Il faut les considérer non comme étant des glandes, mais comme ayant des glandes car ils se saturent d’une humidité abondante. Là les glandes sont plus grosses qu’ailleurs ; en effet, le Liquide affluant n’est pas absorbé par les reins, mais il s’écoule vers la vessie en bas, de sorte qu’ils attirent à eux tout ce qu’ils se procurent par les conduits.

« Les reins se sont formés ainsi : peu de glutineux, peu de chaud et beaucoup de froid, ce qui produisit la coagulation. Ce viscère est devenu le plus dm’ et le moins rouge, parce que le chaud n’a pas pris part à sa composition. »

Ailleurs Hippocrate indique les rapports qui existent à ses yeux entre le sperme (sécrété par le cerveau) et les reins. Une fois arrivé dans la moelle, il passe le long des reins ; et en cas d’ulcération des reins, il advient x>arfois que du sang est évacué en même temps. Des reins il se rend par le milieu des testicules au membre génital, non pas la voie de l’m’ine, mais par une autre voie particulière (conduits éjaculateurs) qui est attenante.

On voit combien sont rudimentaires et imaginatives les données anatomiques et surtout celles d’anatomie pathologique ; aussi n’est-on pas surpris de voir confondre sous les mêmes noms, strangurie et ischurie, les plus diverses maladies ; mais plusieurs symptômes en sont judicieusement relevés.

« La strangurie vient de cette façon : la vessie, échauffée par le rectum, attire le phlegme, qui produit la strangurie. Si elle cesse avec la maladie du rectum (et c’est ce qui arrive le plus ordinairement) cela est bien ; sinon donnez les remèdes pour la strangiu’ie.

« Quand un malade qui urine du sang et des grumeaux, est pris de strangurie, et que la douleur envahit l’hypogastre et le périnée, il y a quelque affection du côté de la vessie. L’m’ine qui contient du sang, du pus, des écaiUes et qui a une odeur fétide, indique une ulcération de la vessie.

Dans les hydropisies sèches, la strangurie est fâcheuse; l’urine qui a de petits sédiments est mauvaise aussi.

« Dans la strangurie, un iléus, s’établissant, tue au bout de sept jours, à moins qu’une fièvre survenant, il ne coule de l’urine en abondance.

« Une suppression d’m’ine et de la pesanteur dans l’hypogastre annoncent généralement une strangurie prochaine ; sinon, une autre maladie, celle à laquelle le malade est sujet.

« Dans l’inflammation du rectum et dans celle de la matrice, il survient de la strangurie, ainsi que dans la suppuration des reins.

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