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Fig. 7‘J. — Jacques de Heaulieu, dit irère Jacques, 16ol-1714. Gravure de J. Gole.
seaux, l’hémoiTliagie n’est pas tant à craindre... Par cette incision, il évite les
LA TAILLE ET LES LITIIOTOMISTES
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contusions et le déchirement de ces parties qui arrivent presque toujours au col de la vessie et aux prostates. » En revanche, Méry blâme la nature et la forme des instruments qui paraissaient des plus défectueux.
En attendant la rédaction du rapport de Méry, Frère Jacques était allé à Fontainebleau où résidait la cour. Duchesne, le médecin des princes, fut intéressé par le récit de sa manière d’opérer, en parla à Fagon, puis à Bourdelot, de sorte qu’on permit au Frère de tailler un garçon cordonnier, ce qu’il fit avec un plein succès. Louis XIV en fut informé et dit qu’il « fallait avoir soin de cet homme-là ». Logé chez Bontemps, premier valet de chambre, il pratiqua ime dizaine d’opérations qui toutes réussirent, série heureuse qui ne devait pas continuer.
Des morts et des accidents consécutifs, fistules et incontinences s’étant produits, Méry fit un second rapport aussi défavorable que le premier était
élogieux. Malgré tout, les administrateurs de l’Hôtel-Dieu et de la Charité décidèrent que le Frère y taillerait publiquement. Mais siu* 60 calculeux opérés, 25 succombèrent tandis que sur 22 malades opérés au grand appareil par les chirurgiens ordinaires, 19 guérirent. Interdiction d’opérer fut faite au Frère Jacques, basée moins sur la fâcheuse issue de ses oxDérations que sur son mépris des baumes et emplâtres qu’on employait comme pansements. « Il suffit que je lui aie tiré la pierre, avait-il répondu. Dieu le guérira. » Maladroite adaptation de la belle parole d’Ambroise Paré qui se glorifiait au contraire des pansements appliqués.
Le séjour de Paris n’étant plus guère pour lui plaire. Frère Jacques reprend sa vie errante, mais précédé désormais par la renommée de son nom : en juillet 1698, il opère avec succès à Orléans, puis à Aix-la-Chapelle, enfin en Hollande en 1899 où la Gazette d’Amsterdam le décore du nom d’opérateur du roi pour la pierre. L’écho de ses succès retentit à Paris : Fagon l’engagea à y revenir, peut-être poussé par un intérêt personnel, car il se savait lui-même porteur d’un calcul vésical.
Les séries bonnes et mauvaises du Frère Jacques n’ont pas lieu d’étonner, car si son expérience lui avait fait acquérir de la dextérité, son ignorance de l’anatomie le rendait impropre à parer aux accidents opératoires et aux complications. Dès son arrivée à Paris, Fagon l’engagea à demeurer chez lui, à Versailles, le fit opérer sur le cadavre, prendre connaissance des parties anatomiques, si bien que Duverney décida peu de temps après qu’il ne manquait i)lus rien à l’opération du Frère Jacques. D’autre part, Félix et Duchesne lui firent modifier ses instruments et en i)articulier le décidèrent à employer une sonde cannelée. Le jirocédé emx)irique devenait une méthode régulière.