Néchil (Abulcasis, édition de Bàle
OÙ il doit pratiquer l’incision avec le bistouri « nechil » (fig. 17). Il incise transversalement entre l’anus et les testicules non pas sur la hgne médiane, mais du côté de la fesse gauche, directement sur le calcul, le doigt restant toujours dans le rectum et le poussant au dehors. Si la pierre est considérable, il est téméraire de faire une grande ouverture : le malade mourrait ou il en résulterait une incontinence, car une plaie à cet endroit ne guérit pas ; il vaut mieux alors écraser le calcul surtout s’il est anguleux.
Enfin, pour les calculs lu'étraux, Abulcasis indique le procédé suivant : si le calcul est petit, et si, arrêté dans l’urètre, il empêche l’issue de l’urine, si les médicaments n’ont pas réussi, on emploiera l’instrument
Fig. 18. — Michàb {Loco cilato).
« michâb » en fer trempé, triangulaire, aigu, fixé dans un manche de bois (fig. 18) ; on apphque une ligature sur la verge, en dessous du calcul afin qu’il ne rétrograde pas vers la vessie. On imprime un mouvement de rotation à l’instrument porté au contact du calcul, poui’ le percer de part en part. Le chirurgien saisit alors la verge et la comprime pour broyer le calcul dont les fragments sortiront entraînés par l’urine et le malade guérira promptement. Si ce traitement ne réussit pas, appliquez une ligature audessous du calcul et une autre au-dessus ; incisez entre les deux ligatures, et faites-le sortir.
Bien qu’Abulcasis n’ait pas soigné les calculs chez la femme, parce que les Alahométans ne peuvent la voir nue, il indique aux sages-femmes la technique opératoire, et il les avertit des dangers qui résultent des incisions étendues, nécessaires cependant, pour atteindre le calcul.
Il faut voir si la malade est vierge ; dans ce cas, la sage-femme introduit l’index dans le rectum et recherche le calcul ; si elle le rencontre, qu’elle le presse avec le doigt, et incise par-dessus. Si la malade n’est pas vierge, la sage-femme introduit le doigt dans le vagin et recherche le calcul.