LKS ARABES. — L’ÉCOLE DE SALERNE ET LE MOYEN AGE
le flux (lu ventre, une affection pulmonaire, une douleur articulaire, la phtisie consomptive, l’extinction de la chaleur naturelle. Telles sont les causes de la couleur livide qu’il faut interpréter d’après ces signes.
Ce que nous connaissons de la vie de Gilles nous donne une haute idée de son caractère. Sans doute la faveur dont il jouissait à la cour royale lui l)ermit d’affirmer son indépendance, car il flétrit vigoureusement les vices de son temps. Dans un poème, Hierapigra ad purgandos prœlatos, il s’élève, lui homme d’Eglise, contre la simonie de certains membres du clergé et contre les usurpateurs de titres ; il réclame pour les maîtres seuls le droit d’enseigner la médecine ; le premier il prend conscience de la propriété scientifique et proteste contre les plagiats, contre les « étrangers qui ont la présomption de récolter un grain qu’ils n’ont pas semé ». Il comprend la charité sous sa forme la plus élevée, en y faisant rentrer les soins que le médecin doit donner aux pauvres : dans ce but il compose une pharmacopée double, celle des riches et celle des pauvres. Par exemple, la Diamargariton pour les riches, l’Electuaire Plisis pour les bourgeois et l’Electuaire Dianthos pom’ les pauvres, jouissent des mêmes propriétés et sont douées d’une efficacité égale, mais diffèrent de prix.
C’est avec Gilles de Corbeil que l’Ecole de Salerne brilla du plus vif éclat et bien que ce soit à Paris qu’il ait acquis renommée et autorité, il marqua l’apogée de cette célèbre Ecole. Déjà en Italie des rivales s’étalent élevées; l’Ecole de Eavenne, sa contemporaine, lui a toujours été inférieure mais Padoue et surtout Bologne devinrent des centres médicaux importants qui attirèrent maîtres et élèves. Ils l’emportèrent bientôt sur Salerne qui déchna à parth’ du xii^ siècle, quoique, d’après îlicaise, elle paraisse avoir longtemps subsisté ; on en trouve des traces jusqu’au xviii® siècle.
Mais si un enseignement fécond et suivi fut donné à Padoue et à Bologne, l’empressement des élèves ne saurait suffire à former une école, et l’on chercherait en vain un corps de doctrine, une agrégation de maîtres imbus des mêmes principes. Hugues de Lucques, Brunus, Théodoric, Guillaume de Salicet et surtout Lanfranc ont, il est vrai, étudié à Bologne ; mais ils relèvent toujours de Salerne. Presque tous d’aillem’s quittent l’Italie pom’ aller au delà de ses frontières répandre l’instruction qu’ils ont puisée chez elle. Avec eux, Salerne va ravonner encore,