L’UKOLOGIE EN GRECE ET A ROME
quette qui a bien voulu nous en communiquer quelques parties encore inédites.
Les ex-voto auraient existé chez les Eomains dès la xdus haute antiquité.
L’usage s’en est perpétué, sans parler de ceux qu’on expose encore de nos jours, aussi est -il souvent difficile de leur assigner une date. Ceux qui se rapportent aux organes de la génération, chez l’homme et chez la femme, sont les plus nombreux. Les uns rejDrésentent un j)énis avec son prépuce
normal, ex-voto de remerciements pour une postérité obtenue ou à obtenir, de même que les femmes déposaient dans les temples des images d’utérus. D’autres sont pathologiques, le prépuce est gonflé et distendu i)ar la blen-
Fig. i2. — Phimosis ; ex-voto du musée de l’Antiquarium, à Rome (Phot. du Rouquette).
norragie ou des ulcérations balaniques (fig. 12 et 13); le grand nombre de ces trouvailles indiquerait la fréquence des maladies vénériennes chez les anciens.
On a prétendu que ces grandes dimensions du prépuce étaient normales dans l’antiquité, mais on ne peut soutenir cette hyx>othèse car les artistes grecs et romains, si scrupuleux observateurs de la nature, montrent le contraire dans leurs statues, leurs fresques ou leurs mosaïques.
La figurine de terre cuite (fig. 14), très mutilée, représente une tumeur des bourses, hydrocèle ou autre ; elle fut trouvée près d’un temi)le d’Hygie.
Un autre torse de terre cuite (fig. 15) qui a été trouvé dans Borne même
LA MEDECINE ROMAINE
Fig. 13. — Phimosis (Musée archéol. de Florence) (Phol.
du D'' Rouquette).
ligm-e au Musée national de cette ville ; la vessie a été nettement indiquée par le modeleur. Ce sont des parties du corps guéries ou à guérii’ par la puissance divine.
En Gaule le nombre des ex-voto montrent aussi que les pratiques religieuses et médicales étaient en honneur.
Les alentours des sources thermales renferment souvent des documents de ce genre. Tel est le basrelief (fig. 16) découvert en Italie parM. Sambon.
Une nymphe présente une coupe d’eau à im malade ; à droite on a représenté Hercule, qui était sans doute le génie tutélaire de la source ; il indique par son geste qu’il veut uriner d’où l’on conclut à la propriété diurétique probable de cette source.
Le musée secret de Naples est riche en documents qui montrent l’extrême relâchement des mœiu’S de la Eome impériale : car ils ont été découverts non seulement dans des maisons de débauche, mais un peu partout, chez les particuliers familiarisés à la vue constante de ces objets, fresques, sculptures, surtout bijoux ou objets de ménage tels
que sonnettes, lampes, etc. Les sujets sont empruntés à des scènes hcencieuses, surtout à des phallus, les uns d’une exécution grossière, la plupart traités avec art, quelques-uns avec beaucoup de finesse. Parmi ceux-là nous avons pu distinguer quelques images pathologiques de phimosis et de blennorragie, en particulier des Satyres et des Priape, au prépuce gonflé et distendu, faisant le geste de repousser quiconque voudrait s’approcher d’eux.
Une imagination déréglée a transformé en objets licencieux les représentations des organes génitaux, mais dans l’ancienne Eome, le phallus était un symbole de la fécondité et aussi une amulette puissante contre l’exorcisme et les conj mations. La tradition du phallus, spécifique contre les sortilèges, s’est conservée longtemps ; suivant certains autem’S, même ax)rès la domination chrétienne, il am-ait été porté non plus ostensiblement mais sous les vêtements. La branche de corail qui sert encore de breloque à beaucoui) de Napohtains contre la « jettatma » ne serait qu’une transformation du phallus antique.
Fi
O- H. — Hydrocèle (Musée de Senlis) (Pliot. du Df Rouquette).
E. — r.ALIE-N
Fie. 15.
Viscères abdominau.\; (Musée nat. de Rome) (Phot. du Dr RouqueLLe).
Claude Galien, né en 128 ou 131, à Pergame (Asie Mineure), était fils de ISTicon, homme riche, sénatem', mathématicien, et d/’une mère douée d’une vertu farouche mais aussi d’un caractère qui la faisait comparer à la femme de Socrate. Son iière, averti par un songe, dit-on, le dnigea vers les études médicales. Par bonheur il eut pom- maîtres des adeptes d’Hippocrate dont les doctrines commençaient à être ébranlées par des sectes dissidentes ; aussi conçut-il de bonne lieime le ju’ojet de relever la médecine hippocratique.
Il voyagea beaucouxi, demeura quelques années à Alexamlrie, x>arcourut la Cilicie, les îles de Crête et de Chypre ; puis, à 28 ans il revint à Pergame, y soigna et guérit les gladiatem-s blessés qu’auparavant on laissait mourir presque tous, actes publics qui lui valurent une rapide renommée. Quatre ans aju’ès il jjartit pour Eoine oii sa science et son talent, d’abord en butte à la jalousie de tous, finirent par s’imposer. Il fit encore plusieurs voyages seul ou à la suite des emxjereiu’S ; on regrette de voir qu’il n’a peut-être x>as fait ]>reuve, pendant la peste d’Aquilée, du courage qui est l’honneur des médecins de tous les temi)s i)endant les éi^idémies, puis il revint à Eome.
Il se lia d’amitié avec les philosophes et les savants, devint le médecin des em})ereurs Commode et Alarc-Aurèle et impirut à 70 ans sous le règne de