‹ Histoire de l'urologieChapitre 27 sur 76 · L’ÉCOLE DE SALERNE · texte numérisé non relu

L’ÉCOLE DE SALERNE

ET LE MOYEN AGE

Sur l’existence d’Abulcasis (Abul-Kasim-Khalef-Ebn-Abbas-Az-Zahwari) aucun document ne subsiste, pas même la date de sa naissance qui paraît avoir eu lieu à Az-Zahra près de Cordoue, où il exerça la médecine et surtout la chirurgie et où il mourut vers 1106. Ses œuvres, tout en reflétant les auteurs grecs et latins, dénotent un grand sens critique et surtout une expérience personnelle de la chiriu’gie. Ce n’est pas qu’il soit toujours original ; l)aremberg, en compulsant les œuvres de Pauld’Egine et celles d’Abulcasis n’a trouvé chez ce dernier qu’une trentaine de chapitres qui ne fussent pas la cojîie de son grand ancêtre.

Les calculs engendrés dans la vessie se rencontrent le plus souvent chez les enfants ; ils se reconnaissent à ce que l’m’ine est comme de l’eau ; du gravier y est mêlé, le malade se frotte et se tire la verge tantôt pendante, tantôt en érection : l’anus même fait souvent saillie.

Abulcasis ne repousse pas les moyens empiriques : quand la rétention est provoquée par un calcul au col vésical, il conseille de faire agenouiller le malade, et de lui faire retenir son haleine pour provoquer le relâchement du col et le déplacement de la pierre. Si l’urine ne sort pas, il faut en procurer l’émission par le cathéter, instrument d’argent, mince, lisse, creusé comme la plume d’un oiseau, du calibre d’un stylet, et terminé extérieurement par un petit entonnoù*.

Voici la manière de s’en servir : prenez un fil double ; liez solidement à l’une de ses extrémités un morceau de laine ou de coton ; faites entrer le fil par l’orifice extérieur du cathéter ; graissez le cathéter avec de l’huile ; faites asseoir le malade sur un siège ; faites des onctions sur la vessie et la verge ; introduisez ensuite le cathéter dans la verge avec précaution jusqu’à ce qu’il parvienne à la racine de la verge ; portez la verge en haut du côté de l’ombilic ; poussez le cathéter en dedans jusqu’à ce qu’il arrive près de l’anus ; inclinez la verge en bas et le cathéter avec elle, ensuite vous le pousserez jusqu’à ce qu’il pénètre dans la vessie. Vous enlevez alors la laine en tirant doucement sur le fil et l’urine coulera jusqu’à ce que la vessie soit vidée et que le malade se sente soulagé.

Ce sont de bonnes règles de cathétérisme auxquelles il ajoute celles des irrigations vésicales. Les lavages sans sonde lui étaient connus ; voici sa technique : on se sert, pour injecter des liquides dans la vessie, d’un petit instrument en argent ou en orichalque : son extrémité supérieure figure un entonnoir au-dessous duquel une rainime est destinée à porter une ligature. Prenez une vessie de mouton ; remplissez-la du liquide à injecter ; liezla fortement sur la rainime avec du fil double ; approchez le liquide du feu pour l’échauffer légèrement ; introduisez le bout de l’instrument dans la verge, pressez fortement avec la main la poche contenant le liquide, jusqu’à ce que le malade sente que ce liquide est parvenu dans sa vessie. Il employait aussi la seringue de même que le clepsydre d’eau.

Grand partisan des cautérisations ignées, Abulcasis recommande de les porter sur les lombes ou l’hypogastre contre les maladies des reins ou de la vessie.

Sa description de la taille diffère peu de celle de Celse et de Paul et manque de ilétails, l’instrumentation est cependant différente et plus compliquée. Avant l’opération, lavement de l'intestin. On saisit le malade par les

LES ARABES

aisselles et on le secoue de haut en bas, afin que la pierre descende vers le col de la vessie. On le fait ensuite accroupir, les mains sous les cuisses. Le chirurgien palpe extérieui’ement et s’il rencontre le calcul au périnée, il se hâte d’inciser. Si non, il introduit un doigt dans le rectum, l’index pour un enfant, le médius pour l’adulte et cherche le calcul jusqu’à ce qu’il le rencontre; il l’amène progressivement vers le col de la vessie jusqu’au point

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