Tome I. Pl
FAC-S[MILE nu FEUILLET L DU PAPYRUS EBERS.
ü’après Das hermelisches ArzeneimiUel der Aller Egyptis.
liCipzig, 1875.
E. Desnos. — Histoire de rUrologié.
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LES HINDOUS
de la vallée du Pinde ; ils parcouraient le monde, poiu' s’enrichir et revenaient finir leurs jours dans leur patrie.
Quand les Ecoles de Cos et de Cnide auront envoyé leurs élèves en Egypte, on y verra de nouveau prospérer la médecine. Les autem’S Arabes prétendent que la taille y remonte à une haute antiquité. Mais cela peut n’être qu’une légende car les documents modernes ne fournissent aucune preuve à l’appui de cette opinion. Des procédés bizarres d’extraction du calcul, qui auraient existé de tout temps en Egypte, nous ont été transmis par Prosper Alpin, médecin italien du xvi® siècle.
« J’ai vu, dit-ü, pendant mon séjour en Egypte, un Arabe, nommé Haly, qui tira plusiem’S pierres en ma présence à un commandant turc. Il se servait d’une canule de bois qu’il approchait du méat, soufflait avec force ]30ur dilater l’urètre pendant qu’un aide comprimait ce canal par l’anus pour empêcher l’air de pénétrer dans la vessie. Pendant ce temps l’aide, avec son doigt introduit dans l’anus, amenait la pierre dans le col de la vessie et l’urètre ; on retirait alors brusquement la canule, et le calcul s’engageait dans l’urètre, d’où on le faisait peu à peu progresser vers le méat.
« Un autre Arabe de Sidon avait perfectionné ce procédé : commençant par dilater peu à peu l’urètre par l’insufflation, jusqu’à ce qu’ü pût introduire une grosse canule, puis soufflant avec force pour dilater à la fois urètre et vessie, ü lâchait brusquement la canule et le calcul était projeté dans l’urètre. »
Il faut attendre la fondation de l’Ecole d’Alexandrie, c’est-à-dire la conquête scientifique de l’Egypte par la Grèce, pour retrouver des textes de quelque intérêt.
B. — Ces hindous
S’il est difficile, comme on le verra plus loin, d’assigner des dates précises aux manuscrits qui nous ont transmis les connaissances médicales des Hindous, au moins peut-on affirmer que les premières notions qu’ils eurent de cette science furent acquises très tôt. Comme le font les peuples primitifs, les Hindous attribuent à la médecine une origine divine, révélation recueillie en un livre sacré, l’Ayurveda ou Veda de la vie, qui lui-même n’est qu’une partie des Vedas, recueils de prières, d’hymnes sacrées, d’incantations, de chants, de sacrifices.
Il aurait été inspiré par Brahma lui-même, à Dakça, puis à deux autres divinités bienfaisantes, les deux Açvins, par eux transmis à Dhavantari, chirurgien des dieux, qui le communiqua aux mortels par l’intermédiaire de Suçruta. Cette succession a été comparée et même assimilée (Burnouf, Liétard) à la tradition d’après laquelle Esculape aurait transmis des notions médicales à ses descendants, Podalire et Machaon.
L’Ayurveda est donc le dernier des Vedas, mais avant cette rédaction, la médecine semble avoù été exercée par des prêtres spéciahsés. Dans deux Vedas antérieurs en date, le Eig-Veda et l’Atharva-Veda, on retrouve déjà des formules, des incantations, des prières, des règles d’hygiène, concernant la fécondation, la protection de la femme enceinte, des hymnes pour la protection du fruit et aussi contre la rétention d’urine ; dans l’hymne de l’Atharva-Veda,
on lit : « comme le trait qui, s’écliax)X)ant de l’arc, vient s’abattre ici, que ton urine s’élance... » ; plus loin : « de tes jambes, de tes genoux, de tes reins, de tes parties sexuelles, j’enlève la maladie. »
A côté de ces conjurations et exorcismes, indices des pratiques de magie qu’on retrouve dans l’Atharva-Veda, il est intéressant de relever un vague essai de physiologie. Les eaux, une fois bues, se partagent en trois parties : la plus grossière forme l’urine, la moyenne le sang, la plus subtile l’haleine. Enfin, on y trouve mentionnée la vertu de plantes, de médicaments qui subsisteront dans une thérapeutique assez précise pom’ que M. Cordier ait pu y voir un premier système médical, antérieur au vi® siècle avant J.-C., et formant le cycle d’Atreya, fondateur de la thérapeutique. Ces notions se sont transmises par la tradition jusqu’à l’époque où Suçruta les a rédigées en un « traité » nommé Suçruta manhita (collection de Suçruta).
En effet, Suçruta (le bien entendu) est considéré comme ayant composé l’Aym’véda ou réuni les matériaux qui le composent. L’époque à laquelle il vécut a donné lieu aux conjectures les plus variées. Son premier traducteiu’, le Dr ïïessler, le fait vivre 3 000 ans avant J.-C. Une réaction contre cette antiquité reculée se produisit et le D^ Haas essaya de prouver que la Suçruta manhita date du x® siècle de notre ère. L’existence de Suçruta luimême a été contestée : son nom ne serait qu’une corruption du nom de Socrate, car les Arabes le confondent souvent avec Hippocrate, et sa patrie. Cos, devrait être identifiée avec Kaçi (Bénarès) où vécut Suçruta. En un mot, le médecin grec et le médecin hindou ne seraient qu’im seul et même personnage. Les travaux de Muller ont détruit cette hypothèse.
A côté de Suçruta se place un autre personnage, Oaraka, médecin du roi Indo-Scyte Kaniska ; son existence est encore plus nébuleuse ; il serait l’auteur d’un autre Ayurveda, moins connu que le j)récédent et qui semble inférieur à celui de Suçruta sous beaucoup de rapports. Il paraît aussi lui être antérieur. M. Sylvain Lévi estime que ce personnage énigmatique a dû exercer la médecine à Taxacile, ville du bassin du Gange. Il y eut là sans doute dès le vi^ siècle, une véritable école de médecine ; constatation importante, car, jusqu’à ce moment, la médecine hindoue paraît n’avoir pas subi d’influence étrangère ; il n’en sera pas de même lorsque les expéditions d’Alexandre auront fait pénétrer en Asie les notions médicales de la Grèce.
D’autres médecins, Vagbhata en particulier, ont laissé des écrits qui présentent moins d’intérêt ; il n’en est pas de même d’un manuscrit, découvert en 1890 par le lieutenant Bower, qui a trait à des prescriptions médicales. Il constitue deux petits livres écrits sur écorces de bouleau, qui contiennent des prescriptions hygiéniques, des formules où l’urologie tient ime certaine place. Il date du v® siècle de notre ère et Suçruta y est souvent cité.
Par ces divers documents on reconnaît que les Hindous avaient quelques connaissances en urologie, pour la plupart enfantines ; d’autres sont le fruit d’une observation exacte et indiquent que la médecine et la chirurgie avaient déjà pris un certain développement.
Les notions d’anatomie sont imaginatives et des plus vagues. Selon Suçruta le corps se compose de sept éléments : le chyle, le sang, la chair, la graisse, les os, la moelle, le sperme. La vessie est placée entre le nombril, le dos, les reins, les testicules, l’anus, la verge et l’aine : elle est formée d’une peau mince.
LES HINDOUS
et entourée de tendons : sa tête, double, est constituée par la verge et l’anus : les mêmes ligaments soutiennent le côlon et « le siège très noble de la vie » (testicules). Les tubes qui partent des reins laissent sans cesse couler l’urine comme les fleuves qui se déversent dans l’océan; leurs mille orifices ne peuvent être distingués. L’urine descend ainsi du « siège reculé de la crudité des humeurs ». D’autres écrits la font venir de deux des vingt-quatre nerfs qui partent du nombril pour se rendre à toutes les régions du corps.
La figure 6 que nous empruntons au Journal de la Société asiatique de Londres est la reproduction d’une partie d’une « charte » ou planche, découverte par le colonel Waddell dans le Temple de Médecine de Lhasa, qui forme le collège médical du Thibet. Bien que hi. description soit faite dans une autre langue que le sanscrit, le système dérive de celui des Hindous et paraît avoir été révélé. C’est encore aujourd’hui, d’après Waddell, le seul document d’après lequel les étudiants apprennent l’anatomie; ils en prennent une copie moyennant le paiement de 20 à 30 tankas, soit 15 à 20 francs. La figure ci-contre ne remonte qu’à 1640, mais elle semble être la reproduction d’une figure analogue qui date de 650.
La description qui Paccompagne est des plus sommaires : les numéros 107, 108 renvoient au rein et le n° 109 au siège fantaisiste de la vésicule séminale.
Les maladies urinaires sont produites par le phlegme, la bile ou les vapem’S. Du phlegme viennent dix affections qui rendent l’urine aqueuse, sucrée, mousseuse, ~ Anatomie humaine des Thi-
, bétains — 107-1Ü8, reins. — 109, vési-
sablonneuse, paresseuse, saline, pulveru- cuie séminale (D’après Waddell).
lente, grasse, séminale, écumeuse. Elles
sont guérissables à cause de l’action égale des humeurs altérées. De la bile viennent six affections : urines safranées, acides, alcalines, garance, sanguines, violacées. Des vapem’s viennent quatre affections incurables : urines en beurre fondu, en lymphe, en miel, urine éléphantine.
Des nombreux symptômes qui sont attribués à ces altérations de l’m'ine, quelques-uns peuvent se rattacher à un syndrome urinaire : la dyspepsie, les nausées, la somnolence, la toux et l’oppression, la fièvre, la dysenterie, font penser à l’urémie ou à des accidents d’infection urineuse ; de même les douleurs testiculaires ou péniennes à des calculs rénaux ou vésicaux ; mais le désordre de leur énumération ôte toute valeur à cette description. La conclusion est la suivante : toutes les maladies urinaires deviennent incurables avec le temps, à partir du moment où les urines ressemblent à du miel.
Du gravier se produit quand le vent divise une pierre en petits fragments. Si le vent est favorable, le gravier sort avec l’urine ; sinon, il est retenu. Si des
L’UllOLOGlE DANS L’ANTIOUITE CHEZ LES DEUDLES DE L’ORIENT
pierres se forment en même temj)s que du sable et du gravier, si le nombril et les testiciües sont enflés, enfin si le malade ne peut pas sécréter d’urine et s’il souffre de douleurs violentes, la maladie de la pierre le tue rapidement.
Il y a quatre sortes de calculs qui sont engendrés par le plilegme, les vapeurs, la bile, le sperme. Un calcul né du phlegme chez un homme qui use d’aliments constipants est blanc, onctueux, gros comme un œuf de poule. Il s’accroît en descendant, empêche l’émission de l’urine et cette rétention déchire, égratigne le ventre, qui se refroidit.
« Quand des vapeurs rencontrent le phlegme, il se forme une ijetite masse qui s’accroît vers l’orifice de la vessie, empêche l’émission de l’urine; le patient torturé grince des dents, se serre le ventre, se frotte la verge. Les vents, l’urine, les excréments sont évacués avec de vives douleurs ; le calciü est alors noir, rugueux, inégal, pointu, garni d’épines comme les fleurs du « Maneleacadamba » ('?) Que le médecin prudent reconnaisse là le calcul né des vapeurs ».
Le phlegme mélangé à la bile forme une masse qui descend jusqu’au col de la vessie, produit une rétention qui dessèche, brûle le ventre et le remplit d’un air chaud. Le calcul a la couleur foncée du sang ou de la bile ; il est violacé, semblable à un petit os. C’est le calcul bilieux (Suçruta).
Chez les adultes masculins, le choc du coït donne une trop grande abondance des vapeurs qui font éjaculer le sperme ; celui-ci détommé de son chemin reste attaché à l’intérieur de la verge et des testicules et s’y dessèche ; d’où un calcul séminal qui obstrue le passage de l’urine.
La thérapeutique tient une grande place dans les livres hindous : c’est une longue nomenclature de plantes difficiles à identifier ; plusieius ont des propriétés diurétiques. Suçruta affirme que l’emploi d’un baume composé de suc de racines de souchet, de cannelle, de pin, d’asclépiade, de plantain, etc., assure la guérison des calculs nés de la bile. Ceux qui viennent du phlegme sont guéris par le fruit du câprier, incorporé à du beurre de chèvre, des os de héron, de chameau et d’âne ; ou bien encore par un mélange, dit litkontripticon, composé de substances butyracées, de poivre long, de gingembre, où l’on fait tomber gouttera goutte de l’imne de brebis.
Des pages entières se succèdent sans qu’on trouve une indication thérapeutique sensée et nous n’aurions pas fait les citations qui précèdent si on n’y voyait l’origine de pratiques qui seront recueillies par les auteurs grecs et arabes, et conservées au delà du moyen âge : des formules ni plus logiques ni moins bizarres ont réglé la conduite de nombreuses générations de médecins.
Le diabète était-il connu ? C’est par ce mot que M. Hessler traduit « Prameha ». En voici la description : «'Prameha est causée par des boissons et des mets froids, huileux, doux, gras, liquides, le lait pur ou aigre, les sucreries, les excès de nourritiii’e, l’inclination au sommeil et tout ce qui contribue à la formation de mucosités, de graisse ou d’urine. Les signes en sont une douce saveur dans la bouche, la soif, les pieds et les mains engoui’dis et brûlants, les membres onctueux, visqueux et lourds, la bouche et le palais enflammés, l’haleine repoussante, l’urine douce et blanche, trouble et abondante, attirant les insectes et les foimnis. Voilà quelques caractères assez nets xjour admettre que les Hindous avaient entrevu cette maladie.
Le remède du diabète est l’eni])loi d’un bitume, souverain également i)our
LES HINDOUS
la lèpre et la gonorrée. tiré de quatre métaux précieux ; on y ajoute une huile merveilleuse composée de la moelle d’arbres astringents qu’on fait bouillir
1) our la réduire en huile jusqu’à expulsion complète de l’eau, et qu’on laisse reposer sur de la bouse de vache desséchée. Quinze jours plus tard, le malade, après s’être mis en sueur, avoir été à la selle et avoir accompli les rites, doit se priver de nourritm-e, et au premier jour propice de la nouvelle lune, il boira une dose proportionnée à ses forces de cette huile consacrée par une formule magique : « Toi, essence de moelle, douée d’une grande force, nettoie les éléments corporels. C’est ce que, t’ordonne le dieu Atchyuta qui tient en mains la conque, le disque, et la massue ! » Les humeurs corrompues du patient sont charriées par cette huile vers le haut et vers le bas.
Toute la thérapeutique des Hindous est basée siu’ les propriétés plus ou moins bien observées des plantes et des substances minérales, associées aux
2) ratiques basées sur les croyances populaires, aux sorts et aux conjurations ; c’est un mélange de données positives et de mysticisme dont nous retrouvons la trace dans tous les rites de l’antiquité.
Le Dr Hessler traduit par ischurie les troubles graves de la miction; Suçruta en reconnaît onze variétés auxquelles il assigne la pathogénie suivante :
« Les vapeurs qui ont pénétré dans le côlon et la vessie y forment ime bosse qui reste à la même place et produit une rétention des matières fécales et de l’mâne : c’est la tumeur globulaire des vapeurs; si l’homme retient inconsidérément son m’ine, les vapeiu’S abdominales remplissent la vessie et engendrent une inflammation du nombril horriblement douloureuse. Quand le malade essaie alors d’uriner et ne peut faire couler l’iu’ine que mélangée de sang ou d’humeurs, c’est la rétention d’urine qui vient d’une corruption des vapeurs, ou encore d’une rotation circulaire de l’urine saisie par un mauvais vent. S’il se forme à l’orifice interne de l’abdomen (col de la vessie), une l^etite bosse stable, douloureuse, qui obstrue le canal, elle i^roduit de vives douleurs et reçoit le nom de nœud mânaire ». Il semble bien qu’il s’agisse là d’un calcul engagé dans l’m’ètre. Plus loin, la rétention due à un nodus en forme de grosse boule au col de la vessie, s’applique-t-elle à l’hyj)ertrophie ou à un abcès de la i)rostate'? Si, par suite de la fatigue, ou de l’ardeur du soleil, l’urine, gênée par les vapeurs, échauffe la vessie et la verge, elle vient mélangée de sang : ce sont les vapeurs chaudes de l’iu’ine.
Suit une longue liste de remèdes étranges, de plantes dont les unes jouissent de propriétés dim'étiques comme la réglisse, l’asperge; d’autres sont excitantes comme le poivre long, le gingembre qu’on associe au chanvre indien, au ï>avot, à la pivoine, aux solanées, sans mesure et sans ordre, le tout incorporé à du beurre fondu et souvent aussi à des excréments d’animaux.
Comme agent thérapeutique, l’urine est souvent emjployée, usage qui persistera longtemps et qu’on retrouve jusque dans la pharmacopée du XVI® siècle. Toutes les urines chassent le phlegme et les vents, l’ictère et les glandes mésentériques : l’urine de vache est bonne contre la dyspepsie, les tumeurs abdominales, l’anurie; celle de chèvre contre le catarre ; de brebis contre l’aliénation mentale; d’éléphant contre les vents, la pituite; d’ânesse contre la diarrée; de chameau contre les tumeurs, la lèpre et les vents. Enfin l’urine humaine est un contre-poison.
Le régime alimentaire des calculeux repose sur la suiipression de la viande
et l’emploi d’un régime végétarien. L’exercice est recommandé ; il diffère suivant les classes, « Si le malade est riche, il recherchera la bataille, le jeu, les promenades à cheval ou à éléphant, à pied, en char ; qu’il vive avec les antilopes et suive un bœuf. S’il est pauvre, sans amis, sans sandales, sans parasol, que, l’esprit au repos, il fasse cent milles à pied. S’il est brahmane, qu’il recherche sa nourriture dans les épis abandonnés, et que, courbé à terre, il creuse une caverne et pratique des macérations. »
Des rudiments de chirurgie urinaire se retrouvent dans Çaraka et plus tard dans Suçruta. La description de Hessler ne laisse pas de doute sur l’existence des sondes : instrumenta tubulata multiplieiter adliihenda : on les emploie contre la dilatation et les tuméfactions du ventre dues à l’urine.
Une indication assez précise de l’infiltration d’urine nous est donnée : la tumeur du scrotum provenant de l’urine est traitée par la sudation ; si elle ne se résout pas, le chirurgien perfore le raphé à gauche, y introduit un tube perforé et retire l’urine, puis il place une ligature. S’agit-il d’une ponction périnéale ou de l’incision d’un périnée infiltré ? Les injections étaient connues ; il en est j)arlé dans le traitement de la gonorrée.
Ailleurs, il est indiqué que les calculs de l’urètre doivent d’abord être traités par des médicaments, mais Çaraka parle de l’extraction d’ime pierre au moyen d’injections et d’un crochet.
Pour les calculs vésicaux, nous connaissons déjà la théraiDeutique médicale ; mais elle échoue souvent et Suçruta conseille alors de recourir à la taille. Même avec un médecin expérimenté, l’opération est aléatoire. Aussi l’appelle-t-on le suprême remède. Si on la néglige, la mort est certaine, et même si on la pratique, le salut est douteux. C’est pourquoi le chiriugien consciencieux opérera sous l’invocation d’Isvara.
« Le malade étant oint, sans vice des humeurs, un peu amaigTi, ayant le corps peint et débarrassé des mauvais esprits, ayant sacrifié et obtenu des présages favorables, ainsi qu’une bénédiction suivant le rituel des sacrifices précédemment indiqué, tout ce qui est nécessaii’e étant préparé, le médecin encouragera le malade ; puis si son patient est courageux et sans peur, il lui ordonnera d’abord de s’asseoir dans un bouclier sans saillie, pnis de se renverser en relevant les hanches. Le patient rapprochera les genoux et les coudes, qu’on fixera avec des liens. Le médecin saisira alors le côté gauche de l’ombilic, préalablement bien frotté d’huile, et il le pressera fortement avec le poing en descendant jusqu’à ce que le calcul soit tout en bas. Il s’enduira d’huile les doigts et se coupera les ongles, et il introduira l’index et le médius gauches dans l’anus, en entrant suivant la sutiue ; puis il réduira prudemment, mais en y mettant de la force, l’espace entre l’anus et la verge ; il s’aj^prochera de l’abdomen inférieur (la vessie) qui est indolore, de forme régulière, y portera ses deux doigts jusqu’à ce qu’il touche le calcul pour que celui-ci fasse saillie comme un nœud.
« Si le patient, quand on tient le calcul, s’évanouit et laisse pendre la tête, comme un mort, le médecin ne doit pas i>ratiquer l’extraction ; car, s’il la pratiquait, le patient mourrait nécessairement. Mais, si ces symptômes manquent, le médecin peut tenter l’extraction. »
S’écartant de la suture vers la gauche de l’étendue d’un grain d’orge, le médecin prendra un scalpel proportionné à la grosseur du calcul. Il i)eut