‹ Histoire de l'urologieChapitre 15 sur 76 · HIPPOCRATE · texte numérisé non relu

HIPPOCRATE

est une tumeur aux environs de la vessie, souffrent, quelque attitude qu’ils prennent.

« Chez ceux dont l’urine dépose du sable, la vessie est calciüeuse. Il est évident que ceux dont les urines laissent habituellement déposer un précipité sablonneux, sont exposés à la pierre, mais il n’est pas exact de dire qu’ils ont la pierre.

a Depuis 42 jusqu’à 63 ans il ne se développe ni scrofules ni pierre dans la vessie à moins qu’il n’y en eût précédemment.

« Cette maladie a cinq signes : 1° douleur quand on veut uriner ; 2° émission goutte à goutte de l’urine comme dans la strangurie ; 3® urine sanguinolente, la vessie étant ulcérée par la pierre ; 4° inflammation de la vessie ; 50 émission de sable avec l’urine.

« Il se forme plusiem-s pierres quand la pierre qui est déjà faite ne s’adjoint pas le sable qui arrive ; on rencontre alors deux pierres ou davantage. Ces pierres frappent l’une contre l’autre, le choc les émiette et du sable est rendu. Il est encore rendu quand le sable qui descend dans la vessie ne se prend pas en pierre.

« Si ime jeune fille a la pierre, donnez une once de la feuille de la racine éthiopique dans du vin vieux, pendant dix jours ; vous passez le reste, et vous le donnez dans de l’eau pendant vingt jours ; on lavera deux fois par jour avec beaucoup d’eau chaude. »

Personne n’ignore ce passage du serment d’Hippocrate : « O'J Tcfi.vti) 0£ o’j 8è [a-^v X'.B'.ûv-aç, 8e £pyâ--r,'î',v àvSpâ<;i T.or^cio:; ty,'78è. — Je ne prati-

querai pas l’opération de la taille, je la laisserai aux gens qui s’en occupent, » interdiction qui surprend tout d’abord et qui a donné lieu à de nombreux commentaires. On a prétendu que -eu-vw devait se traduii’e par pratiquer la castration, mais AïOiwvTa; ne s’expliquerait ijlus. Il faut donc écarter ce sens et c’est bien de la lithotomie qu’il s’agit. Pour la première partie de la phrase, le doute n’est guère permis. Dans l’histoire de toutes les nations de l’antiquité, de la Grèce et de presque tout l’Orient, on voit que la taille est restée entre les mains de spécialistes, d’opérateims ambulants que nous retrouverons jusqu’au xviii® siècle, personnages en général peu estimables

et sans instruction. En abordant sans connaissances chirurgicales une opération grave, ils devaient faire périr un gi’and nombre de leurs malades. Hqjpocrate, soucieux de la dignité professionnelle, ne voulait pas que ses élèves, à qui il faisait jurer « d’exercer leur art dans l’innocence et la pm*eté » pussent être confondus avec ces périodeutes. Il avait également souci des malades, se conformant au précepte « primum non nocere » que Galien a invoqué après Hippocrate. Mais on explique moins facilement pourquoi, après avoir fait preuve de tant de sollicitude pour ses malades, il les renvoie à des gens dont il estime l’intervention dangereuse.

Peut-être aussi était-ce à cause de la gravité qu’il reconnaissait aux blessures de la vessie. « On meurt, dit-il, surtout des blessures suivantes : de l’encéphale, de la moelle épinière, du foie, du diaphragme, du cœm’, de la vessie ou des grosses veines » {Pre. not. coa. 4® art. xxix). Le même aphorisme est reproduit dans le Livre des maladies, T. I, p. 145 et 157. « Il arrive nécessairement qu’une partie tranchée ne se réunit pas, non plus que la vessie, l’intestin, etc... »

Page 1